«Koh-Lanta» : Denis Brogniart a couru pour Bertrand-Kamal

L’animateur de l’émission d’aventures de TF1 et quelques anciens candidats ont couru dans Paris, ce samedi, afin de récolter des fonds pour la recherche contre le cancer du pancréas, auquel a succombé «Béka» en septembre dernier.

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 Denis Brogniart, l’animateur de «Koh-Lanta», a couru 27 km en mémoire de Bertrand-Kamal et pour la recherche contre le cancer.
Denis Brogniart, l’animateur de «Koh-Lanta», a couru 27 km en mémoire de Bertrand-Kamal et pour la recherche contre le cancer. ALP/Laurent Vu

Ce dimanche matin, Denis Brogniart a des courbatures et a zappé son jogging habituel, se contentant d'une petite marche en forêt. Mais l'animateur de « Koh-Lanta » est ému et heureux. La veille, sans médiatisation et sans public en raison de la pandémie, il a traversé Paris à pied en petites foulées avec quelques aventuriers de l'émission. Leur but était de récolter des dons pour la recherche contre le cancer du pancréas, la maladie à laquelle a succombé Bertrand-Kamal, force tranquille solaire au sourire et à la générosité contagieux de la dernière édition diffusée cet automne par TF1.

En short, bonnet et gants, Denis Brogniart a couru 27 km, d'autres ont poussé jusqu'à 42. Sur les réseaux sociaux, les internautes pouvaient donner 5 euros pour 50 mètres et ainsi de suite. « On ne voulait pas en faire un événement médiatique mais associatif et humanitaire », dit Denis Brogniart. Si nous l'avons interviewé, c'est à notre demande après avoir appris l'existence de la course 24 heures après.

Vous êtes allé courir incognito pour cette opération ce week-end…

DENIS BROGNIART. Je suis tellement fier de la famille « Koh-Lanta ». C'est la seule émission qui génère un tel attachement entre tous ceux qui y ont participé. Courir pour récolter de l'argent contre ce cancer du pancréas particulièrement dévastateur, ce n'est pas une idée de TF1, d'ALP (producteur du jeu) ou de Denis Brogniart, mais de Mathieu et Dorian (NDLR : deux ex-candidats), qui sont montés du Sud et ont payé leur aller-retour en autonomie complète. Il faut les suivre quand ils courent, l'un est ultratrailer et l'autre a de bons chronos sur 3000 mètres steeple.

Claude (NDLR : finaliste de l'édition du printemps 2020) qui court bien aussi, est venu avec nous. Alix nous suivait à vélo pour nous ravitailler. Les premiers ont fait 42 km. Moi, je devais faire 20 km, mais comme les gens continuaient à mettre de l'argent, je suis allé jusqu'à 27. On espérait récolter 6000 euros, c'est monté à 11 000. La Fondation ARC, dont je suis le parrain, a eu l'idée de faire « acheter » des kilomètres. Je courais avec Coumba, triathlète qui a disputé « Koh-Lanta » il y a seize ans. Elle ne connaissait pas Bertrand-Kamal, tout comme Claude, mais ils voulaient être là. Cela dit tout de nos liens. Des dizaines d'aventuriers auraient voulu venir, mais ce n'était pas possible à cause du Covid.

Ce samedi, Denis Brogniart était entouré de Mathieu, Dorian, Claude, Coumba et Alix. /ALP/Laurent Vu
Ce samedi, Denis Brogniart était entouré de Mathieu, Dorian, Claude, Coumba et Alix. /ALP/Laurent Vu  

Justement, comment avez-vous fait pour courir parmi les voitures?

On voulait que ce soit aussi intimiste que possible dans les rues de Paris. On portait juste un tee-shirt vert, celui de la tribu de l'Est dans « Koh-Lanta », celle de Béka (NDLR : le diminutif de Bertrand-Kamal). La place de l'Etoile sans barrières comme lors d'un marathon, c'est quelque chose pour se faufiler en courant. Samir et Annick, les parents de Bertrand-Kamal, nous attendaient au pied de la tour Eiffel. Le parcours dessiné représentait les lettres B et K. Comme il n'y avait pas beaucoup de Parisiens parmi nous, j'ai servi de guide en passant devant l'Assemblée nationale ou d'autres monuments.

Il y a des gens qui nous ont reconnus mais ce n'était pas le but. On ne voulait pas être plus de cinq ou six à courir. A Alésia, avec les files d'attente devant les commerces et les gens qui faisaient leurs courses, on a slalomé. Les trottoirs, la circulation, la pluie non-stop, il fallait bien Béka pour nous réunir. Ce type-là, avec son histoire et sa gentillesse, a marqué les esprits.

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Vous restez très marqué par Bertrand-Kamal…

Avant même de connaître sa maladie, ce n'était déjà pas un aventurier lambda pour moi. Je me souviens quand il m'a été présenté et son prénom qui m'avait interpellé tout de suite : Bertrand et Kamal, une maman catholique, un papa musulman, il avait une très belle histoire. Je n'oublierai jamais cette période entre mars et septembre. Ni le 9 septembre, quand il est parti. On s'appelait tous les jours tant qu'il en avait la force. Pas longtemps avant de mourir, il espérait encore s'en sortir grâce aux avancées de la recherche et m'avait dit qu'on prendrait notre bâton de pèlerin et qu'on se battrait ensemble. Il n'est plus là et on se bat. Il y aura un avant et un après, encore plus personnellement dans ma vie. J'ai perdu mon père jeune d'un cancer. J'ai un très bon ami dont la fille de quinze ans a succombé à une tumeur. On est tous touchés, on connaît tous quelqu'un qui est frappé.

VIDÉO. Koh-Lanta : mort de Bertrand-Kamal, aventurier de la saison 2020

Vous êtes très engagé dans la collecte de dons…

Oui. Les aventuriers de « Koh-Lanta » voulaient déjà faire Dijon-Paris, partir de la ville de Bertrand-Kamal, mais la course a été annulée à cause de la situation sanitaire. On a déjà récolté plus de 770 000 euros depuis le lancement du fonds Bertrand-Kamal. C'est énorme en si peu de temps et je veux atteindre le million. Pourtant, la collecte, c'est très compliqué. Les temps sont très durs pour tout le monde. Et l'on me dit souvent que la recherche contre le cancer, c'est l'Etat. Mais non, 70 % des budgets proviennent des dons et des legs. On arrive à soigner un malade sur deux. En 2025, l'espoir est d'en sauver deux sur trois, car la science avance vite. J'ai le secret espoir, avant de quitter, le plus tard possible, le monde de la télé, d'organiser un événement comme le Téléthon pour la recherche contre le cancer.