«Kidnapping» : Charlotte Rampling fait rimer flic avec chic

Un mystère, une enquête au cœur de réseaux européens menée par une policière française et un enquêteur danois aux prises avec son histoire personnelle. Sombres et prenants, les huit épisodes sont disponibles sur Arte.tv.

 Charlotte Rampling dans « Kidnapping », de Torleif Hoppe, cocréateur de « The Killing ».
Charlotte Rampling dans « Kidnapping », de Torleif Hoppe, cocréateur de « The Killing ». Dusan Martincek

« Nous sommes nos choix. » La formule est de Jean-Paul Sartre, philosophe que Rolf lit parmi d'autres pour tenter de se remettre d'aplomb, cherchant une voie, la vérité en général, et en particulier celle sur la disparition de sa fille cinq ans auparavant sur un ferry. Un drame survenu alors que le policier enquêtait sur l'enlèvement d'une autre fillette. Les deux affaires sont liées, il en a la ferme intuition. Mais la science, et l'ADN, sont venus le démentir à l'époque.

Des choix, Rolf en a fait, il en fera encore avec leurs conséquences, comme la plupart des personnages de « Kidnapping », série franco-danoise dont les huit épisodes sont en ligne depuis jeudi et jusqu'au 6 novembre sur Arte.tv avant leur diffusion sur la chaîne les 1er et 8 octobre prochains. Haletante et émouvante, profonde, elle nous plonge au cœur d'un trafic d'enfants entre le Danemark, la France et la Pologne, où les indices semblent mener les enquêteurs. Au plus près de ce flic, roc fragile et poignant en quête de réponse.

L'événement, dont il se sent responsable, l'a brisé. Son couple n'y a pas résisté. « Je souhaitais que le personnage principal soit un policier impliqué personnellement dans une enquête », explique Torleif Hoppe, créateur de la série et coscénariste de « The Killing ». Cinq ans ont passé quand un meurtre commis en France semble lié à la disparition sur laquelle il enquêtait. Le dossier est rouvert.

Débarque à Copenhague le commandant Claire Bobain, de la police judiciaire française. Ensemble, ils vont tenter d'élucider les mystères d'une affaire pleine de recoins. Rolf n'a pas abandonné l'espoir de retrouver sa fille et reprend en douce son enquête. Au côté d'Anders W. Berthelsen, Rolf, Charlotte Rampling officie dans ce costume de Française un peu rigide, enquêtrice élégante, autoritaire et plutôt drôle. Si elle n'apparaît qu'au 3e épisode, elle fait forte impression.

Elle a signé pour la fin

Nous sommes nos choix, les décisions prises décident de nos vies… La force de cette série venue du Nord réside, outre son intrigue prenante et bien menée, dans l'absence de jugement devant les choix des uns et des autres. Nul manichéisme, chacun y a ses motivations profondes, contestables, souvent, mais compréhensibles. Avec pour tous, ou presque, le sentiment de bien faire. Si humain, finalement.

Si on aurait aimé ne pas voir certains signes et indices trop flagrants à l'écran, les surprises que réserve le scénario sont parfois assez géniales. L'une au cœur même du récit, et puis la toute fin, bouleversante, issue finale pour laquelle Charlotte Rampling a accepté de participer au projet. Elle a bien fait.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

« Kidnapping », 8 x 45 minutes, disponibles du arte.tv jusqu'au 6 novembre.