Karine Baste-Régis, joker du 20 Heures de France 2 : «C’est mon état de grâce»

A 38 ans, la journaliste remplace actuellement Anne-Sophie Lapix sur France 2. Elle nous confie ses premières impressions.

 Elle a assuré le JT du 20 heures sur France 2 mais Karine Baste-Régis devra laisser la place à Anne-Sophie Lapix qui revient lundi.
Elle a assuré le JT du 20 heures sur France 2 mais Karine Baste-Régis devra laisser la place à Anne-Sophie Lapix qui revient lundi. France Télévision

« Karine comment? Baste-Régis, vous dîtes? Et ça s'écrit? » A l'accueil de France Télévisions, les hôtesses buguent encore sur le nom de la nouvelle joker du 20 Heures de France 2, qui succède à Julian Bugier parti au 13 Heures. « De toute façon, tout le monde m'appelle KBR, ici », s'en amuse celle qui présente dorénavant l'édition du soir, en l'absence d'Anne-Sophie Lapix. Fait exceptionnel, cette dernière n'est pas en congé mais couvre l'élection américaine en intervenant de New York. Depuis lundi, les deux journalistes se partagent donc l'antenne. « Ça donne des éditions vivantes avec deux équipes très impliquées », s'enthousiasme Karine Baste-Régis, qui s'est installée temporairement dans le bureau de l'ancienne présentatrice de « C à vous ».

Pas le temps d'y apporter sa touche personnelle, à part une dizaine de tenues suspendues dans un coin. Est-ce qu'elle aimerait y rester pour de bon ? « A chaque nouveau poste, on me dit que c'est une porte d'entrée pour le prochain. Mais ce n'est pas ma façon de voir les choses, rétorque-t-elle. A aucun moment je me dis qu'il faut qu'Anne-Sophie se casse une jambe. Au contraire, je suis rentrée dans ses chaussons. »

«Je vis au jour le jour et savoure ce que j'ai…»

En ce moment, KBR s'« éclate ». « Je vis au jour le jour et savoure ce que j'ai, ajoute la journaliste de 38 ans. Présenter le 20 Heures, ce n'est pas un poids sur mes épaules. Je suis portée par toute une équipe. Et j'aime l'adrénaline du direct, il peut tout se passer : un couac technique, un invité qui part en cours d'interview, il m'est déjà tout arrivé. »

Son premier 20 Heures, le lundi 19 octobre, elle ne l'oubliera pas. Sur la forme? « C'était génial, lâche-t-elle du tac au tac. Je me suis sentie moi-même. J'étais emballée, contente de relever ce challenge et ravie de l'accueil en interne. Je n'ai ressenti aucun doute autour de moi, alors que ce n'est pas toujours le monde des Bisounours. » Et sur le fond, l'actualité a été très forte avec l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine. « Dans ce contexte, la mission de service public prend tout son sens, insiste celle qui a présenté le tout premier JT de la chaîne Franceinfo en 2016. On a l'impression d'être utile. Les téléspectateurs ont une vraie attente. A nous de choisir les bonnes images, les bons mots, la bonne approche. »

Ce jour-là, Anne-Sophie Lapix lui a laissé un message de soutien sur son ordinateur, qu'elle a immédiatement tweeté. Laurent Delahousse l'a également appelé. « Ça pourrait être mal vu de dire ça, mais pour nous, un JT c'est un JT, avec un générique, des titres, des sujets et parfois un invité, souligne Karine Baste-Régis. Que je le présente en Martinique (NDLR : où elle a fait ses armes) ou à Télématin (NDLR : qu'elle a rejoint il y a un an), j'y mets la même passion, la même rigueur. Et peu importe d'être regardée par 50 000 personnes ou 6 millions. » Comme lundi soir. Les audiences ? « Quelles audiences ? Je suis peut-être une extraterrestre, mais ça ne compte pas pour moi. Après, tant mieux si le travail des équipes est salué. »

Entrecôte, tagliatelles, haricots… le bonheur extrême

Son rythme de joker : lever à 6h30 au son de France Info et France Inter, quand son réveil sonne habituellement à 2h30 les jours où elle présente les flashs de « Télématin ». « Ça change une vie! », résume cette mère d'un garçon de six ans, dont les consonnes (MXM) sont tatouées sur son avant-bras. « On a l'habitude de regarder les infos ensemble, de les décrypter, glisse-t-elle. Il connaît les présidents à l'étranger et est particulièrement fier de sa maman ». Deux heures plus tard et les quotidiens avalés, la voilà au siège de France Télévisions pour la première conférence de rédaction, en petit comité. Covid oblige. « On pinaille sur des petites choses, on confronte nos points de vue, sans chercher à avoir le dernier mot », raconte Karine Baste-Régis, masque bleu marine sur le visage où est dessinée une galaxie. Son monde. Celui de la positive attitude. Celui de la bonne bouffe aussi.

« A 12h30, je suis affamée, ajoute celle qui a toujours des boîtes de cancoillotte, un fromage de Franche-Comté, dans un frigo qu'elle partage avec Julien Benedetto, un étage plus bas. Parfois, je rentre chez moi pour déjeuner un gros plat, comme une bonne entrecôte tagliatelles et haricots. C'est simple, mais ça suffit à mon bonheur extrême. » Même envie juste avant le 20 Heures. « Un soir, une maquilleuse m'a proposé des chips, mais moi, je rêvais d'un gigot. »

Lundi, le retour d'Anne-Sophie Lapix

A quelques minutes du direct, la voilà qui peaufine ses derniers lancements, qu'elle écrit seule, « par plaisir », ainsi que les interactions avec les journalistes en plateau : « Là, ça carbure bien ». Puis vient le moment d'entrer en scène, sans stress. « Certains ont besoin de s'isoler dans leur bulle, moi, je suis une pipelette, je dis bonsoir à tout le monde, même au mec qui s'occupe des lumières. Sans lui, pas de JT. Et je fais des blagues. Ça a toujours été comme ça. Pourtant, niveau humour, j'en suis restée aux Inconnus ».

Il y a encore deux semaines, elle aussi était inconnue pour les téléspectateurs du 20 Heures de France 2. Pas sûr qu'elle le reste longtemps, même pour les dames de l'accueil. Indice : sur les réseaux sociaux, les commentaires sont majoritairement bienveillants. Lundi, Karine Baste-Régis devra pourtant laisser la place à Anne-Sophie Lapix, en attendant Noël, et reprendre les flashs infos de « Télématin », plus confidentiels. Elle, ne pense qu'au 20 Heures du jour. « Jusqu'ici tout va bien, sourit-elle. C'est mon état de grâce. »