«Génération Brut» sur Amazon Prime Video : la série sur les «millennials» déçoit

La première série documentaire produite par le média vidéo Brut est sortie ce vendredi sur Amazon Prime Video. On a regardé, on est déçu.

 «Génération Brut», la première série documentaire produite par le média Brut, se consacre à la génération des «millenials».
«Génération Brut», la première série documentaire produite par le média Brut, se consacre à la génération des «millenials». Capture d’écran Amazon Prime

Bande annonce électrique et promesse de révolution, « Génération Brut » débarque en exclusivité sur Amazon Prime Video ce vendredi. Natures, véganes, trans, amours, féministes… La première série documentaire de Brut, média vidéo suivi par 1,7 million d'abonnés sur Instagram, explore le parcours de plusieurs jeunes « héros » de 15 à 30 ans censés incarner les combats emblématiques de cette génération « millennials ». On s'attend à des histoires coups de poing… On reste sur notre faim.

Une mise en scène soignée

Quand on entend « Brut », on pense format court, info choc. « S'aimer quand on n'a pas la même religion » : 5 minutes 46, plus de 7 millions de vues. « Trois choses que vous ne saviez pas sur les préservatifs » : 3 minutes 10, plus de 10 millions de visionnages. « Le Bhoutan, seul pays au monde à avoir un bilan carbone négatif » : 2 minutes 54, près de 4 millions de curieux. Simple, basique. Brut. Avec « Génération Brut », le format s'étire sur 56 minutes… et perd en énergie.

Pourtant, sur le papier, on a envie d'y croire. Dans « Natures », Eloïse, 17 ans, lycéenne à Dunkerque, assure : « On va tout foutre en l'air et tout recommencer. » Dans « Trans », Lucy répète : « On est obligé de se battre pour qu'on nous foute la paix ». Dans « Féministes », Shanley, 21 ans, étudiante en 2e année de sciences politiques, assène : « Il faut que la peur change de camp ». Oui, mille fois oui.

La mise en scène est soignée, les images sont propres. Chaque épisode est introduit par un ambassadeur. Le navigateur François Gabard s'insurge contre les plastiques qui polluent les mers. Thierry Marx défend une gastronomie saine, moins portée sur la viande. Jean-Paul Gaultier, la bloggueuse Camille Aumont Carnel et Julie Gayet disent tout l'espoir qu'ils placent dans cette jeune génération.

On frôle la caricature

Les choses se corsent quand on va dans le détail. Résumer une génération en quelques portraits, l'exercice s'avère périlleux. Et, en même temps, à trop vouloir donner la parole à tout le monde, la série se transforme en un brouhaha de messages parfois contradictoires.

Exemple type : l'épisode « véganes », dans lequel on suit Tiphayne et Ceylan, activistes antispécistes, Chloé, mannequin et créatrice de contenu qui a renoncé à consommer des produits issus de l'exploitation animale, Aurélia, militante pour le droit des animaux et Alexis, restaurateur qui fête la fin de son « veggie challenge » - pas de viande pendant 21 jours - autour d'une côte de bœuf maturée.

Que penser des absents ? La voix des « millennials » des quartiers doit-elle se résumer à celle de Julien, qui a quitté la Seine-Saint-Denis pour se lancer dans le stand-up à Paris, et de Ceylan, ancien dealeur dans une petite cité ? On frôle la caricature.

Avec ce format de documentaire classique, Brut se normalise et perd son originalité, sa force. On préfère quand Brut fait du Brut en moins de cinq minutes.

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LA NOTE DE LA RÉDACTION : 2,5/5

« Génération Brut », série documentaire disponible sur Amazon Prime Video à partir de ce vendredi.