Fin du plafond des publicités sur Radio France : les radios privées haussent le son

Le gouvernement envisage de supprimer le plafond des revenus provenant de la publicité sur le service public. Alors que leurs parts d’audience n’ont jamais été aussi basses, les radios privées font part de leur indignation.

 En supprimant le plafond des 42 millions d’euros maximum, Radio France pourrait mécaniquement avoir un budget en hausse tandis qu’avec la crise, les radios privées continuent d’être à la peine.
En supprimant le plafond des 42 millions d’euros maximum, Radio France pourrait mécaniquement avoir un budget en hausse tandis qu’avec la crise, les radios privées continuent d’être à la peine. LP/Olivier Boitet

La publicité a-t-elle sa place sur Radio France? Depuis 2016, le service public a autorisation de diffuser quelques spots. Pas plus de 17 minutes par jour en moyenne, quand les privées peuvent monter jusqu'à 10 minutes… par heure! Et l'Etat lui impose un plafond maximal de 42 millions d'euros de revenus annuels provenant de la publicité. Systématiquement dépassé, celui-ci s'apprête à tout simplement disparaître, dans le cadre du nouveau contrat d'objectifs et de moyens de Radio France, fixé par les autorités. Une décision qui fait grincer des dents les concurrents de la maison ronde.

Dans un communiqué que le Parisien s'est procuré en avant-première, tous s'indignent de cette décision. Les groupes Lagardère (Europe 1, RFM, Virgin Radio), RTL (Fun Radio, RTL et RTL2), NRJ (Chérie FM, NRJ, Nostalgie, Rire & Chansons) et NextRadio TV (RMC, BFM Paris) ainsi que Radio Classique et Skyrock y voient là une « remise en cause des équilibres du marché publicitaire radiophonique ». D'autant plus en raison de la crise économique actuelle. La part d'audience des radios commerciales est ainsi tombée à 63,5 % fin 2020. Un niveau historiquement bas, quand le service public explose à 32,0 %. Et, forcément, avec des revenus touchés. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, un seul groupe a vu ses recettes publicitaires progresser : Radio France.

Cette situation agace donc les concurrents, durement touchés. Les privées composent ainsi avec un budget total de 550 millions d'euros pour 330 antennes. Le service public, lui, monte à 630 millions d'euros, aidé par la redevance. Mais pour sept radios. En supprimant le plafond des 42 millions d'euros maximum, Radio France pourrait mécaniquement avoir un budget en hausse. Et au détriment des privées, qui partagent 90 % des annonceurs avec les publiques.

Du côté de Radio France, on indique ce lundi soir que « les arguments et chiffres utilisés sont erronés et que, ni le volume très limité, ni le positionnement singulier des antennes de Radio France sur le marché publicitaire, ne sont de nature à ponctionner les ressources publicitaires des radios commerciales. Au contraire, elles contribuent - grâce à leurs audiences - à entretenir l'intérêt des annonceurs pour le marché radio. »

Reste maintenant au gouvernement à trancher la question, alors même que le Sénat et le CSA appellent à préserver les équilibres publicitaires.