Delphine de «l’Amour est dans le pré» : «Etre homosexuelle n’est pas uniquement ce qui me définit»

Cette arboricultrice de 47 ans, solaire, cherche l’amour avec un grand A. Première lesbienne à participer à l’émission présentée par Karine Le Marchand, elle n’entend pas devenir un porte-drapeau pour autant. Son portrait est diffusé ce lundi soir sur M6.

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 Célibataire depuis un an et demi, Delphine est prête à rencontrer l’âme sœur grâce à la 16e saison de «l’Amour est dans le pré».
Célibataire depuis un an et demi, Delphine est prête à rencontrer l’âme sœur grâce à la 16e saison de «l’Amour est dans le pré». M6/Cécile Rogue

Forcément, elle redoute un peu de se voir à l'image, mais ne craint pas vraiment la perception des téléspectateurs. A 47 ans, Delphine, arboricultrice bio, est prête à s'exposer dans cette nouvelle saison de «l'Amour est dans le pré», sur M6, pour trouver l'âme sœur. Et même si elle est la première lesbienne de l'émission, peu importe. Là n'est pas la question, elle recherche l'amour pour enfin pouvoir se poser dans son petit bout de paradis, sous le soleil d'Occitanie. « Je ne me rends pas compte de l'ampleur que va prendre la diffusion de mon portrait (NDLR : ce lundi soir), mais je veux que ça bouge dans ma vie, s'amuse-t-elle. En attendant, il faut que j'aille vite chercher ma tenue pour les speed datings à Montauban. »

Célibataire depuis un an et demi après une histoire avec sa voisine, la jeune bikeuse, folle de sa Harley Davidson, recherche une femme, avec ou sans enfant, pour l'accompagner sur le chemin de la vie en couple. « Les sites de rencontres, cela n'a jamais fonctionné avec moi, confie cette ancienne pompière volontaire. Je suis tombée sur des filles qui ne voulaient pas les mêmes choses. »

Son ex l'a aidée à s'inscrire

Sa relation la plus longue a duré douze ans, avec Patricia, qu'elle présentait comme sa cousine. Les deux femmes sont restées amies. C'est d'ailleurs son ex qui l'a aidée à s'inscrire à l'émission ! « Je veux casser les codes. Par exemple, pour moi, être ultra-féminine, c'est un compliment. Mon identité, comme celle de chacun, est multiple, complexe, je suis une agricultrice, une motarde. J'ai aussi été catholique pratiquante. Je suis toutes ces personnes. Le fait d'être homosexuelle, c'est une facette de ma personnalité, mais ce n'est pas uniquement ce qui me définit. »

Son entourage a été étonné de sa démarche. « Mes voisins n'en sont pas revenus que je recherche une femme… Ils sont persuadés que je vais ramener des hommes. Ils ont du mal car il faut que tout soit rangé dans une case alors que la vie, ce n'est pas ça ! » Si Delphine n'a jamais été attirée par les garçons, même petite, elle a mis des années à comprendre son homosexualité. L'émission lui permet un travail sur elle-même.

« Cela fait du bien de voir des personnes qui racontent votre vie de l'extérieur, explique-t-elle. J'ai longtemps rejeté ma féminité. Quand j'étais adolescente, je n'avais jamais vu deux filles s'embrasser et, dans mon inconscient, je ne savais pas que c'était possible. Même plus tard, quand je suis tombée amoureuse d'une femme, je ne me considérais toujours pas comme lesbienne. Je me disais Je suis amoureuse d'une personne et, tiens, c'est une fille. »

«Je n'ai jamais été dans un esprit communautaire»

Dans son portrait diffusé dans l'émission, Delphine est touchante de sincérité et de bonne humeur. « Dans cette conversation avec Karine Le Marchand, j'ai eu l'impression que je parlais à une copine, je n'ai pas eu d'appréhension. »

Delphine et sa Harley Davidson. /M6/Cécile ROGUE
Delphine et sa Harley Davidson. /M6/Cécile ROGUE  

Si elle a bien conscience d'être une première dans le programme, après plusieurs agriculteurs homosexuels, pas question d'en faire un étendard. « Je n'ai jamais été dans un esprit communautaire, je n'ai rien à revendiquer si ce n'est de passer un message de tolérance. J'ai mis 30 ans à accepter qui je suis, si les homophobes ne sont pas contents, peu importe. Ma participation fera peut-être avancer les esprits. Aujourd'hui, je suis simplement fière de m'assumer comme je suis vraiment. »