Covid-19 : Laurence Ferrari à l’isolement après avoir interviewé Bruno Le Maire

Le ministre de l’Economie, testé vendredi positif au coronavirus, avait été interviewé la veille en plateau par la journaliste vedette de CNews. « Par mesure de précaution », la chaîne a décidé qu’elle ne serait pas à l’antenne lundi.

 La veille de son test positif au coronavirus, Bruno Le Maire était sur le plateau de CNews, interviewé par Laurence Ferrari.
La veille de son test positif au coronavirus, Bruno Le Maire était sur le plateau de CNews, interviewé par Laurence Ferrari. CNews

« Par mesure de précaution, Laurence Ferrari ne sera pas à l'antenne lundi, précise ce samedi soir Gérald-Brice Viret, directeur général des antennes et des programmes du groupe Canal +, à qui appartient CNews où l'intervieweuse star officie chaque jour à 8h15, puis à 17 heures. Elle respectera l'isolement jusqu'à un nouveau test mardi ». Changement de discours à CNews. Après avoir affirmé dans la journée que la journaliste vedette ne pouvait être considérée comme un cas contact, la chaine a opéré un virage à 180°.

Beaucoup se posaient la question depuis que Bruno Le Maire a annoncé vendredi 18 septembre dans la soirée sur Twitter avoir été « testé positif à la Covid-19 ». Or, la veille, le ministre de l'Economie s'était rendu sur le plateau de la matinale de CNews. Face à lui, la journaliste l'a interviewé pendant vingt et une minutes. Sans masque, comme c'est l'usage sur les plateaux de télé, ni autre protection.

« Laurence Ferrari et Bruno Le Maire sont restés à deux mètres d'écart et portaient leur masque avant et après l'entretien, précisait-on du côté de Canal + dans la journée avant un revirement dans la soirée. Pour nous, les mesures sanitaires ont été respectées. Nous sommes très prudents là-dessus. » « Et puis, Laurence n'a pas serré la main de Bruno Le Maire », glissait un de ses proches.

« On ne peut pas dire que le risque est nul »

L'exemple de Laurence Ferrari avait tout pour devenir un vrai cas d'école. « Ayant partagé un espace confiné pendant au moins 15 minutes » avec une personne testée positive au coronavirus, elle devait pourtant bien être comptabilisée comme cas contact, d'après les recommandations des autorités sanitaires. Et de ce fait, se placer en isolement pendant sept jours.

Ce que nous confirmait dans l'après-midi l'infectiologue Anne-Claude Crémieux : « Même si le risque de transmission par aérosol a été faible, compte tenu de la distance sur le plateau de CNews, on ne peut pas dire qu'il est nul. Laurence Ferrari est clairement un cas contact. »

Le texte de Santé publique France, l'agence nationale de santé publique, précise également que pour les cas contacts, un test PCR doit être effectué « sept jours après le dernier contact à risque » avec une personne contaminée. « Il faut attendre au minimum cinq jours, soit la durée la plus fréquente d'incubation », souligne la Pr Anne-Claude Crémieux.

« Il faut revoir la réglementation » sur les plateaux télé

Ce jeudi, c'est toute l'équipe de l'émission « La Quotidienne », sur France 5, qui avait été placée en isolement pour une semaine. Deux jours plus tôt, Maya Lauqué et Thomas Isle avaient reçu en plateau un invité qui a été testé positif au Covid-19 dans la foulée. Les prochains tournages prévus cette semaine ont donc été annulés, avant un éventuel redémarrage le lundi 28 septembre.

Hasard du calendrier, si elle était revenue lundi matin à l'antenne dans la matinale de Romain Desarbres sur CNews, Laurence Ferrari aurait dû interroger... un médecin chirurgien. Selon nos informations, c'est Gérard Leclerc — après avoir déjà remplacé l'an passé Jean-Pierre Elkabbach pour l'interview du matin — qui reprendra temporairement le flambeau. Pas d'annonce, en revanche, en ce qui concerne la présentation de « Punchline », l'émission de l'après-midi de Laurence Ferrari.

Ces cas, pour l'heure isolés, remettent sur la table la question du port du masque (ou une autre protection) sur les plateaux télé, qui bénéficient aujourd'hui d'une exception à la règle. « Avec l'augmentation de la circulation du virus, notamment en région parisienne, il faut revoir la réglementation », insiste Marie-Claude Crémieux, qui a récemment gardé son masque quand elle ne parlait pas sur le plateau de « C à vous » sur France 5. « Sinon, les journalistes vont passer leur temps à être cas contact, embraye-t-elle. Pourquoi ne pas systématiser les Plexiglas (NDLR : comme c'est le cas sur le plateau de « Touche pas à mon poste », sur C8) ou les masques transparents, qui permettraient de continuer à lire sur les lèvres? »