Canular homophobe dans TPMP : amende de 3 millions d'euros contre Hanouna et C8

C8 et l'animateur ont été sanctionnés pour des dérapages considérés comme homophobes. 

La sanction est tombée. Le CSA a infligé ce mercredi une amende de 3 millions d'euros à «Touche pas à mon poste». Déjà privée de publicité pendant trois semaines en juin dernier, l'émission animée par Cyril Hanouna a cette fois été condamnée pour un canular jugé homophobe. Dans sa décision, le CSA estime que «la société C8 a gravement méconnu le principe de respect de la vie privée, ainsi que son obligation de lutter contre les discriminations».

QUESTION DU JOUR. Canular jugé homophobe : la sanction du CSA est-elle assez sévère?


Lors d' un canular téléphonique diffusé le 18 mai dernier, unanimement qualifié d'homophobe par les associations, Cyril Hanouna avait berné des inconnus sur un site de rencontres à grands renforts de clichés et en se présentant comme Jean-José, bisexuel de 26 ans, «très sportif et super bien monté». Six hommes et une femme avaient appelé et s'étaient retrouvés en direct à parler crûment de sexe... devant 750 000 téléspectateurs.

C8 va intenter un recours


Les Sages rappellent que les personnes piégées, «principalement des hommes homosexuels, n'étaient pas informées de l'identité de leur interlocuteur et, croyant être dans le cadre d'une conversation privée, ont pour certaines d'entre elles dévoilé publiquement des informations relevant de leur vie intime et sexuelle. En outre, l'animateur a, tout au long de cette séquence, eu recours à de nombreux clichés et attitudes stéréotypées sur les personnes homosexuelles». Sur Twitter, Cyril Hanouna a estimé que «le plus important à retenir», c'est que lui et ses chroniqueurs seraient de retour le 1er septembre «pour une nouvelle saison de ouf».


Côté C8, on s'attendait davantage à une suspension du programme de plusieurs semaines, même si la chaîne a annoncé son intention d'intenter un recours contre cette sanction. Selon nos informations, elle avait même prévu une émission de secours à la place de « TPMP », mais toujours avec Cyril Hanouna à la présentation. Après le tollé provoqué, l'animateur avait fini par exprimer des regrets, se disant «bouleversé» par les accusations d'homophobie. Le CSA avait reçu près de 40 000 plaintes.


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En juin, le CSA avait prononcé contre Cyril Hanouna de sévères sanctions en interdisant la publicité pendant «Touche pas à mon poste», ainsi que quinze minutes avant et quinze minutes après sa diffusion pour les directs comme pour les rediffusions, pendant trois semaines. Un manque à gagner estimé à plusieurs millions d'euros par la chaîne, qui début juillet, avait lancé une procédure judiciaire pour réclamer 13 millions d'euros au CSA.


Pour cette première sanction, le gendarme de l'audiovisuel se prononçait sur deux séquences diffusées à l'automne. Le 3 novembre, dans «la Grande Rassrah», Cyril Hanouna avait fait croire à son chroniqueur Matthieu Delormeau qu'il avait tué quelqu'un et demandait à son chroniqueur de s'accuser à sa place. Dans la seconde, diffusée le 7 décembre, dans «Touche pas à mon poste», l'animateur avait fait toucher son entrejambe à sa chroniqueuse Capucine Anav.

L'une des plus lourdes sanctions prononcées par le CSA
 

L'amende de 3 millions d'euros infligée mercredi par le CSA à C8 est l'une des plus lourdes sanctions prononcées par le régulateur de l'audiovisuel depuis sa création en 1989.
 

- 1991 : TF1 écope d'une amende de près de 5 millions de francs pour manquements aux règles du parrainage lors d'un épisode du jeu «Intervilles». En tenant compte de l'inflation, cela représenterait actuellement environ 1 millions d'euros.
 

- 1992 : TF1 est condamnée à verser 30 millions de francs pour ne pas avoir respecté ses quotas de diffusion d'oeuvres en français. Ce qui équivaudrait aujourd'hui à 6,4 millions d'euros.
 

- 1995: la diffusion de la radio Skyrock est suspendue durant 24 heures, après une émission durant laquelle deux animateurs s'étaient réjouis de l'assassinat d'un policier à Nice.
 

- 2000 : France 2 et France 3 écopent de sanctions financières, de 500 000 et deux millions de francs respectivement. La première pour avoir fait de la publicité en faveur de boissons alcoolisées et la seconde pour publicité clandestine.
 

- 2002 : M6 est condamnée à payer 150.000 euros pour une publicité dissimulée du Club Med dans l'émission de téléréalité «Loft Story».
 

- 2008 : Skyrock doit payer 200 000 euros suite à des «manquements à la protection de l'enfance» dans l'émission de Difool.
 

- 2010 : France 2 se voit infliger une amende de 100 000 euros après l'annonce erronée de la mort d'un enfant dans le journal de 13 heures.