Théâtre : mort d’Eric Assous, auteur de nombreuses comédies à succès

Son nom sur une affiche était la promesse d’une bonne soirée au théâtre, de rire pour les spectateurs et de saison réussie pour les salles. L’auteur à succès Eric Assous est décédé ce lundi à l’âge de 64 ans.

 Eric Assous est l’auteur de plus d’une vingtaine de comédies théâtrales. Il a également mis son talent au service de la télévision et du cinéma.
Eric Assous est l’auteur de plus d’une vingtaine de comédies théâtrales. Il a également mis son talent au service de la télévision et du cinéma.  LP/Fred Dugit

L'auteur de théâtre, réalisateur et scénariste Eric Assous est mort à l'âge de 64 ans des suites d'une hémorragie cérébrale qui s'est déclenchée ce week-end. Hospitalisé en urgence, il s'est éteint ce lundi 12 octobre au matin à Paris. Il était père de trois enfants, dont des jumeaux qu'il avait eus avec la comédienne Véronique Boulanger.

« C'était un ami très cher, un type merveilleux, d'une douceur, d'une gentillesse et d'un talent énormes, d'une grande humilité », souffle avec une grande émotion Richard Berry, joint au téléphone. Le comédien a mis en scène deux de ses pièces, « la Nouvelle », en 2018, mais aussi « Nos femmes » qu'il avait ensuite portée à l'écran.

« Un Marivaux contemporain »

Deux fois Molière de l'auteur francophone vivant pour « l'Illusion conjugale » en 2010 et « On ne se mentira jamais ! », il avait été récompensé en 2014 du Grand prix du théâtre de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre dramatique, plus d'une vingtaine de comédies populaires à succès. La plupart tournaient autour du couple.

« Il avait un vrai sens de la comédie et des rapports du couple, il était toujours très juste », estime le metteur en scène Philippe Hersen qui annonce le décès sur Facebook. Il se souvient d'un « affectif » et d'un « grand anxieux ». « Son appréhension du couple était toujours très juste et très profonde, appuie Richard Berry. Il regardait cela toujours avec beaucoup d'humour et une sorte d'élégance du désespoir. »

En 2015, Eric Assous avait reçu le Molière de l’auteur francophone vivant. LP/Fred Dugit
En 2015, Eric Assous avait reçu le Molière de l’auteur francophone vivant. LP/Fred Dugit  

« C'est un Marivaux contemporain, enchérit Jean-Luc Moreau qui a mis en scène quatorze de ses pièces. Il a essentiellement écrit sur le couple et l'amour, il a cherché à approfondir la problématique entre les femmes et les hommes. » « Les hommes ne sont jamais des héros chez moi, et les femmes souvent dures et décisives », nous déclarait l'auteur en 2009 au lancement des « Hommes préfèrent mentir », mis en scène par Jean-Luc Moreau.

« Il aimait profondément les femmes, il y avait d'ailleurs une grande part de féminité en lui et c'est peut-être pour cela qu'il avait autant de succès, estime Richard Berry. Il avait une approche assez féminine, ça pouvait paraître parfois un peu macho mais c'était toujours délicat. Il a été récompensé, mais je pense qu'on a beaucoup sous-estimé son talent. »

Il avait caché son cancer

« Il est joué dans le monde entier, et ça continuera longtemps je pense », ajoute Berry. En France, Michel Sardou et Davy Sardou, Alain et Anouchka Delon, Bernard Tapie, Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h, Roland Giraud, Richard Berry, Daniel Auteuil, Marie-Anne Chazel, Sam Karman, Fanny Cottençon ou encore Michel Leeb ont joué ses pièces.

Scénariste prolifique, il avait apporté sa patte à des films comme « les Randonneurs » de Philippe Harel, avec lequel il travaillera beaucoup, « Une hirondelle a fait le printemps », de Christian Carion, « Deux jours à tuer », de Jean Becker. Outre « Nos femmes », il travaillera aux scénarios de trois films de Richard Berry. « C'était un immense dialoguiste aussi », se souvient encore Berry. Il avait aussi écrit pour la télévision, la sitcom « Jamais 2 sans toi… t », à la fin des années 1990, notamment, qui avait vu débuter Astrid Veillon, et quelques épisodes de « Nestor Burma ».

Ses proches le savaient atteint d'un cancer depuis quelque temps, une maladie qu'il a tenue cachée. « Il ne voulait pas le dire, c'était un homme qui avait beaucoup de dignité et extrêmement pudique, il avait gardé ces informations pour lui, souligne Jean-Luc Moreau. Il était très discret sur l'évolution de sa maladie. »