Théâtre à Paris : Ducobu sur scène, c’est lui !

Ducobu est adapté sur scène pour la première fois. La pièce, inspirée des BD (et non du film), démarre ce dimanche au théâtre de la tour Eiffel (VIIe). Nous avons rencontré l’acteur principal (âgé de 26 ans !) et assisté aux répétitions.

 Le comédien Pierre Delage joue le personnage de Ducobu au théâtre.
Le comédien Pierre Delage joue le personnage de Ducobu au théâtre.  LP/Yann Foreix

Il est espiègle, passe plus de temps au coin que sur son pupitre et, malgré son bonnet d'âne, ses camarades l'adorent. Vous l'avez reconnu ? Gagné, c'est Ducobu ! Tout droit sorti de sa BD, il bondit sur la scène du théâtre de la tour Eiffel (Paris, VIIe) guitare hurlante, pour gratter le son de Pirates des Caraïbes à la kermesse de l'école. Ce Ducobu-là arbore bien un sourire espiègle, le pull rayé jaune et noir surmonté d'un col blanc, mais n'est plus un enfant. A 26 ans, Pierre Delage vient de décrocher son premier grand rôle. Le jeune homme originaire de Tours est sorti des cours Florent il y a un an, après une formation théâtre puis comédie musicale.

Quand Caroline Magne, metteure en scène, l'a vu en casting fin mai, elle a tout de suite vu ce gentil cancre en lui. « J'ai reçu des centaines de candidatures, auditionné quatre garçons. Pierre a fait la différence, se souvient Caroline Magne. Il aime la scène, se laisse diriger en étant force de proposition et il s'est très vite approprié le personnage. » Au casting, Pierre a dû jouer le savoureux sketch du bac d'Albert Dupontel et chanter Jeune et con de Damien Saez. Une voix juste, des mimiques qui font mouche et hop, emballé, embauché !

« J'ai relu les BD, regardé les films de Ducobu pour bien m'imprégner du personnage », raconte le comédien qui s'éclaircit les cheveux à la bombe pour ressembler au héros. La difficulté? Se mettre dans la peau d'un môme de 12 ans. Timbre de voix plus aiguë, attitude agitée, mains dans les poches, pieds qui se baladent et ce regard, à la fois innocent et espiègle. « Le côté jouissif de la pièce est de piéger l'instituteur et d'en rire ensuite », s'amuse Pierre Delage, qui aime ce « personnage en dehors des règles, inadapté au cursus scolaire, qui crée ses propres codes ».

Le théâtre est la salle de classe

Il a fallu aussi s'adapter à la mise en scène, en s'adressant aux spectateurs. Caroline Magne a voulu que le théâtre soit la salle de classe. Le public est accueilli par le surveillant (NDLR : Léonard Vicari, qui joue aussi Neness). Mégaphone en main, il crie sur les « élèves », « Julien, enlève ton chapeau et remet tes chaussures ! Olivier, range tes petites fusées et ta sarbacane ! »

Léonie (Amandine Toldo) se lève parmi les spectateurs pour monter sur scène. La copine de Ducobu semble tout droit sortie de la BD, avec ses nattes, sa robe rouge à pois blancs. Comme Gustave Latouche (Eric Beslay), le maître aux lunettes trop grandes et à la blouse grise. En ce jour de rentrée, Léonie arrive avec une pile de livres, un rempart pour se protéger des tricheries de son camarade. En décors, les murs reçoivent les projections d'un illustrateur comme une BD animée. Le spectacle musical est rythmé par cinq créations et cinq parodies, en commençant par Bigflo et Oli, « Ah c'est dommage, j'aurais dû être le premier… » La complicité et les facéties du squelette Neness font sourire aussi les parents.

Les décors ont été réalisés par l’illustrateur Yves Damin, pour donner l’ambiance BD à la pièce. LP/Yann Foreix
Les décors ont été réalisés par l’illustrateur Yves Damin, pour donner l’ambiance BD à la pièce. LP/Yann Foreix  

Caroline Magne avait adapté Ernest et Célestine pour les 3-7 ans. Elle cherchait un spectacle pour les plus grands. « L'idée m'est venue en voyant ma fille de 11 ans lire les BD Ducobu. Je voulais un théâtre musical et humoristique issu du monde littéraire. Les auteurs m'ont laissé une liberté totale. J'avais envie de faire vivre ce personnage généreux, plein de malice et débrouillard qui s'en sortira toujours. »

A la dernière chanson, les décors tournent comme les pages d'un livre. Sur l'un d'eux, on lit « Le rire des enfants est une musique du ciel ». Les rires tomberont du ciel à partir de dimanche. Et pour la première représentation, les enfants recevront en cadeau un bonnet d'âne. Pour rire.

A partir du 11 octobre au théâtre de la Tour Eiffel (VIIe). Samedis à 16h30, dimanches à 14 heures, tous les jours des vacances à 14 heures. Tél : 01.40.67.77.77. Tarifs : de 20 à 34 euros.