Street art : l’armoire normande customisée redevient à la mode

Depuis qu’à l’invitation de l’antiquaire normand Laurent Courtier, les street artistes peuvent s’exprimer sur leurs panneaux de chêne, les vieux meubles, qui ne trouvaient plus preneur, sont de nouveau tendance.

 Laurent Courtier rend de nouveau tendance les armoires normandes
Laurent Courtier rend de nouveau tendance les armoires normandes #PRESSE30

Sans activité lors du premier confinement, l'antiquaire Laurent Courtier installé à Vernon (Eure) et son associé de Pacy-sur-Eure ont décidé de marier leurs deux passions : les armoires normandes et... le street art. Meuble emblématique du patrimoine régional apparu au XVIIe siècle, avec ses deux vantaux et sa corniche sculptée, souvent en fonction du métier du maître de maison, qu'on offrait en dot pour le mariage des jeunes filles, l'armoire normande ne se savait sans doute pas si tendance. Mais le résultat est étonnant et détonnant lorsque des artistes talentueux en prennent possession. Un festival de couleurs et de créativité.

Trop vieillotes, elles ne se vendaient plus

Pour l'antiquaire, il n'y a pas sacrilège : « Les armoires normandes ne se vendent plus. Elles sont trop sombres, avec un côté vieillot, car conçues en chêne massif. Par contre, elles ont de belles formes et un format qui permet de rentrer chez tout le monde. Il y a déjà eu des tentatives avec de la patine ou de la peinture unie. Là, avec la signature des meilleurs street artistes, c'est tendance ! »

Pour les premiers spécimens, le duo d'amis a sollicité son réseau d'artistes. « Aucun n'avait travaillé sur un tel support mais cela les a fait marrer. Après les murs de la rue, ils se sont exprimés sur un symbole familial. Une alliance pour fédérer deux mondes. D'autres rejoindront notre équipe par la suite », prévient Laurent Coutier.

Une armoire normande, drôle d’endroit pour une rencontre avec Goldorak  ? Pas pour les street artistes  passés de la rue au meuble en chêne de grand-papa/#PRESSE30
Une armoire normande, drôle d’endroit pour une rencontre avec Goldorak ? Pas pour les street artistes passés de la rue au meuble en chêne de grand-papa/#PRESSE30  

Pour remettre au goût du jour ce patrimoine normand, Crey 132, Jo Di Bona et le peintre local Jacques Blézot ont bombé des fauves, Goldorak ou encore Paul Bocuse, dont un exemplaire est parti chez le traiteur de l'Eure Frédéric Erisay : « Nous les avons exposées aussi à la foire de Chatou (Yvelines). On s'aperçoit maintenant qu'il y a une demande auprès des particuliers, mais surtout des architectes d'intérieurs, des décorateurs, des restaurants, des hôtels ou des entreprises. D'ailleurs, ils peuvent bénéficier d'une déduction fiscale puisque c'est une œuvre d'art signée et estampillée Normand Design, notre label », détaille l'antiquaire.

On peut aussi les louer en longue durée

Pour le moment, il faut quatre mois d'attente pour recevoir son armoire d'un coût de 12 000 euros HT, en vente unique mais aussi pour les entreprises sous forme de location longue durée. « Cela nous permet d'avoir un parc tournant », explique Laurent Courtier. « Bien entendu, nous avons eu des réactions de surprise voire de rejet mais 90% des personnes rencontrées trouvent cela superbe. Les meubles doivent vivre au lieu de finir dans une décharge ou brûlés ». Les réseaux sociaux ne s'y trompent pas. De Los Angeles à Hong-Kong, les armoires normandes customisées sont un succès. «Nous attendons la fin de la crise sanitaire pour satisfaire toutes les demandes » se réjouit l'antiquaire vernonais.

Instagram : Normand Design

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