Spectacle : les humoristes de France Inter entrent en scène

Dix chroniqueurs de la radio de service public ont joué à Roubaix, ce dimanche, pour la première date de leur spectacle «On ne plaisante pas avec l’humour» en tournée dans toute la France. Reportage.

 C’est à Roubaix que les humoristes de France Inter ont démarré leur tournée d’« On ne plaisante pas avec l’humour », ce dimanche.
C’est à Roubaix que les humoristes de France Inter ont démarré leur tournée d’« On ne plaisante pas avec l’humour », ce dimanche.  Johansaccomando/houlalaproduction2020

Un petit groupe presse le pas le long du quai et s'engouffre dans le TGV. Destination Roubaix. C'est là, dans la ville du Nord, que les humoristes de France Inter ont démarré leur tournée d'« On ne plaisante pas avec l'humour », ce dimanche. L'idée de ce spectacle, qui enchaînera les dates dans l'Hexagone avec un casting tournant? Permettre au public de voir sur scène ceux qu'il entend habituellement sur les ondes de la première radio de France dans des émissions comme « la Bande originale » ou « Par Jupiter ». Ils sont dix, ce jour-là, de Thomas VDB à Alex Vizorek, en passant par Aymeric Lompret, Tanguy Pastureau ou Frédérick Sigrist. Avec deux filles seulement, Fanny Ruwet et Morgane Cadignan, au milieu des gars.

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@thethomasvdb et @alexvizorek en plein travail.

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Dans le wagon, Alexis Le Rossignol a étendu deux t-shirts, pour terminer le séchage. « Tu me conseilles lequel pour la scène, le gris ou le jaune? » demande le comédien à sa collègue de « la Bande originale », Morgane Cadignan (qui figure, comme lui, dans la sélection des Etoiles Espoir Humour du Parisien ). Certains ont sorti leur ordinateur et retravaillent leur passage, d'autres discutent.

Puis Roubaix est là. Le crachin tombe sur les briques rouges. Et le théâtre du Colisée attend ses artistes. « Où est ce qu'on peut fumer, ici ? s'inquiète Daniel Morin, le maître de cérémonie du spectacle, en tenant à la main son costume. Direction les planches, pour la répétition. Des tours d'immeuble, joliment dessinées, habillent la scène. « L'idée, c'est de recréer la vue qu'on peut avoir depuis la Maison de la radio », explique Christophe Meilland, le producteur du spectacle. Quelques palettes et des cartons, des spots blancs façon comedy club complètent le décor, chic et sobre.

«Ça fait un peu Star Academy»

Dans les loges, ça discute cinéma, spectacles, bons plans de restos. Morgane Cadignan s'est plongée dans un roman. Tom Villa repasse sa chemise blanche et Alex Vizorek, arrivé en voisin de Belgique, cherche le code Wi-Fi. « C'est chouette d'être ici, ça fait un peu Star Academy. Et puis ça permet de se voir, d'échanger. Avec certains, on se croise assez peu finalement », sourit Fanny Ruwet, la benjamine de la troupe, qui vit à Bruxelles.

Dix-sept heures, c'est le moment du spectacle. Neuf cents personnes se pressent vers leur siège. Sur les fauteuils laissés vides, mesures sanitaires obligent, l'équipe du théâtre a placé des silhouettes en carton de stars de cinéma, disséminées dans les rangs. « C'est une super idée, ça permet de combler les places vides et franchement, voir George Clooney en face de moi, qui me sourit, ça motive ! » remarque Alexis Le Rossignol, qui a opté pour le t-shirt jaune.

Chacun un style différent

« Bonsoir Roubaix, merci d'être là », lance un Daniel Morin qui fait son entrée sur un tube electro. « Cette musique n'est pas du tout France Inter, mais là, on est loin de la Maison de la radio, on souffle un petit peu, on se fait plaisir, on n'est pas obligé d'écouter 24 heures sur 24 du Vincent Delerm ou du Jeanne Cherhal », tacle le présentateur du show, qui s'amusera tout du long de l'image de « radio de gauche » de son employeur.

Le premier artiste entre en scène. « Pour ne pas que le choc thermique soit trop important, on va commencer avec un artiste d'ici… Gérémy Credeville ! » Le local de l'étape, fait irruption en entonnant les Corons. « Je suis ravi d'être ici et de pouvoir aller au bout d'un sketch sans être interrompu par Nagui », balance le chroniqueur de la Bande Originale, après quelques mots en ch'ti.

Un souci technique au moment de montrer des images, un micro qui tarde à s'allumer… Il en faut plus pour plomber l'ambiance. Chaque passage fait mouche, la plume est aiguisée, chacun dans son style. Masterclass sur la mort chez Alex Vizorek, papa flippé pour Thomas VDB, ou tourments générationnels de Morgane Cadignan. « C'est fou comme ils ont tous un style différent, remarque Roxane, qui retourne pour la première fois au théâtre depuis le confinement. Mais qu'est-ce que c'est drôle ! Je trouve qu'ils dépoussièrent l'humour, il y a un vrai travail de proposition de genres nouveaux, ça fait du bien. »

« Voilà enfin quelque chose que je peux partager avec ma fille », s'exclame Catherine, en se tournant vers la blonde Léa, son portrait craché. « En musique ou en films, on n'a pas trop les mêmes goûts, mais là, on rigole ensemble, entre générations. » Assez rare pour être souligné. Alors rien que pour ça, on recommande chaudement.

Prochaines dates de la tournée : 7 mars 2021 à Grand-Quevilly, 30 mai à Mérignac, 28 mai à Toulouse, 14 et 15 juin à Paris (Folies Bergère).