Vacances avec ses enfants : avec les animaux sauvages en forêt de Rambouillet

Au cœur de la forêt, cet immense site offre la possibilité d’apercevoir des animaux sauvages à chaque visite. Une expérience unique à vivre pendant les vacances de la Toussaint.

 Dans les 180 hectares de l’Espace Rambouillet (Yvelines), quelque 200 bêtes sauvages s’épanouissent sous le regard fasciné des promeneurs.
Dans les 180 hectares de l’Espace Rambouillet (Yvelines), quelque 200 bêtes sauvages s’épanouissent sous le regard fasciné des promeneurs. LP/Philippe Lavieille

Il a suffi de quelques minutes. Quelques mètres à pied dans les bois et la phrase a fusé. « Là, un sanglier, regardez ! » Le petit groupe s'avance lentement en courbant le dos, pliant légèrement les jambes. Comme si ça allait nous rendre plus discrets. L'animal se balade au milieu des arbres, s'arrête. Avant de se coller à un arbre et de se frotter énergiquement l'arrière-train. Puis il farfouille, le nez dans le sol, lève la tête, et nous fixe. Longtemps. Une scène unique. Les enfants sont bouche bée. « Ça charge, un sanglier ? » glissé-je à ma copine Laure. Pas celui-ci en tout cas. Ou pas cette fois. Il se remet à chercher. Notre présence lui est indifférente. Nous, nous sommes fascinés.

Apercevoir des bêtes en se promenant en forêt, il faut bien le reconnaître, ça relève toujours de l'exploit. Sauf à l'Espace Rambouillet. Ici, il est impossible… de ne pas en croiser! Imaginez : un site de 180 ha au cœur du massif forestier de Rambouillet, dans les Yvelines, entièrement clos. Et une concentration d'animaux sauvages, environ 200 bêtes au total, 10 à 15 fois plus importante que dans une forêt classique. Chaque visite est un moment fort, inoubliable. Avec cette sensation grisante de toucher du doigt l'aventure, à deux pas de chez soi.

Cette sensation, elle avait commencé le matin. Quand on a enfilé nos chaussures de randonnée dans notre trois-pièces de la petite couronne. Fait chausser leurs bottes aux enfants et glissé un pique-nique, préparé en quelques minutes, dans le sac à dos.

Autour de nous, Grands ducs, chouettes et autres rapaces

Dans la forêt des aigles, une chouette s’installe à nos côtés sous les yeux ébahis des enfants./LP/Philippe Lavieille
Dans la forêt des aigles, une chouette s’installe à nos côtés sous les yeux ébahis des enfants./LP/Philippe Lavieille  

Un bout de périph, un bout d'autoroute. Et cinquante minutes plus tard, nous voici arrivés. On sent qu'on le tient ce sentiment si agréable de se dire que, non, aujourd'hui, le stress de la grande ville ne nous atteindra pas.

Première étape, la forêt des aigles. Le spectacle des rapaces va commencer. On s'installe sur des petits bancs en bois. Voici les oiseaux qui arrivent, déployant leurs ailes. Grands ducs, faucons, aigle royal, vautours. Un ballet savamment orchestré. Ils volent au-dessus de nous, en nous frôlant la tête. Effet garanti. Même les adultes n'en reviennent pas.

Face à nous, un sanglier, qui se balade, comme si nous n’étions pas là. /LP/Philippe Lavieille
Face à nous, un sanglier, qui se balade, comme si nous n’étions pas là. /LP/Philippe Lavieille  

Une fois le pique-nique englouti, nous passons la barrière et nous nous enfonçons au milieu des arbres. Les brindilles craquent sous les pas. Puis un cri fend le silence. Long, guttural, entre un âne qui braie et une vache qui meugle. Drôle de façon de draguer. Mais c'est bien ça. Nous sommes en pleine période du brame du cerf. Des silhouettes se dessinent. Impossible de les rater. La harde de biches est là et le cerf tourne autour, comme pour les rassembler. Magique.

« Il agit comme un chien de berger, explique-t-on aux enfants après avoir un peu étudié la question. Il guette les autres mâles qui voudraient prendre sa place et vérifie qu'aucune biche ne s'écarte du groupe. C'est pour cela qu'il brame. » Les enfants accélèrent le pas pour se rapprocher. C'est si tentant ! Mais ça ne pardonne pas. Les biches s'éloignent en trottinant. Le monde sauvage est bien décidé à le rester.

Des arbres plus vieux que les parents !

Une harde de biches./LP/Philippe Lavieille
Une harde de biches./LP/Philippe Lavieille  

Mais la forêt regorge d'autres surprises. Noé, 4 ans, est passé à autre chose. C'est qu'ici, il y a de quoi enrichir sa collection de bâtons. Qui se transforment illico en épées de pirate. Les deux filles courent vers un arbre tombé au sol. « On fait de la poutre », lancent-elles. Qui a dit qu'on s'ennuyait en forêt ? Puis, le long d'un sentier, on apprend à calculer l'âge d'un arbre, avec une souche, en comptant les cernes du bois. « 43 ans ! Il est même plus vieux que vous, les parents ! » s'écrie Tilda, 7 ans.

Un parcours suspendu dans les arbres offre une autre perspective sur le massif. Au bout de chaque passerelle, une guérite et des informations sur la vie de ces géants verts. « Vous saviez que l'arbre le plus vieux du monde avait plus de 9000 ans ? Et le plus gros, c'est le baobab, il peut faire plus de vingt mètres de circonférence ! », lit-on attentivement.

Immersion totale dans le vert. Paris semble très loin. « Un après-midi ici, c'est encore plus efficace qu'un week-end entier pour recharger les batteries », lance Laure. A une centaine de mètres de nous, dans une clairière, des biches font une halte. « Des promeneurs, oui, on est habitués », semblent-elles penser. Il est temps de rentrer. Noé s'arrête devant un arbre au tronc imposant. L'air songeur : « Maman, ça, c'est un baobab ? »

Espace Rambouillet, route du Coin-du-Bois, Sonchamp (Yvelines). De 10 à 15 euros. Ouvert du mardi au dimanche de 10 heures à 18 h 30. Rens. : espacerambouillet.fr