Humour : Maxime Gasteuil, un (drôle de) provincial à Paris

Girondin installé dans la capitale depuis 2011, l’humoriste à l’affiche du Théâtre de la tour Eiffel publie «Le Guide du provincial à Paris». Savoureux.

 Maxime Gasteuil, humoriste venu de Gironde, sort «Le Guide du provincial à Paris».
Maxime Gasteuil, humoriste venu de Gironde, sort «Le Guide du provincial à Paris». LP/Philippe de Poulpiquet

Il n'a pas oublié la date. Maxime Gasteuil, gamin de Saint-Emilion (Gironde), a débarqué à Paris le 2 septembre 2011. Premier choc : l'arrivée à Montparnasse. « J'étais choqué par sa taille, on a l'impression que c'est un centre commercial de province, pas une gare », témoigne rétrospectivement l'humoriste qui publie, neuf ans après, « Le Guide du provincial à Paris ». De bonnes adresses, une liste de pièges à éviter, pas mal de vannes… « En gros, c'est le livre que j'aurais aimé avoir quand je suis arrivé », se marre Maxime Gasteuil.

A l'époque, il ne rigole pas trop. Lui qui, à 22 ans, « monte » à Paris des rêves de gloire plein ses bagages - « dans ma tête, j'étais Gad Elmaleh » - se fracasse à la réalité d'une vie parisienne frénétique et anonyme. « La vitesse, le rythme, tu as l'impression que personne ne va t'aider. Tu es dans ton délire tout seul, comme quand tu lèves la main à l'école et que le prof ne te calcule pas. »

Des débuts chaotiques, engoncés dans le « clic-clac » du 28 mètres carrés de son cousin, qui ont forgé son caractère. Et lui ont finalement ouvert les portes du succès. « Ces six premiers mois ont fait de moi l'artiste que je suis », constate Maxime Gasteuil. Car après des années de galère à jouer devant « 3, 5, 10 spectateurs payants », c'est lorsqu'il réécrit son spectacle en zoomant avec talent sur les différences Paris-province qu'il décroche la timbale. Résultat : actuellement à l'affiche du Théâtre de la tour Eiffel où il a été prolongé, il s'offrira l'an prochain une tournée des Zénith partout en France.

Les Parisiens, d'anciens provinciaux

Dans son « Guide du provincial à Paris », l'humoriste adapte la recette gagnante de son show - offrir un savoureux jeu des sept différences (voire plus !) entre la capitale et le reste du pays - en y ajoutant ses coups de cœur parisiens. « Des adresses où on me croise moi et mes potes, des adresses qui me ressemblent, souvent tenues par des provinciaux à Paris. » Transports, immobilier, restaurants… L'ouvrage s'amuse des clichés qui collent à la peau des « Parigots » prêts à mettre 20 euros pour « une paella froide » (sa traduction du fameux poke bowl).

Le cliché qui lui rappelle le plus ses premiers pas parisiens ? « La froideur des gens. Quand tu demandes quelque chose dans la rue, limite on te répond : J'ai pas de monnaie, sans regarder à quoi tu ressembles », se souvient-il. Mais les étiquettes, avec le temps, s'estompent. « On se victimise beaucoup, nous les provinciaux, on pense qu'on n'est pas assez bien pour les Parisiens, qu'ils nous voient comme des bouseux mais c'est juste des mecs avec qui il faut briser la glace parce que, dans cette ville, tout le monde est un peu dans sa bulle. »

Surtout, les Parisiens sont bien souvent d'anciens… provinciaux. Qui deviennent, à leur tour, des Parisiens plus vrais que nature et ont un mal fou à passer le périph. « Ça, c'est vrai, rigole Maxime Gasteuil. Le provincial, il est très casanier. Quand il trouve un écosystème qui lui va, son petit arrondissement, il n'en sort plus après ! » Alors, se sent-il aujourd'hui plus parisien ou provincial ? « Il y a une phrase d'une chanteuse qui dit : Pas vraiment d'ici, plus vraiment de là-bas… Je suis un peu entre deux mondes et je me sens bien comme ça. » Prochaine étape : écrire un guide… du Parisien en province.

«Le Guide du provincial à Paris», de Maxime Gasteuil (avec Benjamin Demay et Edouard Pluvieux), Editions Michel Lafon, 142 pages, 14,95 euros.

«Maxime Gasteuil arrive en ville», spectacle du lundi au samedi soir à 21 heures au Théâtre de la tour Eiffel (Paris VIIe), à partir de 21 euros.