«Pablo Ibar : une vie en sursis», vrai coupable ou erreur judiciaire ?

Proposée à partir du 16 février sur Polar+ dans son cycle «erreurs judiciaires», cette mini-série espagnole raconte le long combat d’un condamné à mort pour prouver son innocence.

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 Le comédien Miguel Angel Silvestre («Sense8», « Narcos ») prête ses traits à Pablo Ibar, condamné pour meurtre en 1994.
Le comédien Miguel Angel Silvestre («Sense8», « Narcos ») prête ses traits à Pablo Ibar, condamné pour meurtre en 1994. Diego López Calvin

Quarante-cinq minutes plus tôt, Pablo Ibar était un parfait inconnu. Nous voilà pourtant à pianoter fébrilement le nom du personnage principal de cette mini-série espagnole, fiction diffusée à partir de mardi 16 février sur Polar + et disponible sur MyCanal, dans le moteur de recherche. Il existe. Cet homme, aujourd'hui âgé de 48 ans, a bien été condamné à mort en 1994. La série raconte en quatre épisodes le long combat qu'il mène toujours pour prouver son innocence. « Une vie en sursis » : le titre est bien choisi.

On le découvre à 22 ans, sous les traits du comédien Miguel Angel Silvestre ( « Sense8 », « Narcos »). Il est jeune, il est beau, il a la vie devant lui. Pablo Ibar va passer une semaine chez sa mère, à Miami (Floride). Certes, il fréquente des petits malfrats, mais ce ne sont que des amis d'enfance encombrants. Lui aspire à une carrière de sportif, interrompue temporairement, croit-il, à cause d'une vilaine blessure. Il rencontre Tanya et se prend à rêver d'une vie d'amour dans cette ville où la violence des gangs gangrène tout. Rapidement, derrière l'écran, on se dit : attention Pablo, terrain glissant.

Inculpé pour un triple meurtre

On a envie de lui crier : va-t'en ! Retourne chez ton père, dans le froid du Connecticut ! Quitte cette station essence où tu tentes de gagner ta vie et repars jouer à la pelote basque ! Peine perdue. Le voilà inculpé pour le triple meurtre de Casimir Sucharski, gérant de discothèque, et de deux jeunes femmes. Sur place, rien n'incrimine Pablo Ibar : ni l'ADN retrouvé sur la chemise du meurtrier ni les empreintes.

De son côté, le jeune homme assure avoir passé la nuit avec Tanya, ce que cette fille de bonne famille confirme. Seule preuve au dossier : une vidéo de mauvaise qualité sur laquelle apparaît furtivement le visage de quelqu'un qui pourrait être lui. On assiste, impuissants, à ce qui ressemble à de multiples erreurs d'appréciation, des raccourcis, des confusions. Pablo Ibar est conduit dans le couloir de la mort.

Comme pour insister sur le temps qui passe, chaque épisode est introduit par une courte vidéo d'archives. Bill Clinton assure aux Américains qu'il compte restaurer leur sentiment de sécurité. George W. Bush jure solennellement qu'il préservera, protégera et défendra la Constitution des Etats-Unis. Barack Obama se recueille en silence. Donald Trump promet un mur pour lutter contre l'immigration. Les présidents se succèdent, Pablo Ibar reste incarcéré.

La justice n'a pas encore rendu son dernier verdict. Dans la réalité, Pablo Ibar attend un quatrième procès. Il a bien quitté le couloir de la mort en 2019, quand sa peine a été commuée en prison à perpétuité, mais il est toujours derrière les barreaux. Voilà vingt-sept ans qu'il clame son innocence. Pendant que le générique de fin défile sur l'écran, on ne peut s'empêcher de penser… Et si c'était vrai ?

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LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

« Pablo Ibar : une vie en sursis », mini-série espagnole de Carlos Marques-Marcet (2019, avec Miguel Angel Silvestre, Marise Álvarez, Ramón Agirre... 4 épisodes de 45 minutes. Sur Polar+ mardi 16 et 23 février à 20h50, samedi 27 février à partir de 17h05, et sur MyCanal à partir du 16 février. Déconseillé aux moins de 10 ans.