«La seule série française qui me fait délaisser Netflix» : Alex Hugo les rend accros

Cette série policière française sur France 2, diffusée ce mercredi (21h05), raconte les aventures d’un enquêteur sympathique qui a quitté Marseille pour les montagnes. Depuis 2014, elle enchaîne les cartons d’audiences.

 En 2014, le premier épisode d’Alex Hugo a attiré 4 millions de téléspectateurs. Cette saison, la moyenne monte à 6,2 millions.
En 2014, le premier épisode d’Alex Hugo a attiré 4 millions de téléspectateurs. Cette saison, la moyenne monte à 6,2 millions. François Lefebvre

« C'est la liberté cette série! Les paysages montagnards me rassérènent en cette crise sanitaire. Je reconnais des endroits où je suis allée en vacances et je m'évade », s'enthousiasme Caroline, adjointe administrative. Depuis 2014, la cinquantenaire ne loupe pas un épisode de sa série préférée « Alex Hugo » sur France 2. Chaque mercredi, Caroline suit les aventures de cet enquêteur qui a quitté Marseille pour Lusagne, un village imaginaire perdu en montagne. Et elle n'est pas la seule : le programme enchaîne les cartons d'audiences. Comme Caroline, les téléspectateurs sont nombreux à tomber sous le charme d'Alex Hugo, ce policier sympathique incarné par Samuel Le Bihan.

En 2014, le premier épisode a attiré 4 millions de téléspectateurs. Cette saison, la moyenne monte à 6,2 millions. « Les rediffusions et les inédits ont autant de succès », assure la chaîne. « C'est la seule série française qui me fait délaisser Netflix », observe Anaïs, 26 ans. Caroline, elle, ne regarde d'habitude aucune série. « Alex Hugo me paraît différente. Normalement, si tu loupes un épisode, tu perds le fil. Pas là car chacun correspond à une histoire et j'adore ça ! »

Delphine Wautier, la productrice, a eu l'idée de cette trame en lisant un roman d'un écrivain américain disparu en 1982, Richard Hugo. « Il évoque un enquêteur avec une forte empathie. J'ai aussi voulu renouer avec les westerns et les grands espaces. Cela devait être un simple téléfilm mais le premier volet a trouvé son public alors on a continué. »

« Alex Hugo, c'est un gros nounours »

La recette fonctionne. Les fans n'ont que le mot « paysage » à la bouche pour cette série tournée dans les Hautes-Alpes. « Quand j'en ai entendu parler, j'ai pensé : une énième série policière et puis j'ai vu les plans sublimes des sommets. C'était magique », se souvient Nicolas, artisan de 38 ans. Le cœur des téléspectateurs balance aussi pour le personnage d'Alex Hugo. Un « monsieur tout le monde », résume Eric, directeur d'administration. Mais un « sensible » parmi les durs à cuire de l'univers policier.

« C'est un gros nounours, s'exclame affectueusement Caroline. Lorsque des souvenirs de son enfance lui reviennent, on comprend qu'il est à fleur de peau. Il n'est pas machiste et véhicule des valeurs que j'essaie de transmettre à mes enfants. » Nicolas abonde : « Il joue l'assistante sociale alors on se sent proche de lui. Et comme de nombreux Français, c'est mon rêve de vivre en montagne. »

Le milieu urbain et la violence sont ici inexistants. Une atmosphère bienveillante qui séduit Caroline : « Il n'y a pas de détails sordides ou de gros plans lors des autopsies. Dans Engrenages, il y a trop d'actions, je m'y perds. Ici l'authenticité vient de sa lenteur. » Pour autant, de l'islam radical aux migrants, la production rebondit sur l'actualité. « Cela me permet d'aborder ces sujets avec ma fille par un biais agréable », remarque Eric qui partage chaque épisode avec Juliette, 12 ans.

«Une masculinité non toxique»

Pour Geneviève Sellier, professeure en études cinématographiques, « Alex Hugo » s'inscrit dans une tradition de mise en valeur du patrimoine rural propre au service public. « Alex Hugo incarne une masculinité non toxique contrairement à certains rôles de séries policières comme Braquo. Ce père idéal, ainsi que la commissaire incarnée par Maryline Canto, féministe qui ne s'en laisse pas conter, séduisent un public majoritairement féminin. » Seul bémol : l'alternance d'inédits et de rediffusions. « On en produit seulement quatre par an parce qu'on se confronte à des situations climatiques extrêmes », justifie Delphine Wautier. Pour d'autres, cette programmation alternée fonctionne : « Du coup, je regarde aussi les rediff même si je les ai déjà vus dix fois », rigole Caroline.