«Je te promets» sur TF1 : dans les coulisses de l’adaptation réussie de «This Is Us»

La nouvelle série de TF1, qui démarre ce lundi à 21h05, est la version française de l’Américaine «This Is Us». Une fiction familiale forte et subtile qui traverse l’Atlantique avec brio.

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 La série «Je te promets» suit le quotidien d’une famille sur quarante ans.
La série «Je te promets» suit le quotidien d’une famille sur quarante ans.  Authentic Prod/TF1/Jean-Philippe Baltel

On l'attendait au tournant. Avec « Je te promets », TF1 adapte l'excellente série américaine « This Is Us ». Cette fiction, sur une famille soudée autour de différents drames au fil des quarante dernières années, préfère miser sur l'humanité des personnages que sur une quelconque intrigue policière. En reprenant la trame d'origine et en la plaçant dans un contexte français, cette nouvelle série, qui démarre à 21h05 ce lundi, touche au cœur et sa réussite ne doit rien au hasard.

Une équipe de passionnés. « J'ai découvert This Is Us à un moment de ma vie particulièrement difficile et cette série m'a consolée. J'ai tout de suite eu envie de l'adapter en France pour partager cette histoire », se souvient Aline Panel, la productrice. « Nous avions tous les deux adoré la série d'origine, assure également Brigitte Bémol, directrice d'écriture avec son acolyte Julien Simonet. Elle est magique, parce qu'elle divertit en même temps qu'elle réconforte et rassemble. Le défi pour nous, c'était de garder l'âme de la série, et ensuite y trouver notre espace de création, en y injectant nos névroses françaises. »

Un travail de titan. « Nous avons d'abord tout reposé à plat parce que nous n'avons que douze épisodes pour cette première saison contre dix-huit dans la version américaine, souligne Julien Simonet. On part donc de la même base, puis on condense, on prend d'autres chemins pour arriver au même endroit. »

Afin d'obtenir le résultat final, le duo de directeurs d'écriture a collaboré avec d'autres auteurs. « On a eu la chance de pouvoir les choisir », s'enthousiasme Julien Simonet. « Comme on connaissait des choses de leurs vies, on leur a confié des épisodes où il y avait des résonances avec leurs expériences personnelles », précise Brigitte Bémol.

Des personnages qui nous reflètent. Un beau gosse qui ne se sent jamais vraiment légitime, une femme trop grosse qui ne supporte pas son corps, un trader talentueux et noir dans un milieu très blanc… Chaque personnage de « Je te promets » dégage quelque chose auquel on peut s'identifier.

« On parle du sentiment de ne pas se sentir à la bonne place, précise la productrice Aline Panel. On a tous eu cette impression un jour. Ça commence au sein de la famille, puis ça évolue dans la société. » « C'est là que la série est universelle, insiste Brigitte Bémol. On parle d'intégration à tous les niveaux, le message, c'est qu'il ne faut pas avoir peur de la différence de l'autre. »

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Un tableau bien français. Pour Aline Panel, « la grande francisation concerne d'abord les dialogues ». « Nous nous sommes adaptés à la psychologie française qui est beaucoup plus pudique, avec moins de grands discours et davantage d'humour », confirme Brigitte Bémol.

« Le cadre aussi est français dans son contexte global, avec l'élection de Mitterrand par exemple, mais aussi dans le détail, avec les barres chocolatées de l'époque, les jus de fruit en poudre, etc. L'un des personnages est footballeur à l'OM alors que dans This Is Us, il était acteur de sitcoms (NDLR : comédies télévisées), c'est beaucoup plus parlant pour notre public », détaille de son côté Julien Simonet. Et son acolyte de poursuivre : « Le traitement des questions de l'avortement ou de l'immigration post-coloniale nous sont propres. »

Une musique au diapason. Johnny Hallyday, Jean-Jacques Goldman, Renaud, Véronique Sanson… Les grands chanteurs français sont mis à l'honneur au fil de la série. « C'est induit dès le titre. J'ai choisi Je te promets parce que c'est la chanson la plus téléchargée de Johnny et que c'est un artiste intergénérationnel », assure Aline Panel. « Chaque épisode à sa chanson en écho ou en opposition avec ce qui se passe à l'écran, que l'on a sélectionnée dès le scénario », poursuit Brigitte Bémol.

Visages connus et révélations. Tout le travail de création en amont est sublimé par les performances des acteurs. Marilou Berry, Hugo Becker ou encore Camille Lou confirment tout le bien qu'on pensait déjà d'eux. A leurs côtés, Guillaume Labbé (que l'on verra également prochainement sur France 2 dans la série « 30 Vies ») et Narcisse Mame (qui partageait l'affiche avec le précédent dans la série « Trauma », diffusée sur 13eme Rue) brillent également.

Le directeur de casting Gérard Moulévrier, dans le métier depuis près de quarante ans, a mis entre trois et quatre mois à réunir toute la bande de comédiens adultes, épaulé par une autre équipe pour le choix des enfants. Il assure ne pas avoir été influencé par la série américaine qu'il ne connaissait pas.

« On a fait des choix différents. La femme jouée par Marilou Berry, par exemple, n'est pas aussi obèse que celle de This Is Us ». On lui doit notamment la mise en valeur de pépites comme Bass Dhem – « Je le côtoie depuis trente ans, il a vraiment un truc » – ou de Léonie Simaga – « Je l'ai connue au conservatoire, elle a passé six ans à la Comédie-Française ». Difficile d'avoir un préféré tant cette grande famille fictive est convaincante.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4,5/5

«Je te promets», série française adaptée par Aline Panel, Brigitte Bémol et Julien Simonet (2021). Avec Camille Lou, Hugo Becker, Marilou Berry, Guillaume Labbé, Narcisse Mame… Episodes 1 et 2 (sur 12) ce lundi sur TF1 et sur Salto (48 et 53 minutes).