«Doc», «New Amsterdam», «Good Doctor»… le succès en séries des médecins malades

La première saison de la série italienne «Doc» s’achève ce mercredi soir sur TF1. Ses audiences confirment que les héros médecins souffrant eux-mêmes de pathologies touchent d’autant plus les téléspectateurs.

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 La série italienne «Doc» a fédéré jusqu’ici 3,9 millions de fans en moyenne.
La série italienne «Doc» a fédéré jusqu’ici 3,9 millions de fans en moyenne. Lux Vide/Rai Fiction/Sony Pictures

On dit souvent que les médecins font les pires patients. Pourtant, en matière de fiction, l'équation est gagnante. « Dr House » et son diagnosticien atteint à la jambe et accro aux antidouleurs, « New Amsterdam » et son chef souffrant d'un cancer, « Good Doctor » et son chirurgien autiste, « Hippocrate » et son interne opérée du cœur, « Doc » et son urgentiste amnésique… Quel que soit le type de pathologie, les médecins malades sont souvent synonymes de succès dans les séries.

L'italienne « Doc », dont les deux derniers volets de la saison 1 sont diffusés ce mercredi à partir de 21h05 sur TF1, a fédéré jusqu'ici 3,9 millions de fans en moyenne devant les épisodes en direct (18% de part d'audience), un nombre qui grimpe à 4,5 millions en incluant le replay (20% de PDA).

Déjà au début des années 2000, la France avait suivi les derniers mois de Mark Greene, l'attachant chef de service d'« Urgences » et son bouleversant combat contre une tumeur au cerveau inopérable, qui exacerbait son désir de sauver des vies quand même, coûte que coûte, attendant d'être trop atteint pour abandonner ses fonctions, avant de s'éteindre à la fin de la saison 8.

Ce phénomène de soignants frappés, abîmés ou diminués par la maladie est donc loin d'être une nouveauté, comme le rappelle Martin Winckler, médecin, écrivain, traducteur et critique de séries télévisées : « Dès les années 1980, les Anglo-Saxons ont été les premiers à montrer des praticiens confrontés à ce genre de difficultés personnelles qui interfèrent dans leur métier ». Il prend pour exemple sa série fétiche, « St. Elsewhere », « méconnue en France, mais un modèle du genre ».

Le cas de « Doc » aujourd'hui est d'autant plus parlant que la série est inspirée d'une histoire vraie, celle du Dr Pierdante Piccioni, désormais âgé de 61 ans. Pour ce dernier, le succès de la fiction est intimement lié à la situation de son héros : « Le fait que ce docteur soit un patient, cela permet au public de s'identifier plus facilement. Il n'est plus dans la catégorie du médecin superhéros. Comme il est aussi du côté des victimes, il n'en est que plus humain. »

«L'hôpital, c'est aussi un peu le miroir de notre société»

C'est justement l'aventure humaine au centre des séries médicales qui séduit Sophie Leveaux, directrice artistique des acquisitions de TF 1, chaîne qui en propose énormément. « L'hôpital est un univers familier, parce qu'on y est tous allé un jour, ou on a des proches qui ont dû y faire un passage. C'est aussi un peu le miroir de notre société. On trouve dans les différentes séries médicales des personnages forts et des thèmes auxquels nous sommes attachés à TF 1 comme le dépassement de soi, la confrontation de points de vue différents, les questions sociétales politiques et éthiques qui nous animent… Avec Doc et son point de départ original – le médecin amnésique qui continue d'exercer tout en étant patient – on pousse beaucoup de curseurs psychologiques et émotionnels qui en font sa réussite. »

Et la responsable de souligner qu'en général « un médecin représente toujours une certaine autorité qui peut induire de la distance avec les malades comme avec les téléspectateurs. Dès lors que celui-ci passe du côté des patients, cette distance n'existe plus. »

Une dimension pédagogique

Ces dernières années, les séries médicales sont de plus en plus audacieuses dans l'exposition et la nature des pathologies dont les héros sont atteints. Ce parti pris donne alors à la fiction une vraie dimension pédagogique destinée à changer les regards. Le grand public est ainsi mieux à même de comprendre la difficulté d'un professionnel malade à trouver sa place au travail et dans la vie quotidienne.

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C'est le cas de Shaun Murphy, le jeune chirurgien surdoué de « Good Doctor » atteint du syndrome d'Asperger. De son côté « Black Box », série britannique de 2014 à découvrir sur Amazon Prime Video, décrit avec réalisme ce que vit une soignante atteinte de bipolarité. Mais le chouchou de Martin Winckler reste le cas du Dr Grégory House. Il aime ce fort en gueule caustique, qui, même rongé par le handicap physique et une sévère toxicomanie, n'en reste pas moins génial. « Ces séries médicales sont en tout cas très réalistes et écrites avec l'aide de spécialistes », précise ce fin connaisseur.