Disney+ : «WandaVision», une sitcom avec des super-héros d’«Avengers»

Diffusée à partir de vendredi, la série tirée de la saga de Marvel, consacrée aux personnages de Wanda et Vision, prend une forme étonnante de feuilleton à l’ancienne. Et c’est très réussi.

 Elizabeth Olsen et Paul Bettany reprennent respectivement leurs rôles de Wanda Maximoff et Vision, découverts dans la saga «Avengers».
Elizabeth Olsen et Paul Bettany reprennent respectivement leurs rôles de Wanda Maximoff et Vision, découverts dans la saga «Avengers». Marvel Studios

Les fans vont avoir une sacrée surprise. Ils avaient pleuré en 2019, au terme d' « Avengers : Endgame » – film le plus rentable de l'histoire du cinéma –, la disparition de plusieurs super-héros, parmi lesquels Vision, cet être de synthèse aux pouvoirs étonnants, dont la compagne, Wanda Maximoff, était dévastée. Le film marquait la fin de la phase 3 du « MCU », univers cinématographique Marvel dont la première période avait débuté en 2008 avec « Iron Man ». La phase 4 démarre ce vendredi sur Disney + avec une série étonnante et très attendue, « WandaVision », dont les héros ne sont autres que Wanda et Vision, respectivement interprétés par Elizabeth Olsen et Paul Bettany, et qui prend la forme d'une… sitcom.

Alors, comment Vision a-t-il pu ressusciter, et pourquoi Wanda, héroïne d'ordinaire dépassée par ses pouvoirs immenses et tiraillée entre ses côtés lumineux et sombres, semble-t-elle désormais afficher une bonne humeur proche de l'extravagance ? Les réponses seront sans doute dévoilées au terme des 9 épisodes de la mini-série, mais après avoir vu les trois premiers, on parie sur la théorie que Wanda a en fait créé, grâce à ses pouvoirs, un univers parallèle où elle fait revivre Vision et fabrique de toutes pièces une vie de famille idéale et sans accrocs, même si des événements issus du monde réel viennent perturber ce fantasme…

Mais ce qu'il y a de plus intéressant dans « WandaVision », c'est la forme choisie, celle d'une sitcom qui varie au fil des décennies. Tournés dans les conditions exactes des feuilletons télé à l'ancienne, les épisodes font évoluer les personnages dans les années 50, puis 60, puis 70, en reprenant tous les codes de la télé de chaque époque. Rires enregistrés des spectateurs, cadre standardisé d'une banlieue pavillonnaire américaine, bigoudis, puis cheveux lissés, coupes hippies et pantalons pattes d'éléphant, tout y est, appuyé par des références évidentes aux grands feuilletons des différentes décennies, comme « Ma Sorcière bien-aimée ». Avec, à chaque épisode, une perturbation, un glissement, une anomalie qui viennent réancrer le show dans l'univers fantastique et violent des super-héros Marvel.

Menacée par ses propres dérangements psychologiques

Faire évoluer la sombre Wanda et l'étrange Vision sous cette forme s'avère sidérant, et relève d'une idée qui fait sens, comme le souligne Elizabeth Olsen, tant elle colle parfaitement au personnage de Wanda Maximoff. Créée dans un comic book Marvel en 1964 par le duo historique de la firme, Stan Lee et Jack Kirby, celle que l'on appelle aussi « la Sorcière rouge » (Scarlet Witch en version originale ) a toujours fait preuve depuis de dualité. Fille du mutant Magnéto – à ce titre, elle est le personnage qui fait la liaison entre les sagas « X-Men » et « Avengers » –, tirant ses immenses pouvoirs de l'énergie d'un démon fréquenté lorsqu'elle était enfant, elle a été, avec son frère Quicksilver, détournée du Mal et enrôlée dans les Avengers par Captain America. Mais, dans « House of M », BD qui se déroule dans un univers parallèle, la mort de son jumeau – évoquée dans la série – perturbe la bonne santé psychique de Wanda.

Ces événements tirés des comics – la création d'un univers parallèle et la mort de proches – semblent nourrir la trame de « WandaVision » ainsi que sa forme : la sitcom permet de montrer une héroïne vivant dans un monde irréel tant il est codé et paraît idyllique, cadre parfait pour faire évoluer une Wanda heureuse – beaucoup trop –, mais menacée par ses propres dérangements psychologiques. Dans tous les cas, la Sorcière Rouge a trouvé son interprète idéale avec Elizabeth Olsen, aussi à l'aise dans le jeu exagéré propre aux sitcoms que lorsqu'il s'agit de faire ressentir les blessures et la violence inhérentes à son personnage…

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

DISNEY +. «WandaVision », série de Jac Schaeffer et Kevin Feige (2020), avec Elizabeth Olsen, Paul Bettany… 9 épisodes de 30 minutes environ. A partir de ce vendredi