«Big Mouth» sur Netflix : la sexualité des ados en dessins et sans tabous

Cette série d’animation pour adultes met en scène des collégiens qui découvrent la sexualité. Trash et très drôle.

 Des personnages imaginaires peuplent la série  « Big Mouth » comme le « monstre hormonal », une créature qui pousse les ados à n’écouter que leur désir naissant.
Des personnages imaginaires peuplent la série « Big Mouth » comme le « monstre hormonal », une créature qui pousse les ados à n’écouter que leur désir naissant. Prod

« Le pénis de ton père est ma pantoufle de vair » « Et tu es ma Cendrillon »… Voilà comment se parlent les parents du héros de « Big Mouth » devant les yeux - exorbités - de leur fils de 13 ans. Osé? Embarrassant? Déroutant? Oui, tout cela à la fois, comme l'est la découverte de la sexualité à l'adolescence. C'est le sujet de cette série d'animation américaine pour adultes, diffusée sur Netflix. Une fiction dans la lignée de « South Park » : trash, provocatrice… et hilarante.

« Big Mouth » met en scène des pré-ados en pleine explosion hormonale, dans un collège situé près de New York. A travers des épisodes de 27 minutes, Nick, Andrew, leurs copains et copines font connaissance avec la masturbation, les règles, les premiers flirts ou la bisexualité. Ses créateurs Nick Kroll et Andrew Goldberg, deux amis d'enfance devenus quadragénaires, assurent que « Big Mouth » est autobiographique. Mais pour imaginer cette série, née en 2017, ils ont insufflé dans leurs souvenirs une bonne dose d'excès et de fantaisie.

Un cours d'éducation sexuelle décomplexé

Des personnages imaginaires peuplent cette fiction, comme le « monstre hormonal », une créature qui pousse les ados à n'écouter que leur désir naissant. Et, entre deux chansons délirantes, apparaissent les fantômes d'Elizabeth Taylor, de Whitney Houston ou de Duke Ellington - ce dernier conseille Nick sur sa vie sentimentale en prenant exemple sur sa propre vie dissolue. Certains objets ou organes des personnages prennent vie eux aussi : ainsi le vagin de Jessi explique-t-il à l'adolescente comment fonctionnent son clitoris, ses grandes et ses petites lèvres, tandis que l'oreiller de Jay tombe enceinte (si, si…) à force de subir les assauts de son propriétaire.

Les épisodes sont parfois très crus, comme celui où une bande de garçons joue à éjaculer sur des crackers… Mais en plus d'être vraiment drôle, « Big Mouth » parle avec pertinence de l'amitié, du plaisir ou de la honte de soi à l'adolescence. Si l'on ne peut décemment pas conseiller cette série aux moins de 16 ans, les aventures de Nick et Andrew offrent aux autres, en quatre saisons et quarante et un épisodes, un cours d'éducation sexuelle joyeusement décomplexé.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«Big Mouth», série d'animation américaine créée par Nick Kroll, Mark Levin et Andrew Goldberg. Quarante et un épisodes de 27 minutes chacun.