«Away», «Space Force», «l’Etoffe des héros» : les plates-formes visent les étoiles

Netflix, Disney +, OCS et autres proposent de plus en plus de contenus en rapport avec la conquête spatiale. Des séries notamment, historiques ou d’anticipation, où les créateurs s’en donnent à cœur joie.

 Hilary Swank dans la série « Away », d’Andrew Hinderaker.
Hilary Swank dans la série « Away », d’Andrew Hinderaker. Netflix/Diyah Pera

« L'Etoffe des héros » qui se décline en série sur Disney +, « Away » qui imagine la première mission vers Mars sur Netflix ou même « Missions » sur OCS qui, avant de basculer vers une intrigue fantastique, met en scène un équipage européen en direction de la planète rouge… Pas de doute, ces derniers temps la conquête spatiale passionne de nouveau les créateurs.

« Cet engouement est dû à la combinaison de plusieurs facteurs, souligne Olivier Sanguy, rédacteur en chef de l'actualité spatiale à la Cité de l'espace de Toulouse. Tout d'abord, les agences, la Nasa en tête, se sont emparées des réseaux sociaux pour faire une communication directe avec le grand public, ce qui a permis aux gens de se réapproprier l'espace. Les plates-formes, comme le cinéma avec Seul sur Mars, First Man ou Proxima, ont senti cette tendance et l'ont exploitée. Ensuite, il y a un phénomène générationnel : les créateurs ou les décideurs d'aujourd'hui sont des personnes qui ont été bercées soit par Apollo, soit par l'ère de la navette spatiale. »

Ce que confirme Julien Lacombe, 41 ans, réalisateur et coscénariste de « Missions » sur OCS : « Le film l'Etoffe des héros, j'ai dû le voir 45 fois ! Quand j'ai grandi dans les années 1980, il y avait un nouvel élan autour de l'espace grâce à la navette spatiale et à tout le terreau de science-fiction post-Star Wars. J'ai été nourri par ça et cette fascination se retrouve dans les productions des hommes et des femmes de ma génération. »

Des astronautes pas si lisses

Une production prolifique qui trouve aussi sa source dans la nature même du sujet. « Tout ce qui a trait à l'inconnu fascine. Rêver d'ailleurs, c'est souvent le corollaire d'un monde où les choses ne vont pas très bien, pense Julien Lacombe. Le nôtre est assez anxiogène, cette année évidemment mais depuis un certain temps entre le réchauffement climatique ou la montée des nationalismes. Regarder vers les étoiles, c'est une promesse de territoires nouveaux. »

De plus, la fiction permet de mettre en scène des personnalités plus hautes en couleur que dans la réalité. « Très généralement, les astronautes représentés à l'écran ont toujours des problèmes qui sont improbables pour de véritables équipages, poursuit le scénariste et réalisateur. Jamais des gens avec des états d'âme aussi exacerbés ne seraient sélectionnés pour une vraie mission spatiale. »

«L’Etoffe des héros» revient sur les débuts du programme spatial américain. /National Geographic/Gene Page
«L’Etoffe des héros» revient sur les débuts du programme spatial américain. /National Geographic/Gene Page  

Côté inspiration, avec le recul, les premiers programmes spatiaux prennent une nouvelle dimension. « A l'époque, l'astronaute était avant tout un porte-drapeau. Il fallait gommer toutes les aspérités dans la communication : ils étaient présentés comme des hommes parfaits et lisses alors qu'ils avaient de grosses personnalités, rappelle le journaliste Olivier Sanguy. Le temps passant, on redécouvre des anecdotes et on met au jour tout un côté humain. »

La fiction permet enfin de prendre un temps d'avance sur la réalité avec la féminisation des équipages et un côté de plus en plus international. « Pour Missions, avoir une équipe européenne, c'était une nécessité pour la crédibilité, car un équipage 100 % français, personne n'y aurait cru, assure Julien Lacombe. J'imagine que pour Away (NDLR : avec une Américaine, une Chinoise, un Indien, un Russe et un Britannique d'origine ghanéenne) cela permet de parler à des publics du monde entier. En tant que scénariste, ce côté international, où les différences culturelles sont sources d'oppositions, c'est du pain bénit. »

Pour vous envoler dans l’espace

SUR NETFLIX

« Away », emmenée par Hilary Swank qui quitte ses proches pour une mission spatiale de trois ans en direction de Mars (10 épisodes de 44 à 57 minutes chacun.)

« Space Force » : la relance du programme spatial américain de nos jours, vue de manière comique avec Steve Carell (10 épisodes de 27 à 36 minutes chacun).

« Le dernier vol de la navette Challenger » : série documentaire sur la catastrophe de 1986 (4 épisodes de 41 à 52 minutes chacun).

SUR APPLE TV +

« For All Mankind », série qui réinvente l’histoire en imaginant que les Russes ont devancé les Américains sur la Lune en 1969. La conquête spatiale n’en est que renforcée, exacerbant la course entre les deux pays pour conquérir plus durablement le satellite de la Terre (10 épisodes de 48 à 76 minutes chacun).

SUR OCS

« Missions », une série fantastique où la conquête de Mars se mue en expédition qui questionne la place de l’humanité sur Terre (2 saisons, 20 épisodes de 19 à 26 minutes chacun).

SUR DISNEY +

« L’Étoffe des héros », série tirée du film de 1983 et du livre de Tom Wolfe sur les débuts du programme spatial américain (6 épisodes disponibles sur 8, de 45 à 53 minutes chacun). Une histoire vraie également revisitée par le documentaire « Derrière l’étoffe des héros », qui s’appuie sur des archives officielles et personnelles. En ligne le 20 novembre (89 minutes).