Reconfinement : pour Riad Sattouf, «les livres sont un produit de première nécessité»

Beaucoup d’écrivains, à l’image de l’auteur de « L’arabe du futur », appellent à soutenir les librairies contraintes de fermer.

 Les parisiens se sont précipités dans les librairies jeudi 29 octobre 2020, dernier jour d’ouverture pour les librairies avant le confinement.
Les parisiens se sont précipités dans les librairies jeudi 29 octobre 2020, dernier jour d’ouverture pour les librairies avant le confinement. LP/Delphine Goldsztejn

La fermeture des libraires n'est pas qu'un drame pour les libraires. Toute la chaîne du livre est concernée à commencer par les auteurs qui étaient nombreux jeudi sur les réseaux sociaux à dénoncer ce baisser de rideau. Des peu connus du grand public mais aussi des stars comme Riad Sattouf, Joann Sfar ou l'écrivaine Tatiana de Rosnay dont le précédent roman « Les fleurs de l'ombre » sorti le 12 mars, veille du premier confinement, ne s'est jamais remis de cette situation…

En fin de matinée, l'autrice d'« Elle s'appelait Sarah » postait sur les réseaux sociaux une photo d'elle et sa fille, les mains pleines de livres. « Je comprends les mesures prises par le gouvernement et je ne suis pas une anti-masque, annonce-t-elle d'emblée. Il n'empêche, je suis vraiment triste aujourd'hui. » Triste pour ses « amis libraires » qui, rappelle-t-elle, ont déjà traversé une « période très très difficile entre mars et mai et commençaient à retrouver le moral car depuis cet été car les gens sont retournés massivement en librairies ».

Aujourd'hui, plus que jamais il faut acheter des livres, insiste Tatiana de Rosnay « En mars dernier, je me suis offert tous les Rougon-Macquart d'Émile Zola, soit 20 romans et c'est une relecture extraordinaire », se souvient-elle. « C'est bien simple, sourit l'autrice. Zola a sauvé mon confinement ! ». En attendant des jours plus gais, elle rappelle qu'on pourra commander son livre sur le site des librairies, « et surtout pas sur Amazon », et aller le récupérer en respectant les normes sanitaires.

« Levez la main si vous voulez que les librairies restent ouvertes ». Tagué au président Emmanuel Macron, au Premier ministre Jean Castex, à Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, Bruno Lemaire, ministre de l'Économie et à Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, ce tweet est dessiné et signé Riad Sattouf. « J'ai décidé de soutenir les librairies, car j'y passe le plus clair de mon temps, que ce sont mes endroits préférés au monde et que je pense que les livres sont un produit de première nécessité », nous explique l'auteur du tome V de « L'arabe du futur » qui doit sortir jeudi.

Pour Riad Sattouf, les grands sites de vente en ligne étant ouverts, une librairie indépendante qui souhaite continuer doit pouvoir le faire ! « Pourquoi les tabacs et presses ouvriraient-ils et pas les librairies ? Pourquoi pourra-t-on à partir de lundi acheter des livres dans une grande surface et pas chez son libraire de quartier ? Les protocoles sanitaires sont désormais au point ! » Et Riad Sattouf de rappeler qu'il doit le succès de ses livres aux librairies indépendantes qui l'ont « tellement soutenu à ses débuts ! »

Autre star de la bande dessinée, Joann Sfar a, dès l'annonce du gouvernement mercredi soir, posté sur son compte Instagram une dizaine de dessins pour exprimer son indignation, tout en allant se balader dans différentes librairies parisiennes avec des commentaires cinglants : « Ces moments où l'on nous explique que les livres ne font pas partie des biens essentiels! » ou encore « Et on prétend vouloir vaincre le fanatisme en reléguant la culture au rang du dispensable. Relisez Churchill, merde! ».