«Quatre mariages et un enterrement» : une série qui fait moins rêver que le film…

La série américaine inspirée de la comédie romantique britannique de 1994 est disponible sur Salto. Sa directrice artistique assume l’éloignement de l’œuvre originale. Une adaptation qui nous laisse mitigé.

 Le seul ADN commun entre le film « Quatre mariages et un enterrement » et la série, c’est qu’on parle d’un groupe d’amis et qu’il y a bien quatre mariages et un enterrement au fil de l’intrigue…
Le seul ADN commun entre le film « Quatre mariages et un enterrement » et la série, c’est qu’on parle d’un groupe d’amis et qu’il y a bien quatre mariages et un enterrement au fil de l’intrigue… MGM

Une œuvre cultissime. Un Hugh Grant jeune et fringant, une Andie MacDowell espiègle et pleine de fraîcheur, et des scènes mythiques dont un dénouement sous la pluie mémorable. « Quatre mariages et un enterrement » est une des comédies romantiques les plus réussies de Richard Curtis, son scénariste qui a également signé par la suite « Coup de foudre à Notting Hill » ou « Love Actually ».

S'attaquer à un tel succès du cinéma pour le décliner en série, désormais disponible en France sur la plate-forme Salto, le défi était de taille. « Quand Mindy Kaling et Matt Warburton, les créateurs de la série, m'ont approchée, j'étais un peu intimidée à l'idée au départ, avoue Tracey Wigfield, productrice, directrice d'écriture et directrice artistique. On voulait vraiment réinventer l'intrigue du film en y incluant de la diversité et un côté moderne séduisant pour le public de 2020. Hugh Grant est spectaculaire dans la comédie romantique d'origine et on ne voulait pas faire reposer la série sur un nouvel homme blanc britannique, on a donc choisi une héroïne afro-américaine, ce qui nous a permis de nous amuser et de faire quelque chose de très différent. En plus, elle tombe sous le charme d'un Britannique d'origine pakistanaise. C'est un moyen de représenter la diversité du Londres d'aujourd'hui. »

Des Américains mais une intrigue à Londres

La série en dix épisodes met donc en scène Maya qui quitte New York pour rejoindre ses amis américains installés dans la capitale anglaise. A l'aéroport d'arrivée, elle tombe sous le charme d'un inconnu lors d'une rencontre fortuite, avant de se rendre compte qu'il est le fiancé de sa meilleure amie qu'elle vient retrouver. « Même si la plupart des personnages principaux sont américains, on souhaitait que l'intrigue se déroule à Londres car cette ville a un côté romantique qui nous rappelle les films de Richard Curtis que j'adore », s'enthousiasme Tracey Wigfield.

L'homme de cinéma est d'ailleurs producteur exécutif de la série. « Il nous a donné sa bénédiction et a suivi régulièrement le processus de création en nous donnant son avis », souligne la scénariste. Les clins d'œil à ses comédies romantiques sont légion dans la série, même si au final cette version de « Quatre mariages et un enterrement » n'a plus vraiment grand-chose à voir avec le film. « C'est tout à fait vrai ! admet Tracey Wigfield. En un sens c'était voulu. A partir du moment où on fait dix épisodes là où le film durait deux heures, on ne pouvait pas faire autrement. Le seul ADN commun, c'est qu'on parle d'un groupe d'amis et qu'il y a bien quatre mariages et un enterrement au fil de l'intrigue. On a aussi essayé de retrouver le ton des films de Richard Curtis. »

Andie MacDowell dans la série

Les fans purs et durs du film risquent d'être déçus. Ils auront toutefois la bonne surprise de retrouver Andie MacDowell, qui a un petit rôle dans la série, sans pour autant reprendre celui qu'elle avait au cinéma. « Quand on a su qu'elle était intéressée pour participer, c'était une belle opportunité et on lui a imaginé un rôle de mère », précise Tracey Wigfield.

On attendait sûrement trop de la série « Quatre Mariages et un enterrement » et le résultat n'est pas déplaisant mais manque vraiment d'originalité. Quelques passages sont bien sentis comme la parodie de la téléréalité « Love Island » et on adore la comédienne Nathalie Emmanuel (Missandei dans « Game of Thrones ») qui prête ses traits à Maya. Pour le reste, les ficelles scénaristiques sont un peu grosses et les rebondissements assez attendus laissant la série dans la catégorie des divertissements légers manquant un peu d'ambition. Les nostalgiques pourront toujours se rabattre sur le film de 1994, lui aussi disponible sur Salto.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 2,5/5

« Quatre mariages et un enterrement », série américaine de Mindy Kaling, Matt Warburton et Tracey Wigfield (2019) avec Nathalie Emmanuel, Nikesh Patel… Dix épisodes de 42 à 52 minutes chacun.