Pour Évreux, il est temps de devenir une ville d’art et d’histoire

La capitale de l’Eure travaille pour obtenir plusieurs labels et surtout une reconnaissance dans son propre département.

 Les élus d’Évreux veulent remettre leur ville et son patrimoine dans la lumière. Ici, la coupole du Théâtre Legendre.
Les élus d’Évreux veulent remettre leur ville et son patrimoine dans la lumière. Ici, la coupole du Théâtre Legendre. #PRESSE30

Avec 47 000 habitants, Évreux (Eure) perd chaque année des habitants. Ses élus admettent que la ville, coincée entre Rouen et Paris, n'a pas l'aura qu'elle mérite. Et pourtant, sa longue histoire et son patrimoine méritent qu'on s'y attarde.

Née à la fin du Ier siècle après Jésus-Christ, Mediolanum Aulercorum sera une place forte et commerciale saccagée par les Vikings en 886, victime de la guerre de Cent Ans, occupée par les Prussiens en 1870 puis par les nazis et encore bombardée en 1940 et 1944. À chacune de ces étapes, elle se relèvera comme en témoigne son bâti flamboyant : des remparts gallo-romains, une cathédrale du Xe siècle, un Palais Épiscopale devenu un musée, un beffroi érigé au XVe siècle, une Maison des arts ou encore le Théâtre Legendre financé en partie par Joséphine de Beauharnais.

Évreux sera aussi le symbole de la résilience grâce à sa reconstruction post-Seconde Guerre mondiale, son attractivité économique et sa base aérienne qui a accueilli les Américains et bientôt 200 militaires allemands ainsi que leurs familles. Alors, pourquoi une telle circonspection ? Est-ce la géographie du département de l'Eure qui ne permet pas l'expression d'un dynamisme avec des villes aussi éloignées et différentes que sont Vernon, Bernay, Pont-Audemer, Louviers ou Gisors ? « En 2016, nous avons décidé de mettre la ville en valeur. Ne plus être une ville de passage et sortir de notre comparaison avec Dreux. Notre but est aussi de se développer », souligne Jean-Pierre Pavon, l'adjoint à la culture et au patrimoine d'Évreux.

Une course en trois étapes

Ainsi, l'équipe municipale s'est lancée dans une course pour décrocher le label Ville d'art et d'histoire fondé en 1985. Il permet aux collectivités de valoriser leur patrimoine, leur architecture et leur cadre de vie. Seules dix villes en Normandie l'ont obtenu et uniquement une seule dans l'Eure, Bernay. « C'est important pour le tourisme. Les visiteurs font des détours pour découvrir ces villes inscrites dans les guides. C'est important aussi pour le développement économique et social. C'est pour cela qu'il comprend le patrimoine historique, l'architecture, la politique culturelle, les actions auprès de la population et le cadre environnemental. C'est un label pour les villes actives et pas les villes-musées », complète l'élu Jean-Pierre Pavon.

Mais, le parcours est long. Il se passe en trois étapes « avec d'abord une présentation et une argumentation, détaille encore l'adjoint à la culture et au patrimoine d'Évreux. Nous attendons le résultat de la Drac à ce niveau. Nous devrons ensuite rédiger et mettre en forme notre dossier de candidature. Et ensuite, il y aura l'édition du rapport final et la défense devant un jury… » Pour ce faire, depuis des années de gros travaux ont été réalisés dans le centre-ville « et avec le CAUE27, nous allons aider à la remise en état des façades et des escaliers des bâtiments de la reconstruction ».

La chasse aux labels

Pour se donner toutes les chances, la ville d'Évreux mise aussi sur ses équipements « comme notre offre d'hôtellerie. On a créé récemment un espace de camping-car. Un deuxième est prévu. Nous voulons aussi mettre l'accent sur l'accueil des congrès. Avec le Cadran, nous avons une des plus grandes salles de Normandie avec 950 places, argumente Jean-Pierre Pavon. Nous misons également sur nos équipements culturels, notamment la Médiathèque de 4 000 m² imaginée par le célèbre architecte Paul Chemekov. Et nous aurons bientôt l'arrivée d'une école d'infirmière. Donc, l'obtention de ce label serait une juste récompense vis-à-vis des efforts déployés ». D'autant qu'Évreux s'est déjà mise en lice pour décrocher le label Architecture contemporaine et celui du Patrimoine de la reconstruction en Normandie.