Normandy beach race, rendez-vous miraculé des passionnés de véhicules anciens

Le rassemblement de véhicules de collection se tient à Ouistreham (Calvados) ces 25, 26 et 27 septembre. L’événement, maintenu en dépit de l’épidémie, attire des milliers de passionnés.

 Le rassemblement de voitures et de motos d’avant 1947 a été maintenu à Ouistreham (Calvados). 300 véhicules exposés, et près de 120 alignés ce samedi et ce dimanche pour les courses sur la plage.
Le rassemblement de voitures et de motos d’avant 1947 a été maintenu à Ouistreham (Calvados). 300 véhicules exposés, et près de 120 alignés ce samedi et ce dimanche pour les courses sur la plage.  LP/Esteban Pinel

Une vieille dépanneuse klaxonne pour se frayer un chemin dans le bourg de Ouistreham. En ce premier week-end automnal, la cité balnéaire est prise d'assaut par des passionnés de toute la France et même au-delà, tous venus admirer les véhicules de collection de la Normandy beach race. La deuxième édition de ce rassemblement d'engins d'avant 1947 a été maintenue, malgré le contexte épidémique.

« Nous accueillons environ 300 véhicules pour l'exposition. Et près de 120 participeront aux courses sur la plage samedi et dimanche », résume une membre de l'organisation. C'est toute la singularité de ce rendez-vous calvadosien : des duels motorisés sur 200 mètres de plage.

Les visiteurs profitent « du bruit, des odeurs et de l’ambiance »/LP/Esteban Pinel
Les visiteurs profitent « du bruit, des odeurs et de l’ambiance »/LP/Esteban Pinel  

Nicolas, un Lillois, a répondu à l'appel avec sa Morgan 3-Wheeler de 1936. « Les mécaniques sont anciennes donc c'est une course éprouvante. J'ai retiré la graisse du moteur pour éviter que le sable ne vienne s'y coller. Mais ça m'amuse. C'est une manifestation atypique, ça ne se rate pas. »

Un Dieu pour les amateurs de voitures de collection

Les visiteurs bravent le spectre du coronavirus pour profiter « du bruit, des odeurs et de l'ambiance », expliquent Pam, Manu et Christian. Ces trois motards, aux masques imprimés de grandes dents, apprécient leur déambulation entre les vieux modèles : « C'est autre chose que le Mondial de l'auto. Ici, il n'y a que de vrais passionnés. Il y a une mentalité fun, tout simplement ».

Les propriétaires qui « bichonnent leur machine » suscitent l’admiration des passants/LP/Esteban Pinel
Les propriétaires qui « bichonnent leur machine » suscitent l’admiration des passants/LP/Esteban Pinel  

Alors que l'épidémie n'épargne pas la sphère des collectionneurs, cet événement apparaît comme une oasis vintage au milieu d'un désert peuplé d'annulations en série. Venu spécialement de Bourges, Geoffroy s'émeut « de retrouver sa famille de passionnés de motos d'époque américaines. J'ai encore vérifié ce matin que ça avait bien lieu. Il doit y avoir un Dieu de la Normandy beach race. On en profite. Ce sera encore plus grandiose que l'année dernière. »

Examen antipollution avant les courses du week-end

Les appareils photos sont de sortie. On pose devant les véhicules, on s'approche pour admirer la mécanique. Au détour d'une allée, on entend les autorités s'assurer, auprès des organisateurs, qu'aucune voiture, aucune moto ne viendra polluer la plage. « On les fait rouler d'abord le vendredi, sur le bitume, pour en être sûr » nous explique-t-on.

De vrais moments d’émotion pour les passants replongés dans le passé./LP/Esteban Pinel
De vrais moments d’émotion pour les passants replongés dans le passé./LP/Esteban Pinel  

Les passants admirent aussi les propriétaires qui « bichonnent leur machine ». Parmi eux, Toon, 83 ans, a vécu un bel instant d'émotion. « Oh, ça c'est la France », s'exclame la vieille dame d'origine belge, devant une moto Terrot de 1932. « Mon père en avait acheté une en rentrant d'Allemagne après-guerre. Je n'en avais plus vu une comme ça depuis. C'est magnifique ! » Toon n'a jamais réalisé son vieux rêve de conduire une moto. Pour se consoler, elle le promet, elle sera aux premières loges devant les courses du week-end.