Sylvie Vartan : «Un 50e album pour mes 60 ans de carrière»

2021 sera son année. Sylvie Vartan va fêter ses 60 ans de carrière avec un 50e album, un nouveau récital, des rééditions, un livre et un documentaire. Confidences exclusives.

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 Paris, vendredi 12 février 2021. Confinée chez elle, la chanteuse Sylvie Vartan en a profité pour préparer un nouvel album qu’elle enregistrera dans un mois.
Paris, vendredi 12 février 2021. Confinée chez elle, la chanteuse Sylvie Vartan en a profité pour préparer un nouvel album qu’elle enregistrera dans un mois. LP/Olivier Arandel

Cheveux attachés par une tresse, lunettes orangées, habillée « sportswear », Sylvie Vartan nous reçoit dans son confinement parisien pour nous dévoiler une année anniversaire exceptionnelle. Pour ses 60 ans de carrière, elle va enregistrer un 50e album qui sortira à l'automne, et coïncidera avec son retour sur scène, en octobre, à Paris puis en tournée. « C'est la quatrième fois que je remets le spectacle, j'espère que ce sera la bonne », avoue-t-elle, avant de nous confier qu' elle aimerait bien se faire vacciner.

En mai, sa maison de disques Sony va rééditer ses disques en vinyle et en streaming, et les éditions XO vont sortir une biographie signée Christian et Eric Cazalot. « Je suis curieuse de lire leur regard sur moi, avoue-t-elle. Il y a même un documentaire qui se prépare. Je profite d'ailleurs du confinement pour regarder mes vidéos sur YouTube, j'en découvre beaucoup. »

Vous vivez entre Los Angeles et Paris. Vous êtes rentrée il y a longtemps ?

SYLVIE VARTAN. Je suis rentrée en septembre dans l'espoir de chanter en octobre. Et cela a été annulé. Depuis, je suis calfeutrée chez moi. Mais je suis de nature confinée… Et je nage dans le bonheur car je prépare beaucoup de choses, à commencer par un nouvel album, que je vais enregistrer dans un mois. Le premier avec de nouvelles chansons depuis huit ans. Ce sera mon cinquantième ! C'est hallucinant !

Vous voulez battre le record de Johnny, qui en a fait 51 ?

(Elle sourit) Oh, je n'essaye pas de battre de record, ni de faire la course. En fait, je n'ai jamais réfléchi en terme de carrière. Au fond, j'ai toujours voulu être artiste, pour garder une âme juvénile, j'ai toujours rêvé de la lumière bleue sur scène, de théâtre et de comédie musicale. Enfant, en Bulgarie, les spectacles ont changé ma vie. Et le temps passant, je me rends compte de la chance, du privilège que j'ai de toujours faire ce que je veux et d'avoir un public fidèle.

La longévité dont rêve tout artiste…

Mon Dieu, ces 60 années sont passées comme un tourbillon. Et cela continue. Je suis toujours pressée. Je me dis qu'il faut que je me calme, mais je ne fais jamais les choses de manière décontractée, tiède, je suis toujours sur la brèche. Je chante pour ne pas me laisser envahir par la mélancolie. Chanter, ça calme, ça fait oublier le quotidien, les difficultés, le chagrin… Cela évite d'avoir un thérapeute.

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Comment a commencé votre carrière ?

Dans le salon d'un hôtel particulier de la rue Baujon, à Paris, en 1961. Je ne peux pas oublier ce premier enregistrement tellement il est incroyable. Ce n'était même pas dans un studio, il y avait juste un micro et un ingénieur du son. Et moi, j'étais au lycée. La chanson s'appelait « Panne d'essence ». C'était un duo avec Frankie Jordan. Mon grand frère Eddy m'avait demandé de sécher mon cours de maths pour enregistrer à la place de Gillian Hills (NDLR : chanteuse des années 1960), qui était prise par un tournage. Cela a duré une ou deux heures. Le disque est sorti, je n'y prêtais pas attention. Et ce fut une telle folie que j'ai dû quitter l'école, je n'ai même pas passé le bac. Ce ne fut pas une boule de neige, ce fut une avalanche. Et le tourbillon a commencé !

Soixante ans plus tard, comment sera votre 50e album ?

Il sera contrasté, mais pas surproduit. Je suis enchantée des chansons écrites par de nouveaux auteurs, Clarika et Jean-Jacques Nyssen, Rose, Joseph d'Anvers, la Grande Sophie, qui m'avait déjà écrit une chanson sur l'album « Soleil bleu »… Les thèmes me sont proches, comme toujours, l'amour, la famille, l'exil, mais écrits de manière très originale, très moderne. J'ai 18 chansons à ma disposition, je n'en ai jamais eu autant!

Y aura-t-il un duo avec votre fils David ?

Oh non, pas pour le moment. Il est dans sa musique, vient de sortir son album… Et moi, je suis surtout sa maman, avant d'être artiste. J'aime chanter avec lui, mais je suis très émotive et j'avoue qu'à chaque fois je suis très émue, comme sur la reprise de « Seras-tu là » (NDLR : de Michel Berger) que j'avais eu du mal à chanter à la télé. J'ai vu David récemment, mais nous sommes tous éparpillés aux quatre coins du monde. Dans cette famille, nous sommes tous des nomades, des Rolling Stones, ce n'est pas facile de nous réunir.

Et comment sera «le récital» ?

Intimiste. Cela fait longtemps que j'avais envie d'être dans un théâtre, l'endroit de ma passion première, et je me vois bien à Edouard-VII. J'y serai entourée de peu de musiciens. Au piano, ce sera mon fidèle ami Gérard Daguerre, avec qui j'ai tourné dans le monde entier. On reprendra « Mon enfance », de Barbara (NDLR : dont Daguerre était aussi le pianiste fétiche), une chanson que j'ai l'impression d'avoir écrite tellement elle me ressemble.

Vous reprendrez encore Johnny ?

Non, je l'ai assez fait sur mon dernier album et mon dernier concert. Et j'ai déjà tellement de mal à choisir parmi mes chansons. J'en ai peut-être un millier. Entre celles que je n'ai pas interprétées depuis longtemps et les incontournables, j'ai envie de chanter trois heures.

Dans un livre intitulé «Lady Lucille», le journaliste Gilles Lhote parlait l'an dernier d'une passion secrète entre Johnny et Catherine Deneuve. Qu'en pensez-vous ?

(Elle éclate de rire) Voilà ce que cela m'inspire. Ce que ce monsieur raconte est très faux. Que Johnny ait eu un « crush » (NDLR : un coup de cœur) pour Catherine et inversement, quand ils tournaient « Les Parisiennes », il n'y a rien d'improbable. Ils étaient beaux, ils étaient jeunes. Après, nous étions tous les trois amis. Nous en avions beaucoup dans le métier. Mais bon, Johnny fait la joie des échotiers et fait vendre du papier, cela a toujours été comme ça.

Avez-vous écouté ses albums posthumes ?

Toujours pas. Ils sont pour moi le symbole de sa maladie, de sa détresse. Ce n'est pas lui dans son énergie, son éclat, sa magnificence. C'est pour cela que j'ai voulu le chanter dans son soleil. Je ne veux pas qu'il soit abîmé.

En concert les 11 et 12 octobre au théâtre Edouard-VII, à Paris (IXe), puis en tournée en France, Suisse et Belgique.