Dans le Lot, le château de Léo Ferré aux enchères

Le célèbre chanteur s’était installé dans le Lot au milieu des années 1960. Racheté dans les années 1990 et entièrement rénové, son ancien château est mis aux enchères le 13 octobre.

 Saint-Clair (Lot). Laissée à l’abandon jusqu’à son rachat en 1998, la propriété a été entièrement rénovée.
Saint-Clair (Lot). Laissée à l’abandon jusqu’à son rachat en 1998, la propriété a été entièrement rénovée. DR

C'est sur les conseils de son ami Serge Arnoux, un peintre lotois, que Léo Ferré s'installe à Saint-Clair, près de Gourdon, dans le château de Perdrigal, déjà bien délabré en cette année 1963. Tombé amoureux du Lot lors d'un concert au casino de Saint-Céré, le chanteur, qui vit alors avec Madeleine, passera cinq ans dans cette bâtisse médiévale du XIVe siècle.

Le futur interprète d'« Avec le temps… », y compose de nombreux titres, dont l'album Ferré 64 et la chanson « Franco La Muerte ». Dans ce château, qu'il partage avec Pépée, son chimpanzé tant aimé, à qui il dédira une chanson, il met en musique les poèmes de Rimbaud, Verlaine et Baudelaire.

Mais c'est aussi là qu'il rencontre Marie-Christine Diaz, sa future femme. « Je m'occupais de leurs singes. Je me souviens que Pépée enlevait régulièrement des tuiles du toit », sourit celle avec qui il quitte les lieux en 1968 pour entamer une nouvelle vie. « Son atelier d'imprimerie, qu'il avait installé car il voulait faire un travail de ses mains, nous a suivis jusqu'en Italie », raconte Marie-Christine, depuis la Toscane où elle vit encore.

« On a perdu le charme des lieux »

Laissée à l'abandon jusqu'à son rachat en 1998 par le Franco-Américain John Manchec, la propriété a été « entièrement rénovée en respectant le style médiéval », nous informe Jean-Luc Hérail, l'intermédiaire qui a permis à Concierge Auctions de mettre ce bien aux enchères.

« Le château a été restauré selon les techniques de l'époque et le domaine est aujourd'hui un superbe lieu de réception et de séminaires », poursuit-il. Le 13 octobre prochain, il sera proposé sans prix de réserve, faute d'acquéreur sur le marché à 4,7 millions d'euros. « Mais ce n'est plus le château de Léo, regrette sa veuve. Il fallait faire des travaux mais on a perdu le charme du lieu… » Avec le temps, va, tout s'en va…