Arlo Parks et Celeste donnent un coup de jeune à la soul

La première est une Anglo-Nigériane de 20 ans, figure du mouvement LGBT. A 26 ans, la seconde est devenue l’idole de son idole, Elton John. Ces deux Anglaises dévoilent chacune leur premier album… et font partie de nos premiers coups de cœur de l’année.

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 Arlo Parks, de son vrai nom Anaïs Oluwatoyin Estelle Marinho, a des racines en France par sa mère et une partie de sa famille à Compiègne (Oise).
Arlo Parks, de son vrai nom Anaïs Oluwatoyin Estelle Marinho, a des racines en France par sa mère et une partie de sa famille à Compiègne (Oise). Alex Kurunis

On espérait que 2021 rime avec vaccin. Mais pour l'instant, il est surtout féminin. Quatre reines de cœur lancent en beauté l'année musicale. La Française Kimberose, qui sort un formidable deuxième album. Et trois nouveaux talents qui dévoilent des premiers disques forts en caractère et en maturité : les Anglaises Arlo Parks et Celeste et l'Américaine Buzzy Lee, qui n'est autre que la fille de Steven Spielberg. Autre point commun entre les trois premières, elles donnent un coup de jeune à la soul.

A Londres, Arlo Parks et Celeste sont les reines de cette époque épique. La première a seulement 20 ans. Comme son prénom le laisse penser, l'Anglo-Nigériane Anaïs Oluwatoyin Estelle Marinho a des racines en France par sa mère et même une partie de sa famille à Compiègne (Oise). Elle a d'ailleurs repris en français « Ta reine », d' Angèle. Mais c'est en anglais que sa poésie et sa sensibilité irradient dans son premier album aux allures de journal intime, joliment titré « Collapsed in Sunbeams », soit « Effondrée dans les rayons de soleil ».

Cheveux courts, idées longues, cette figure du mouvement LGBT a des choses à chanter. Des douleurs dont elle tisse des arcs-en-ciel mais aussi une quête d'identité et de sens qui fait écho à toute une génération. Son style n'est pas à purement parler soul avec cuivres et violons. Plus épuré, il lorgne sur la pop et le trip hop, rappelant parfois les années 1990 de Neneh Cherry et Morcheeba. De « Caroline » à « Eugene », sa voix douce, son groove langoureux et ses mélodies limpides ont un effet apaisant pour le moins bienvenu ces temps-ci.

NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«Collapsed in Sunbeams», Arlo Parks (Transgressive Records/Pias).

Celeste a chanté le générique du film Pixar «Soul»

Celeste vient de sortir «Not Your Muse»./ELIZAVETA PORODINA
Celeste vient de sortir «Not Your Muse»./ELIZAVETA PORODINA  

Du haut de ses 26 ans, sa compatriote Celeste — son vrai prénom — nous épate elle aussi. Son aisance vocale, sa forte personnalité et son charisme magnétique avaient fait forte impression en août 2019 à Rock en Seine, puis en première partie de Michael Kiwanuka en décembre de la même année à la salle Pleyel. L'an dernier, signe que sa cote continuait de grimper, elle a chanté les génériques du film Pixar « Soul » et des « Sept de Chicago » sur Netflix. Elle est même devenue l'idole de son idole, Elton John.

La chanteuse aux origines britanniques et jamaïquaines a pris son temps pour sortir un album à la hauteur des immenses espoirs placés en elle. Et c'est le cas de « Not Your Muse ». Il regorge de ballades épurées qui mettent en valeur sa voix à la fois chaude, puissante et délicieusement ébréchée — impressionnante sur « A Kiss » — et de tubes cuivrés, comme « Strange » « Love is Back », « Tell me Something I Don't Know » et « Tonight Tonight ». Aretha, Ella, Nina, Sharon, Amy, vous pouvez reposer en paix. La relève est assurée.

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NOTE DE LA RÉDACTION : 4,5/5

«Not Your Muse», Celeste (Caroline/Universal).