«Si ça saigne» : tous fans de Stephen King, ce «conteur hors pair»

Les amateurs du «Maître de l’horreur», qui publie ce mercredi un recueil de nouvelles, sont très nombreux en France. Petit tour d’horizon.

 Après son roman « L’Outsider » en 2019, Stephen King signe « Si ça saigne », un recueil de nouvelles.
Après son roman « L’Outsider » en 2019, Stephen King signe « Si ça saigne », un recueil de nouvelles. Opale via Leemage/Witi De Tera

Tout est dans le titre, ou presque : « Si ça saigne ». Du pur Stephen King. Un recueil de nouvelles, genre très prisé du « Maître de l'horreur ». Quatre récits d'un niveau et d'un style inégaux, mais avec deux pépites : « La vie de Chuck », une histoire de fin du monde en trois actes… présentés à l'envers. Brillant. Et « Si ça saigne », qui donne son titre à l'ensemble, faisant suite à son roman choc « L'Outsider » (2019), pour lequel il convoque à nouveau l'enquêtrice Holly Gibney.

C'est peu dire que ses nombreux admirateurs attendent cette nouvelle livraison, en librairie mercredi 10 février. Car même si l'auteur est parmi les plus prolifiques de la planète, à raison d'une ou deux livraisons par an, ses fans trépignent. Et ils sont nombreux. En plus de ses 350 millions de ventes estimées à ce jour, King a également la particularité de se montrer hyperactif sur les réseaux sociaux où il est suivi par quelque 6,5 millions d'internautes, rien que sur Twitter.

Des milliers de fans sur les réseaux sociaux

En France, le Club Stephen King compte un noyau dur de 6 000 fans, mais beaucoup plus en réalité : 20 000 sur Instagram, 50 000 sur Twitter. Avec, à sa tête depuis quinze ans, l'un des plus grands fans français du maître. Jérémy, 34 ans, qui travaille dans la publicité, est tombé dans la marmite quand il avait 15 ans, avec « Carrie ». Comme la plupart des fans, il n'aime pas l'appellation « Maître de l'horreur » : « Il n'écrit pas que des romans d'horreur ou des polars, on oublie souvent qu'il est l'auteur de La Ligne verte ou Les Evadés. Sa force, c'est de varier au fil des récits, avec un vrai talent pour conter des histoires du quotidien. C'est pour cela que ses personnages sont si attachants. »

Jérémy estime qu'il est impossible de dresser un profil type des fans de l'auteur de « Shining » ou « La Tour sombre » : « On trouve tous les âges, toutes les classes sociales. » Lauriane, 22 ans, étudiante et instagrammeuse, chronique de nombreux romans sur son blog « L'univers d'une lectrice ». Elle aime King au point d'avoir lu « tous ses romans » depuis ses 16 ans, et apprécie « son analyse de l'être humain. On parle beaucoup de fantastique à son propos, pourtant il n'hésite jamais à montrer la réalité… » Pour Lauriane, l'étiquette du « Maître de l'horreur » empêche sûrement plus de jeunes lecteurs à sauter le pas : « Ils ont peur d'y entrer, et c'est dommage, car il aborde tellement de thèmes différents… »

Alain Sprauel, 68 ans, est un grand expert de Stephen King. Ce bibliographe — « ni collectionneur, ni fan, prévient-il d'emblée, mais un passionné, c'est très différent » — recense l'œuvre physique d'auteurs. Cumulant 25 000 volumes chez lui, il est notamment le plus grand spécialiste de Jack London en France. Il se défend bien aussi du côté de King : il a amassé 880 livres du maître, dans des éditions différentes, ainsi que 500 objets dérivés, musiques de films, DVD… « C'est un conteur hors pair, il écrit long, on ne s'ennuie pas. Il se réinvente en créant des connexions entre des personnages sur différents récits. »

C'est sa femme qui lui a donné le virus : « Un jour, elle m'a prêté Le Fléau. Puis petit à petit, je les ai tous lus… Vous connaissez la suite : je suis devenu son bibliographe ! » C'est donc à Alain Sprauel qu'on a demandé de conseiller des ouvrages du King à ceux qui ne le connaîtraient pas. Il n'a pas hésité : « Ça », « Le Fléau » et « 22/11/63 ». Excellent choix.

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LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3,5/5

« Si ça saigne », nouvelles de Stephen King, ed. Albin Michel, 464 p., 22,90 euros. En librairies mercredi 10 février.