Les librairies préparent la réouverture : «On pourra faire rentrer six clients en même temps»

Après l’allocution d’Emmanuel Macron, qui a autorisé les petits commerces à rouvrir dès samedi, les libraires ont entamé un contre-la-montre pour être prêts à accueillir de nouveau le public, à l’image de Folies d’Encre aux Lilas.

 A la librairie Folies d’Encre des Lilas (Seine-Saint-Denis), Valérie Salaam et Marie Le Bonniec en plein rangement mercredi avant la réouverture de samedi.
A la librairie Folies d’Encre des Lilas (Seine-Saint-Denis), Valérie Salaam et Marie Le Bonniec en plein rangement mercredi avant la réouverture de samedi. LP/Olivier Lejeune

A la première heure ce mercredi 25 novembre, au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron sur l'allègement du confinement, avec la réouverture des petits commerces dès ce samedi, Marie Le Bonniec et Valérie Salaam s'affairaient pour déplacer les cartons et sacs de livres disséminés dans leur librairie en attendant d'être retirés par les clients passés par le click and collect. Le compte à rebours est lancé pour les cogérantes de Folies d'Encre aux Lilas (Seine-Saint-Denis) qui se préparent à rouvrir leurs portes ce week-end.

« On commence à refaire nos tables. Ça fait du bien de faire autre chose que du traitement de commandes », apprécie Marie. « On a hésité à fermer une journée pour tout désencombrer, reconnaît Valérie, mais on ne va pas le faire, sachant qu'on a déjà beaucoup moins de commandes depuis l'annonce de la réouverture. Avant, entre le soir et le matin, on avait cent à cent vingt mails. »

«On espère que les gens vont être raisonnables»

« Soulagées » de pouvoir accueillir à nouveau du public, les libraires ont dû se creuser la tête pour calculer la jauge limitée à une personne par 8 m², « sans compter le personnel ni les enfants, mais en enlevant 20 % de la surface pour le mobilier », précisent-elles. « On pourra faire rentrer six clients en même temps », souligne Valérie, qui s'attend à une grosse affluence ce samedi. « On espère que les gens vont être raisonnables et disciplinés. Il faut éviter qu'ils stationnent dans la librairie ou devant. C'est sympa de faire les courses en famille, mais si c'est pour être reconfinés fin janvier… »

Elle envisage de mettre une table dehors destinée au retrait de commandes, le click and collect étant toujours d'actualité. Son mari Laurent s'est même proposé de faire le service d'ordre devant la boutique. Christophe, 43 ans, n'a, lui, pas attendu la ruée de samedi pour retirer ses livres. « La clientèle des librairies est peut-être plus à même d'accepter les restrictions. Les petits commerces sont aussi déjà rodés après le premier confinement quand ils devaient limiter les entrées », pense cet habitant de Bagnolet, venu chercher le cadeau de Noël de sa femme.

A l'approche des fêtes, l'enjeu était trop grand pour les petits commerces. Folies d'Encre fait un quart de son chiffre d'affaires annuel en novembre et décembre. « Il fallait que ça rouvre, souffle Valérie Salaam. Dans le 93, mais ce n'est pas pareil partout, il y a eu un grand élan de solidarité envers les librairies, et on a limité les dégâts. Mais on ne pourra savoir vraiment que fin décembre si on arrive à écouler nos stocks. Comme nous ne pouvions pas faire de conseil, les gens ne voyaient pas notre stock. Il ne sort pas, mais il faut quand même le payer. »

A la Fnac, fléchage au sol et horaires étendus

Benoît Jaubert, directeur d'exploitation de Fnac Darty, qui avait dû fermer ses rayons culture, s'attend aussi à « un gros week-end, une grosse semaine et un gros mois de décembre » en matière de fréquentation. Pour respecter le protocole sanitaire contre le Covid-19 d'un client pour 8 m2, les magasins continueront de faire appel à des agents d'accueil, chargés de compter les acheteurs, les faire patienter ou les aiguiller vers les rayons.

Un fléchage au sol et un système de caisse avec une seule file d'attente permettront de « mieux gérer les flux et d'éviter les grappes de clients », selon le patron des magasins de l'enseigne, dont les horaires d'ouverture seront étendus (9-20 heures, dimanches compris). Les Fnac proposeront aussi un service de click and collect en magasin (sur rendez-vous ou non) ou en drive pour les magasins avec parking. «On a commencé à tester la prise de rendez-vous en magasins en septembre, rappelle Benoît Jaubert, et elle représente déjà 15 à 20% des achats. »