«L’Illusion» : Maxime Chattam réussit son tour

Le nouveau roman du maître de l’angoisse à la française nous emmène dans une station de ski isolée où une équipe de saisonniers estivaux travaillent dans une ambiance inquiétante.

 Dans son dernier roman « L’Illusion » Maxime Chattam fait monter la tension jusqu’à une fin étonnante, voire déroutante.
Dans son dernier roman « L’Illusion » Maxime Chattam fait monter la tension jusqu’à une fin étonnante, voire déroutante. AFP/Joël Saget

Y aura-t-il de la neige à Noël? Personne n'en sait encore rien, mais il est désormais sûr que nous aurons droit à un nouveau thriller de Maxime Chattam, comme chaque fin d'année, à temps pour une dose de suspense et d'émotions.

Le cru 2020 s'appelle « L'Illusion » et, après un prologue intriguant, dont on se demande longtemps ce qu'il a à voir avec la suite, le romancier nous emmène à Val Quarios, une petite station de sports d'hiver imaginaire située au fin fond d'une vallée perdue des Alpes. Là, Hugo, acteur et écrivain raté, sèchement largué par sa compagne, vient occuper un emploi de saisonnier estival. Homme à tout faire, il complète une équipe qui, profitant de l'absence de visiteurs, remet en état le site avant les premiers flocons. Rapidement, il trouve l'ambiance inquiétante, se met à avoir des hallucinations, et se demande même si un tueur en série ne rôde pas dans les parages…

Un clin d'œil à «Shinin »

Un auteur désabusé qui s'enterre dans une station d'altitude et commence à perdre pied, on pense immédiatement à « Shining ». Mais Chattam est suffisamment habile pour éviter cet écueil, même s'il adresse clairement un clin d'œil à l'œuvre de Stephen King, portée au cinéma par Stanley Kubrick. D'abord, parce que son personnage principal n'est pas entouré de sa femme et de son fils, mais d'autres saisonniers, hommes et femmes, jeunes ou plus âgés, avec qui Hugo noue des liens, ou pas.

Et surtout parce que l'écrivain ne fait qu'effleurer le surnaturel au fil de ses pages, préférant jouer la carte de l'insolite, l'inquiétant, le bizarre. A tel point qu'on peut trouver que l'intrigue ne progresse pas très vite, Chattam nous livrant autant de minutieuses descriptions des décors que de coups de projecteur dans les pensées de son héros, évitant les scènes de pure horreur multipliées, par exemple, dans ses deux derniers livres en date, « Le Signal » ou « Un(e) secte ». Il reste néanmoins doué pour décrire une situation de plus en plus tendue, jusqu'à une résolution pour le moins étonnante, qui déroutera sans doute nombre de ses lecteurs.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3,5/5

«L'Illusion», de Maxime Chattam, Ed. Albin Michel, 464 p., 22,90 euros