Flavie Flament sort «L’Etreinte» : «J’ai maintenant la vie que je souhaitais»

L’animatrice de RTL publie ce mercredi un joli roman d’amour dans lequel elle se raconte en filigrane, quatre ans après son récit choc où elle évoquait le viol dont elle a été victime à 13 ans.

 Flavie Flament publie son troisième roman, «L’Etreinte», «le livre de la joie, de l’amour, de la liberté».
Flavie Flament publie son troisième roman, «L’Etreinte», «le livre de la joie, de l’amour, de la liberté». LP/Philippe Lavieille

Quatre ans après son récit choc, « La Consolation », dans lequel elle révélait avoir été violée à 13 ans par un photographe de mode (elle désignera par la suite David Hamilton), l'animatrice Flavie Flament revient à l'écriture avec un très beau roman d'amour, « L'Etreinte ». Rencontre avec une femme lumineuse et amoureuse des mots.

Pourquoi reprendre la plume quatre ans après «La Consolation» ?

FLAVIE FLAMENT. Parce que l'inspiration était là. Je tournais autour de ce sujet depuis deux, trois ans, je m'interrogeais sur ce besoin d'étreinte qui est si fort chez moi. Pour moi, toucher, c'est reconnaître, c'est dire à l'autre que tu existes. Une étreinte, c'est une consolation. Quand est tombé le confinement et que j'ai été privé d'étreinte, que je n'ai pas pu prendre dans les bras les gens que j'aimais, ce roman s'est imposé à moi. Cette période a été une source d'inspiration incroyable.

Vous l'avez vraiment écrit pendant le confinement ?

J'avais mis cinq ans pour « La Consolation », cela m'a pris deux mois pour « L'Etreinte ». Ce fut un accouchement très facile, très vertueux, très agréable. J'avais mon émission de radio à RTL et j'écrivais tous les jours de 17 heures à 23 heures. C'est un livre très organique, très lumineux. Je voulais écrire sur le cheminement amoureux, la séduction, sur des personnages cabossés en quête d'absolu comme mon héroïne Emma qui va être transportée par l'amour.

Il y a beaucoup de vous dans ce roman ?

Oui, mais ce n'est pas mon histoire. Ce n'est pas une suite de « La Consolation », ni un nouveau tome de ma vie. C'est un roman, une histoire d'amour que m'a inspirée la situation dans laquelle j'étais. Comme beaucoup d'écrivains, j'aborde des sujets auxquels je suis particulièrement sensible et les failles d'Emma me sont familières. C'est vrai qu'il a une saveur particulière. C'est le livre de la joie, de l'amour, de la liberté. C'est sûrement aussi le livre de la résilience et de la reconstruction.

Comment allez-vous ?

Je vais très bien. Je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de ma vie. Il y a maintenant plus de dix ans que j'ai emprunté ce chemin de guérison. « La Consolation » m'a sauvée parce que j'étais en vérité avec le monde. Il m'a sauvé de la posture, du camouflage. Je m'étais promis de désigner publiquement l'homme qui m'a fait tant de mal et de m'engager pour l'allongement du délai de prescription. J'ai accompli ma mission, j'ai été dans l'action, et oui, ça a changé ma vie. Mais si ce qui s'est passé il y a quatre ans a bouleversé mon existence, en aucun cas, ma vie doit être réduite à ce que j'ai vécu. J'en suis sortie et je suis désormais dans un avenir, dans de la joie, du soleil.

Quel regard portez-vous sur l'actuelle libération de la parole des femmes ?

On se doutait que les voix silencieuses allaient se faire entendre. C'est une déferlante qui a commencé avec « La Consolation » en 2016, et qui n'a eu de cesse de grandir et qui touche tout le monde. Après moi, il y a eu l'écrivaine Vanessa Springora, la patineuse Sarah Abitbol et beaucoup d'autres, dont récemment dans le monde de la musique. Elles ont été au centre de l'actualité. Ce qui se passe est vertigineux, ce monde qui reposait sur le silence s'écroule et il faut en reconstruire un nouveau. Il y a encore beaucoup à faire, cela va prendre du temps. Ce qui est très positif, c'est qu'avec la libération de la parole, il y a eu un mouvement de prise de conscience. Aujourd'hui, la jeune génération est une génération avertie qui, j'espère, conservera la poésie de la rencontre amoureuse.

Vous avez toujours aimé écrire ?

Aussi loin que je me souvienne, oui. A 18 ans, je signais mon premier roman mais je n'ai pas trouvé d'éditeur. Je pense vraiment que les mots m'ont sauvée. Mon fils aîné me faisait remarquer le chemin parcouru grâce à mes livres. Le premier s'appelait « Les Chardons », ça piquait, c'était douloureux, ça parlait de violence conjugale. Puis il y a eu « La Consolation », sur le viol dont j'ai été victime enfant dont j'osais enfin parler. Et aujourd'hui, il y a « L'Etreinte », un livre lumineux.

Pourquoi l'amoureuse des mots que vous êtes a-t-elle fait toute sa carrière à la télé et à la radio ?

La vie a décidé pour moi trop longtemps. J'ai été détournée de ce que je voulais faire très tôt. Je me suis retrouvée propulsée devant des caméras à 16 ans, je me suis enivrée de lumières, de paillettes, de notoriété et un jour j'ai décidé de reprendre possession de ma vie. Il y a douze ans, je me suis fait la promesse de ne pas passer à côté de ma vie et de me réaliser dans ce qui était le plus épanouissant pour moi. J'ai décidé de m'écouter. J'ai quitté TF1 et j'ai publié « Les Chardons » en 2011. J'ai réécrit ma vie et j'ai maintenant la vie que je souhaitais, une vie peuplée de mots et d'écriture. Et à RTL, je suis la plus heureuse des animatrices de radio. Je parle de choses qui me tiennent à cœur, j'explore l'humain et j'ai une liberté totale.

Vous avez d'autres projets de livres ?

Bien sûr ! Je vais écrire un nouvel album pour les enfants. J'ai gardé un esprit canaille et mon livre parlera d'enfants qui puent des pieds. Et j'ai d'autres projets de romans !

Lumineuse renaissance en plein confinement

Elle s’appelle Emma et la vie ne l’a pas épargnée. Violée enfant, cette mère de deux grands enfants, cabossée par la vie, tient debout malgré ses traumatismes. Mais un jour, une rencontre va bouleverser sa vie. Il s’appelle Augustin, il la fait rire. Il est charmant et lui plaît énormément. Mais nous sommes quelques jours avant le confinement…

Comment construire une nouvelle relation amoureuse quand on ne peut plus se voir, se toucher, s’étreindre ? Comment retrouver le bonheur quand on a tant souffert ? Portée avec une très jolie plume, Flavie Flament nous offre une histoire d’amour lumineuse qu’il est difficile de lâcher une fois commencé. Un texte fort et sensible sur la naissance d’un amour et la plénitude qu’il apporte.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«L’Etreinte», de Flavie Flament, Editions JC Lattès, 176 p., 18,90 euros.