Le papa de Mafalda, le dessinateur argentin Quino est mort

Mafalda, la petite fille espiègle enfant terrible de la BD, est née en 1964 sous le crayon de Quino. Joaquin Salvador Lavado de son vrai nom est décédé à l’âge de 88 ans.

 Joaquin Salvador Lavado, dit Quino, le créateur de Mafalda, est décédé mercredi à l'âge de 88 ans.
Joaquin Salvador Lavado, dit Quino, le créateur de Mafalda, est décédé mercredi à l'âge de 88 ans.  REUTERS/Enrique Marcarian.

Le dessinateur argentin Joaquin Salvador Lavado, dit Quino, le créateur de Mafalda, la petite fille espiègle à la tignasse noire, est décédé mercredi à l'âge de 88 ans, a annoncé son éditeur, Daniel Divinsky.

« Quino est mort. Toutes les bonnes personnes du pays et du monde entier le pleureront », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Mafalda n'aime pas la soupe

Mafalda, enfant terrible de la BD, est née en 1964 sous le crayon de Quino. Avec sa petite tignasse brune, elle est devenue symbole de l'esprit contestataire pour plusieurs générations.

La jeune héroïne est célèbre pour sa détestation du potage maternel qu'elle rejette avec vigueur, comme elle refuse le monde des adultes.

VIDEO. Un extrait de la série animée

Entré à l'école des Beaux Arts de Mendoza à 13 ans, la région argentine qui l'a vu naître le 17 juillet 1932, Quino ce fils d'Andalous avait tôt arrêté ses études pour se consacrer à sa passion: illustrateur d'humour.

Sa plus célèbre création, Mafalda deux points pour les yeux et une petite boule en guise de nez, est la fille d'une femme au foyer et d'un agent d'assurances argentins totalement dépassés par sa maturité.

Une indignation constante

Ses demandes d'explication sur la condition féminine, la dictature, la surpopulation, la guerre atomique ou encore Fidel Castro sont en réalité l'expression d'une indignation constante contre le monde des années 60. Très vite, sa popularité dépasse les frontières de l'Argentine puis de l'Amérique latine et gagne l'Europe.

LIRE AUSSI > La bande à Mafalda

Son personnage devient l'héroïne d'une bande dessinée publiée dans l'hebdomadaire argentin «Primera Plana» pendant neuf mois, puis dans le journal «El Mundo», jusqu'en 1973. Quino décide d'arrêter avant de se lasser de ses personnages, d'être censuré par les militaires au pouvoir et surtout de perdre son épouse Alicia.

A sa sortie en Espagne, alors sous Franco, Mafalda est réservée aux adultes. Elle est censurée en Bolivie, au Chili et au Brésil. Après le coup d'Etat de 1976 en Argentine, Quino s'exile en Italie, puis en Espagne.

« Je suis Charlie »

Dans son dernier volume en français « Manger, quelle aventure! », réédité en 2016, il s'est attaqué à l'alimentation. Atteint de problèmes de vue, il a définitivement posé son crayon en 2006.

C'est après l'attentat contre Charlie Hebdo que le dessinateur, proche de Wolinski, a fait l'une de ses dernières apparitions publiques en janvier 2015: « Mafalda aurait ressenti une peine terrible », avait-t-il dit, tenant dans son fauteuil roulant une pancarte « Je suis Charlie ».

Pour les 50 ans de Mafalda, le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (Charente) lui avait consacré u ne vaste exposition en 2014.

Quino pose à côté de la Mafalda sculptée par l'Argentin Pablo Irrgang.AFP/ALEJANDRO PAGNI
Quino pose à côté de la Mafalda sculptée par l'Argentin Pablo Irrgang.AFP/ALEJANDRO PAGNI