Le Mont-Saint-Michel reconfiné se refait une beauté

Un gigantesque chantier de réfection de l’abbaye vient de débuter dans une Merveille privée de touristes et aux ruelles désertes. L’hélitreuillage du matériel promet d’être spectaculaire…

 Le Mont-Saint-Michel (Manche), jeudi. Les travaux de restauration de la façade et de la toiture de l’abbaye dureront deux ans et demi et les touristes pourront revenir malgré le chantier quand le confinement sera levé.
Le Mont-Saint-Michel (Manche), jeudi. Les travaux de restauration de la façade et de la toiture de l’abbaye dureront deux ans et demi et les touristes pourront revenir malgré le chantier quand le confinement sera levé. AFP/Damien Meyer

C'est dans une ambiance presque irréelle que vient de démarrer l'un des chantiers probablement les plus emblématiques des deux années à venir en France : celui de la réfection des façades et des toitures de l'abbaye du Mont-Saint-Michel (Manche). Avec 1,5 million de visiteurs par an, la Merveille est l'un des monuments les plus visités du pays. Et pourtant, à cause du reconfinement, tout y est aujourd'hui fermé. Les petites ruelles, habituellement bondées tout au long de l'année, sont baignées d'un calme presque vertigineux. Presque… puisque, depuis quelques jours, a commencé un ballet tout aussi surprenant d'hélicoptères.

Un échafaudage de la taille de l'Arc de Triomphe

En effet, tous les matériaux destinés au chantier sont acheminés par les airs, la seule voie possible pour contourner les difficultés d'accès au site, perché à la pointe du mont. Sachant qu'il a notamment fallu pour mener les travaux prévoir des échafaudages de la taille de l'Arc de Triomphe ! Un ascenseur sera même installé le long de la façade afin d'accéder plus rapidement aux niveaux supérieurs du chantier. A partir de cette semaine, et pendant les deux ans et demi qui viennent, trente compagnons de différents corps de métier vont se succéder pour restaurer entièrement les façades et les toitures de ce joyau gothique, mondialement connu.

Maçons, couvreurs, ébénistes et tailleurs de pierre vont ainsi travailler à redonner son lustre à l'édifice. « A certains endroits, les façades et les toitures sont vraiment très détériorées. Notamment à cause de l'altération des joints en ciment qui laissent l'eau pénétrer dans la pierre et qui l'abîme. Ce sont des techniques qui étaient en vogue à l'époque des dernières restaurations mais que nous n'utiliserions plus aujourd'hui, explique Delphine Christophe, directrice de la conservation et des collections au Centre des monuments nationaux. Nous allons donc nous employer à corriger toutes ces dégradations en changeant la pierre et l'ensemble des couvertures en ardoises, qui datent de plus d'un siècle et demi ! »

7 millions d'euros

Au total, pas moins de 8000 m2 de surface vont être entièrement restaurés pour un budget avoisinant les 7 millions d'euros, intégralement financé par le ministère de la Culture.

« Nous regrettons simplement que le public n'ait pas accès au site à cause de cette crise sanitaire, précise Delphine Christophe. Il était en effet prévu que l'abbaye reste ouverte pendant le chantier. Nous menons toujours nos travaux de manière à permettre la cohabitation avec les visiteurs. Et c'est toujours gratifiant pour nous de voir à quel point les gens sont habituellement friands de ce type de chantier, aussi important que spectaculaire… »