L’humoriste Elodie Poux relaxée en appel après sa blague sur le torero blessé

Condamnée en première instance, la chroniqueuse de Rire et chansons a finalement été relaxée en appel après un texte corrosif sur l’accident grave survenu au cours d’une corrida.

 Elodie Poux s’était livré en septembre 2018 à une chronique où elle y raille Thomas Joubert, torero, qui a été grièvement blessé à l’artère fémorale.
Elodie Poux s’était livré en septembre 2018 à une chronique où elle y raille Thomas Joubert, torero, qui a été grièvement blessé à l’artère fémorale. Fred Boehli

A la question : « Peut-on rire de tout? », la cour d'appel de Pau a tranché. Jeudi 15 octobre 2020, elle a relaxé Elodie Poux. L'humoriste avait été condamnée en première instance pour « injure publique » à l'encontre de Thomas Joubert, torero originaire d'Arles, à la suite de ses propos dans un sketch sur la radio Rire et chansons. « Elodie Poux est soulagée, a commenté son conseil, Me Sahand Saber. Pour elle-même évidemment, mais aussi pour l'ensemble des humoristes dont la liberté d'expression doit être protégée. »

Les faits remontent à septembre 2018. Ce matin-là, la comédienne se livre à une chronique sur les ondes de la radio spécialisée dans l'humour. Elle y raille le jeune matador, qui a été grièvement blessé à l'artère fémorale, encorné quelques jours plus tôt par un taureau lors d'une corrida. « Il a fini en jambon », se moquait alors la comique. […] « On ne sait jamais comment les appeler ces gens-là ? Torero ? Toreador ? Petit con à paillettes ? », poursuivait-elle notamment au micro.

Saisi, le tribunal judiciaire de Bayonne avait condamné l'humoriste, le 14 mai 2019, à payer une amende de 2500 euros, dont 1500 avec sursis, et à verser 2000 euros au torero, au titre du préjudice moral. La décision en appel est donc une victoire pour Elodie Poux. « Elle l'est aussi pour le droit à l'excès et à l'outrance des humoristes contre les personnalités publiques et sur les sujets polémiques. Une décision inverse aurait un signal très inquiétant pour l'ensemble des acteurs du monde de la culture », insiste Me Saber. La partie adverse n'a pas encore indiqué si elle se pourvoyait en cassation.