Inès Reg : «Quand je suis remontée sur scène, j’ai pleuré comme jamais !»

L’humoriste, révélée l’an passé par une vidéo virale sur les réseaux sociaux, entame ce mardi une série de dates au Casino de Paris après un été marqué par le tournage d’un premier film qu’elle a coécrit avec son mari, Kevin Debonne.

 Inès Reg, l’humoriste aux 2,3 millions de fans sur Instagram, remonte sur les planches du Casino de Paris à partir de mardi.
Inès Reg, l’humoriste aux 2,3 millions de fans sur Instagram, remonte sur les planches du Casino de Paris à partir de mardi.  Djamel Hammiche

Douze mois après, les paillettes ne se sont pas envolées. Révélée au grand public fin août 2019 à la suite d'une vidéo virale sur Instagram (« Mets des paillettes dans ma vie, Kevin! »), Inès Reg, stand-uppeuse de 28 ans qui a fait l'hiver dernier son entrée dans la troupe des Enfoirés, vit une nouvelle rentrée « hors normes », comme le nom de son spectacle.

Mardi, l'humoriste aux 2,3 millions de fans sur Instagram réalisera son rêve : jouer au Casino de Paris, la salle qui lui « explose le cœur » depuis qu'elle y a assuré la première partie d'Ahmed Sylla fin 2018. Distanciation oblige, elle se produira devant 1000 spectateurs masqués (NDLR : la jauge normale est de 1500). Sa tournée des Zéniths, elle, dépendra de l'évolution de la situation sanitaire.

Confinement, tournage de son premier film cet été avec son mari Kevin Debonne, retour sur les planches… Elle lâche les vannes.

Vous êtes remontée sur les planches la semaine dernière pour la première fois en six mois. Facile de reprendre ses marques ?

INES REG. J'avais une de ces peurs… je ne peux même pas mettre un mot dessus. C'était la panique totale, j'avais l'impression que j'allais remonter sept ans en arrière à mes débuts sur scène, qu'il allait falloir réapprendre à ne plus avoir peur, à être drôle, à avoir de la répartie. Le matin de la première, je n'arrivais pas à me tenir droite, j'avais mal au ventre, au cœur. Je parlais à mon corps, je lui disais Arrête de surréagir, calme-toi ! Et en fait, ça s'est tellement bien passé. J'ai marché vers la scène, j'ai entendu les gens applaudir : j'en ai des frissons rien que d'en parler. Quand je suis montée, j'ai pleuré comme jamais ! Ça m'avait trop manqué. Mais faut que je me calme, là j'arrive au Casino de Paris et je vais finir en PLS (rires) !

Dans vos shows, vous êtes d'habitude très « tactile » avec votre public. Impossible désormais avec les gestes barrière…

Pendant les répétitions, je me suis effectivement rendu compte qu'il y avait pas mal de passages que je ne pouvais plus faire ! Dans le spectacle, je saute dans les bras des gens. Là, évidemment, ce n'est plus possible. Du coup, on se fait des câlins à distance, des câlins wi-fi ! Au final, on se rend compte qu'on peut passer les émotions sans se toucher et en ne regardant que les yeux des gens. Je ne sens plus la barrière entre le public et moi, c'est vraiment un nous… Des fois, j'ai envie d'aller m'asseoir avec eux (rires). C'est trop bien.

Avez-vous ajouté un passage sur le confinement dans le show ?

Non ! La seule fois où je parle du corona, c'est genre à la deuxième minute du spectacle. Je dis au public, au contraire, qu'on est là pour passer un bon moment, donc la crise, le corona, les factures, on oublie tout, on évacue !

Et votre confinement, comment s'est-il passé ?

Au début, très difficile. Grosse dépression. Du jour au lendemain, on n'est genre plus rien, on ne travaille plus, on ne sert plus à rien. Obligatoirement, on commence à se poser des questions : qui suis-je, à quoi je sers… C'est déstabilisant. En plus, on ne peut se référer à aucune époque. On ne peut pas aller voir sa mère en lui disant Maman, explique-moi (rires). Je faisais partie des gens qui pensaient que ça allait durer deux semaines. Alors à chaque fois, c'était compliqué de se dire C'est reparti, encore et encore…

Vous en avez profité pour écrire un film avec votre mari Kevin. Et même le tourner dans la foulée…

Je ne m'en suis toujours pas remise ! On était confiné à Biarritz dans la famille de Kevin. Au bout de deux semaines, on s'est dit à un moment donné Faut qu'on fasse quelque chose ! On avait ce projet de film depuis un petit moment, on avait commencé à écrire en janvier, mais avec les dates à Paris, la tournée qui commençait, c'était impossible. On s'y est remis et on a tourné au mois d'août avec Rodolphe Lauga (NDLR : le réalisateur de « Situation amoureuse : c'est compliqué »), une incroyable personne, ma rencontre de l'année !

Ce sera une comédie ?

Une comédie romantique ! On joue tous les deux dedans avec Kevin. Il y a un titre qui circule (NDLR : « Je te veux, moi non plus ! ») mais ça ne sera peut-être pas celui-là. Avec Kevin, on travaille ensemble, on écrit ensemble, on fait un film ensemble, on est amoureux, on s'est marié. Trop bien…

La fin du tournage a, paraît-il, été un peu mouvementée…

C'était l'avant-dernier jour. Je vis l'un des plus beaux moments de ma vie : je suis en train de tourner une scène de surf, il y a le réal qui est dans l'eau en combi, on rigole, ça se passe très bien. Il y a plein de chutes, parce que bon, moi j'ai grandi à Paris, alors le surf (rires)… Je fais à peine quatre pas sur la plage et j'ai mon genou qui claque. Entorse ! Du coup, le dernier jour, j'ai dû me faire transporter tout en haut d'une montagne pour fêter la fin du tournage avec l'équipe. Bon, le genou, il recraque encore un peu depuis mais ça va… En vrai, ça me tue, ça me fait très mal. Mais c'est fou, dès que je suis sur scène, j'ai plus rien.

Il y a un an, certains pensaient que le boom de votre notoriété, inédit pour un humoriste, ne serait qu'un feu de paille…

Quand je vois par exemple les dates au Casino de Paris se remplir si vite, je me dis waouh, les gens sont toujours là, ils ont compris que je n'étais pas une nana d'Instagram qui fait des petites vidéos et c'est tout. Maintenant, on sait que je suis une comédienne, une stand-uppeuse. C'était un combat à un moment donné : je ne voulais pas être cataloguée comme youtubeuse ou influenceuse. Pendant le confinement, j'ai eu un milliard de demandes dans ce sens-là. Des fois, c'est tentant, mais je me dis non, ce n'est pas moi, pas mon métier. Je ne change pas ma ligne directrice.

« Hors normes » avec Inès Reg au Casino de Paris (IXe). Du 22 au 26 septembre (complet). Nouvelles dates du 12 au 16 octobre, puis en janvier. Tarifs : à partir de 39,40 euros.