Humour : les bonnes ondes de Morgane Cadignan, chroniqueuse chez Nagui

Elle est l’une des nouvelles voix de «La Bande originale» sur France Inter. L’humoriste reprend son spectacle à partir de ce jeudi sur la scène du Métropole (IIe). Et fait partie de la promo 2020 des Etoiles espoir humour du Parisien.

 La jeune humoriste Morgane Cadignan reprend son spectacle à partir de ce jeudi sur la scène du Métropole, à Paris (IIe).
La jeune humoriste Morgane Cadignan reprend son spectacle à partir de ce jeudi sur la scène du Métropole, à Paris (IIe). LP/Valentin Cebron

Tout est parti d'un message alors qu'elle boit un verre en terrasse avec des copains fin juillet. « Bonjour Morgane, c'est Nagui, peux-tu me rappeler? » Un coup de fil plus tard, les vacances prévues entre potes en Guadeloupe se sont transformées en studieuses séances d'écritures. Et les semaines de Morgane Cadignan depuis fin août en allers-retours quotidiens à la Maison de la Radio. L'humoriste de presque 30 ans, qui joue à partir de jeudi son spectacle sur la scène du Métropole (IIe), est une des nouvelles recrues de « la Bande Originale », l'émission de Nagui, sur France Inter. Du lundi au vendredi, pendant cinq minutes, elle explique à l'invité du jour dans une savoureuse chronique, pourquoi… elle ne l'aime pas!

Mais nous, qu'est-ce qu'on l'aime! Chaque passage est drôle et bien ficelé. Sacrément efficace quand elle joue la fausse aigrie, celle qui figure dans la promo 2020 des Etoiles Espoir Humour du Parisien a tout de suite trouvé son style et sa place. « Il y a une ambiance de cour de récré que j'adore », s'enthousiasme la chroniqueuse habituée des plateaux de stand-up parisiens, qui s'est acheté une Vespa pour rejoindre plus facilement la Maison de la Radio. Elle a aussi l'impression d'avoir gagné en crédibilité. « France Inter, c'est un label. Même les vieilles tantes qui te disent Mais humoriste, ce n'est pas un métier, elles connaissent. Là, j'ai gagné une heure de paix sur le prochain dîner de Noël, c'est très reposant », sourit-elle.

«Avec le stand-up c'est ta voix, ton texte…»

Morgane n'avait pas prévu de faire de ses vannes un métier, au départ. Après cinq ans d'études dans la pub, elle doit bien se faire une raison. Les stages ne se transforment pas en contrats. Et surtout, la scène la titille sérieusement. De nombreuses nuits blanches et pas mal de paquets de clopes plus tard (« j'avais envie de bosser et mes parents avaient déjà dépensé beaucoup d'argent pour mes études »), elle décide de se lancer et entre au conservatoire de Versailles. Avec un objectif : « Faire Médée, à l'Odéon, quelque chose de dramatique », rigole-t-elle aujourd'hui.

Et puis un jour, après une discussion entre potes, elle écrit un sketch. Qu'elle teste rapidement sur une scène ouverte. « Je suis tétanisée, je parle très vite, ma jambe tremble, on dirait un freestyle sur Skyrock, se rappelle l'artiste. Mais les gens rient. Timidement, certes, mais ce n'est pas un four complet et je ne vois pas la détresse dans leurs yeux ». Un déclic. « J'en avais tellement marre de passer des castings qui n'aboutissaient pas. Une brune entre vingt et trente ans à Paris, inutile de dire qu'on était plusieurs. J'en devenais aigrie, raconte-t-elle. Au moins, avec le stand-up c'est ta voix, ton texte, sans intermédiaire. J'avais des trucs à dire et j'ai compris que ça pouvait être ça mon vecteur ».

Croquer les contradictions

La comédienne écrit sketch sur sketch, qui deviennent vite une heure de spectacle. Elle y parle perturbateurs endocriniens, reconversions professionnelles, livres de développement personnel. Des errements de sa génération, aussi, « très créative, insiste-t-elle. Elle a vu le modèle capitaliste s'écrouler sous ses pieds et réussit pourtant à rebondir. Ce n'est pas facile mais on court davantage après notre bonheur et on assume de le faire ». La mélancolie est là, toujours, en filigrane. Et un plaisir certain à croquer les contradictions de ses contemporains. « Je trouve ça hyper beau, glisse-t-elle. C'est une façon de rester ouvert à l'inconnu, d'accepter de se tromper. Il n'y a rien de pire que quelqu'un qui a des principes et qui s'y tient ».

La machine est lancée. Et Morgane a mille projets. « C'est finalement moins l'appel de la scène que celui de l'écriture, assure-t-elle. J'ai ce besoin. Je me suis toujours sortie des embrouilles par de très longs textos, de très longs mails. C'est une manière d'organiser ma pensée. Et l'écriture marque quelque chose dans le temps. Ça permet de mettre des balises dans la vie, de capter des images, des ambiances. Et comme je suis très mauvaise en photo… ».

Morgane Cadignan, à partir du 1er octobre, les jeudis, vendredis et samedi à 20 heures au Métropole (Paris, IIe).