Covid-19 : les théâtres, musées, cinémas et parcs d’attractions sont-ils prêts à faire des tests ?

Alors que des expériences vont être menées pendant des concerts, les autres lieux culturels ne se sentent pas toujours concernés.

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 Dans les théâtres, « les conditions de mise en œuvre de tests sont complexes », selon Isabelle Gentilhomme, déléguée générale du Syndicat national du théâtre privé.
Dans les théâtres, « les conditions de mise en œuvre de tests sont complexes », selon Isabelle Gentilhomme, déléguée générale du Syndicat national du théâtre privé. LP/Frédéric Dugit

Les musées sont prêts à tout tester. Depuis des semaines, la petite musique est la même : les musées seront les premiers lieux culturels à rouvrir. Oui mais voilà : à l'exception de deux villes, Perpignan (Pyrénées-Orientales) — contraint de faire marche arrière ce lundi après une décision de justice — et Issoudun (Indre), qui ont décidé de braver l'interdit, ils sont toujours portes closes, à la différence de leurs homologues italiens par exemple.

Pourtant, depuis le début du mois, personnalités et responsables de musées se sont mobilisés, par voie de pétitions et lettres, pour convaincre Roselyne Bachelot. Leurs propositions portaient essentiellement sur des restrictions drastiques de jauges et d'horaires, adaptées suivant les régions.

«Au MuCEM, nous pouvons redémarrer dans les 24 heures»

« Mais nous serons d'accord avec toutes les mesures qui nous seront demandées, si elles sont applicables et pragmatiques, commente Jean-François Chougnet, le directeur du MuCEM de Marseille. En ce qui concerne la nécessité d'un test pour les visiteurs, nous avons proposé au niveau régional d'essayer une mise en place, sur une exposition par exemple, même si cela semble difficile à gérer. Quant à ouvrir seulement certains musées à titre d'expérimentation, pourquoi pas. Au MuCEM, nous pouvons redémarrer dans les 24 heures suivant une décision. »

Les théâtres, eux, se sont un temps interrogés sur la mise en place de tests. « On en a discuté, effectivement, mais les conditions de mise en œuvre sont complexes et puis finalement pour démontrer quoi ? Ce qu'on sait déjà, qu'il n'y a pas de risque dans un théâtre quand le protocole sanitaire est appliqué », souligne Isabelle Gentilhomme, déléguée générale du Syndicat national du théâtre privé. Notre phase de test, nous l'avons déjà eue, quand nous avons pu rouvrir, et il n'y a eu aucun foyer de contamination. Autant cela semble intéressant pour les concerts, autant pour nous je ne vois pas ce qu'on testerait… »

«Dans les cinémas, nous avons un protocole sûr et validé»

Les cinémas non plus ne s'estiment pas concernés. « Cette problématique ne concerne que les spectacles debout qui n'ont pu avoir lieu depuis un an car ils ne respectent pas la distanciation physique, explique Marc-Olivier Sebbag, secrétaire général de la Fédération nationale des cinémas français. Ce n'est pas du tout le cas des cinémas qui ont accueilli 27 millions de spectateurs entre le 22 juin et le 30 octobre 2020. Un test grandeur nature! Nous avons un protocole sûr et validé et respectons masques et distanciation, flux de public organisé… »

Les parcs d'attractions sont sur la même longueur d'onde. « Cela n'a jamais été évoqué car cela n'aurait pas vraiment de pertinence pour notre activité, essentiellement de plein air et sans concentrations de public aussi importantes que dans un concert. De plus, les protocoles sanitaires mis en place cet été dans les parcs ont montré leur efficacité : aucun cluster n'a été signalé chez nous », estime Arnaud Bennet, président du syndicat des parcs d'attractions (Snelac).