Couvre-feu : au Barbès Comedy Club, les humoristes préfèrent en rire

Dans cette maison du stand-up à Paris, qui restera ouverte sept jours sur sept, les artistes n’ont pas manqué de rebondir vendredi soir sur la situation sanitaire en général et sur le couvre-feu en particulier.

 Sur scène, au milieu de fous rires, l’humoriste Marouane Sista le promet : « Ce n’est pas le dernier bon moment qu’on passe ensemble ! »
Sur scène, au milieu de fous rires, l’humoriste Marouane Sista le promet : « Ce n’est pas le dernier bon moment qu’on passe ensemble ! » LP/Olivier Lejeune

« Mais… on parlait de quoi avant », se marre l'un des artistes sur scène. Impossible de faire l'impasse sur le sujet. S'ils ont aussi parlé théorie du complot, racisme ou voyage sur la lune, les quatre humoristes présents au Barbès Comedy Club (Paris, XVIIIe) ce vendredi à la séance de 20h15 – la dernière avant nouvel ordre à cette heure – ont tous évoqué la crise sanitaire en général, et le couvre-feu en particulier. Petite salle à l'américaine, où les meilleurs jeunes humoristes adeptes de stand-up testent leurs nouvelles vannes, le Barbès Comedy Club a été créé il y a un an pile. « Un super business plan : depuis l'ouverture, on a eu les grèves, la pandémie mondiale, et maintenant le couvre-feu et les changements d'horaires », résume en rigolant sur scène l'humoriste Shirley Souagnon, la patronne des lieux.

A tour de rôle, après des passages de dix bonnes minutes, chaque stand-upper se passe le témoin. Mais, Covid oblige, leur premier geste est le même : un coup de lingette sur le micro. Les vannes sur le confinement, les masques ou les gestes barrière fusent. « Je suis célibataire et je ne vous cache pas qu'une bise de temps en temps, ça fait plaisir, lâche Louis Chappey. Mais maintenant, quand je fais la bise à un pote, j'ai l'impression de faire l'amour sans capote. » « Vous avez écouté Macron mercredi ? rebondit quelques minutes plus tard son collègue Rémi Boyes. Il nous a dit : je ne vous infantilise pas mais… soyez tous à la maison à 21 heures, hein ! »

Le jeune humoriste Louis Chappey./LP/Olivier Lejeune
Le jeune humoriste Louis Chappey./LP/Olivier Lejeune  

La salle, bien remplie, réagit au quart de tour. Comme une envie d'exutoire. Sihem et Assia, deux copines venues du Val-d'Oise et des Hauts-de-Seine, avaient initialement prévu uniquement un resto. « Mais avec le couvre-feu, on s'est dit qu'on allait aussi se faire un spectacle parce qu'à partir de la semaine prochaine, ça va être bien plus compliqué. »

Fanas de sortie, les deux jeunes femmes regrettent déjà leur « bouffée d'oxygène du jeudi ou du vendredi soir ». « On a commencé à se renseigner pour voir quels spectacles on pourrait voir le week-end en journée, mais en semaine, ça ne va pas être possible d'être rentrées à 21 heures : encore une fois, ce sont les banlieusards qui sont pénalisés ! »

Sur scène, au milieu de fous rires, l'humoriste Marouane Sista le promet : « Ce n'est pas le dernier bon moment qu'on passe ensemble ! » Comme d'autres salles, le Barbès Comedy club a changé ses horaires et restera ouvert sept jour sur sept, à partir de 13h30 le week-end, de 18h30 en semaine. « Il faut rester dans un esprit positif, jouer à fond notre rôle de divertissement, résume Shirley Souagnon. C'est justement maintenant qu'on doit encore plus le faire ! »