Sorties cinéma du 23 septembre : «Les Apparences», «Ondine»… nos coups de cœur

Un drame aux allures de thriller avec Benjamin Biolay et Karin Viard, une émouvante réunion de famille avec Susan Sarandon, le nouveau film choc de Gaspar Noé... Voici nos films préférés parmi les nouveautés à l’affiche.

 «Les Apparences» nous plonge dans le quotidien d’un couple incarné par Benjamin Biolay et Karin Viard, parfaits en bourgeois expatriés à Vienne.
«Les Apparences» nous plonge dans le quotidien d’un couple incarné par Benjamin Biolay et Karin Viard, parfaits en bourgeois expatriés à Vienne. SND

Pas facile de s'y retrouver parmi les très nombreux films qui sortent ce mercredi dans les salles. On vous aide à y voir un peu plus clair avec cette sélection qui fait la part belle au cinéma français, fiction, essai ou doc. Il y en a pour tous les goûts !

ON ADORE

«Les Apparences» : sacrée partition !

Vienne, en Autriche, de nos jours. Eve et Henri Monlibert, les parents de Malo, y sont installés depuis qu'Henri a été nommé au poste de chef d'orchestre de l'Opéra. Eve, elle, dirige la bibliothèque de l'Institut français. Jusqu'ici, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes bourgeois, mais Eve a le pressentiment que son mari lui cache quelque chose. En fouillant son ordinateur, elle découvre qu'il la trompe avec l'institutrice de leur petit garçon.

Très librement adapté d'un roman de la Suédoise Karin Alvtegen, ces « Apparences » sont une mécanique parfaitement huilée pour explorer le fond des relations humaines au prisme d'une tribu dont on parle peu au cinéma : les fameux expats. Le ticket Karin Viard - Benjamin Biolay était en l'occurrence la configuration idéale, d'autant que le scénario, en prenant à mi-chemin un tour plus noir, invite les deux acteurs à développer un second souffle qui accélère le rythme et ajoute à leur performance. Sacrée partition!

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«Les Apparences», comédie dramatique franco-belge de Marc Fitoussi, avec Karin Viard, Benjamin Biolay, Pascale Arbillot, Laetitia Dosch, Lucas Englander… 1h48.

«Blackbird» : ultime réunion de famille

On connaissait la comédie romantique de Noël, voici le mélo de Noël. Signé Roger Michell (le réalisateur de « Coup de foudre à Notting Hill »), « Blackbird » met en scène une réunion de famille dans une maison très bourgeoise, avec distribution de cadeaux, rebondissements et révélations à la clé. Sauf que là, les invités n'attendent pas seulement le père Noël : Lily et Paul, son mari adoré, ont réuni leurs filles et leurs conjoints, leur petit-fils et leur meilleure amie pour un dernier week-end avant que Lily, atteinte d'une maladie incurable qui la paralyse progressivement, ne mette fin à ses jours.

Tendre, drôle, très émouvant, le film devient parfois un peu lacrymal, mais ce sont des larmes qui font du bien puisque dans ce drame, tout est digne et beau : la campagne anglaise, la sublime villa et Susan Sarandon, divine mourante en robe de soirée.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3,5/5

«Blackbird», drame britannique de Roger Michell, avec Susan Sarandon, Kate Winslet, Mia Wasikowska… 1h37.

ON AIME BEAUCOUP

«Ondine» : une fable étrange et belle

Berlin. Ondine, historienne de l'urbanisme, essaie de retenir son petit ami prêt à la lâcher pour une autre. Quand elle revient d'une énième présentation de la maquette de la ville, il est parti. Un aquarium se brise, qui la jette au sol avec Christoph. Le coup de foudre est immédiat. Commence une passion amoureuse nourrie par le mythe d'Ondine, une jeune femme qui doit tuer ses partenaires avant de retourner dans la mer.

Christian Petzold, star du nouveau cinéma allemand, s'affranchit - en surface du moins - des sujets historiques (son obsession pour le Seconde Guerre mondiale) pour s'ancrer dans un Berlin contemporain. Pour oublier les heures sombres? Petzold n'a jamais été un cinéaste de l'explication, mais tout l'enjeu sera justement d'aller chercher dans les tréfonds l'âme d'une ville et, par ricochets, d'une femme.

Un regard, et l'intrigue bascule. Comme la mer, imprédictible, Ondine se débat avec ses sentiments. Comme la petite sirène d'Andersen (qui s'inspira, justement, du mythe d'Ondine), elle sème la mort. C'est à la fois très beau - les scènes sous la mer semblent sorties d'un livre de Jules Verne, avec ce silure monstre - et très étrange.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3,5/5

«Ondine», drame allemand de Christian Petzold, avec Paula Beer, Franz Rogowski, Maryam Zaree, Jacob Matschenz… 1h30.

ON AIME BIEN

«Lux Æterna» : secoué et remuant

Béatrice Dalle réalise son premier film sur une sorcière qui va être brûlée vive. Elle embauche Charlotte Gainsbourg. Mais sur le tournage, tout va mal : le chef opérateur s'oppose à sa réalisatrice, le producteur s'agace, des figurantes se rebellent, Charlotte vit un drame personnel…

Ça n'est pas une histoire vraie, mais le scénario de « Lux Æterna », le nouveau film de Gaspar Noé, montré en séance de minuit l'an dernier au Festival de Cannes. Un objet curieux : film publicitaire de commande au départ, devenu moyen-métrage distribué au cinéma. Qui relève de la production expérimentale, avec la plupart des scènes en « split screen » (l'écran est divisé en deux ou trois par moments, avec des actions et des dialogues différents), une ambiance frôlant souvent l'hystérie, des images parfois stroboscopiques…

Bref, ça secoue fort. Cinéphiles et amateurs du réalisateur d' « Irréversible » pourront apprécier. Car, au-delà de son propos sur les sorcières, « Lux Æterna » constitue un essai vibrant sur le cinéma et les difficultés de fabriquer un film.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3,5/5

«Lux Aeterna», drame expérimental français de Gaspar Noé, avec Béatrice Dalle, Charlotte Gainsbourg… 51 minutes.

«Sing Me a Song» : dépaysant

Peyangki est un adolescent accro à son smartphone et aux jeux vidéo de guerre, qui tombe amoureux d'une jeune chanteuse rencontrée sur Internet. Rien d'anormal pour un ado d'aujourd'hui… Sauf que Peyangki vit et étudie dans un monastère du Bhoutan. Dans ce petit royaume bouddhiste, niché à l'est de la chaîne de l'Himalaya, la télévision et Internet ne sont autorisés que depuis une vingtaine d'années.

« Sing Me a Song » nous fait découvrir un pays souvent réduit à son indice de « bonheur national brut » (servant au gouvernement à mesurer le bien-être de sa population), mais qui n'échappe pas à la modernité. Tandis que des moines prient dans la montagne, en ville, des jeunes se réunissent dans des salles de jeux en réseau et des filles veulent partir au Koweït pour gagner de l'argent… Un film assez lent, mais édifiant et aux images d'une beauté époustouflante.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3/5

« Sing Me a Song», documentaire français de Thomas Balmès. 1h35.