«L’As des as», «Stavisky», «Léon Morin»… 5 fois Belmondo sur Netflix

Netflix propose depuis ce dimanche 16 films pour redécouvrir Belmondo sous ses visages les plus différents. Nous en avons choisi cinq.

 Jean-Paul Belmondo a enfilé la soutane pour Jean-Pierre Melville dans «Léon Morin, prêtre».
Jean-Paul Belmondo a enfilé la soutane pour Jean-Pierre Melville dans «Léon Morin, prêtre». Tamasa

Vous l'aimez comment Bébél ? Escroc, défenseur de la veuve et de l'orphelin, joli cœur ? Seize films de l'acteur ont débarqué ce dimanche sur Netflix. Nous en avons retenu cinq.

Mystique «Léon Morin, prêtre»

Il a belle allure, ce prêtre que rien ne semble désarmer. Et surtout pas les mots d'une jeune femme, Barny, de condition très modeste, qui profite du confessionnal pour se répandre auprès de lui en propos provocateurs. Mais entre l'ecclésiastique et cette rebelle à fleur de peau, la relation va prendre un autre tour…

Il s'est dit que Belmondo avait hésité à accepter ce rôle adapté du roman de Béatrix Beck, prix Goncourt 1952, et surtout à enfiler une soutane. Mais que, dès qu'il l'a revêtue, il ne voulait plus la quitter, même hors plateau. Atypique dans la filmographie de Jean-Pierre Melville, maître du « noir », « Léon Morin, prêtre », qui se déroule pendant l'Occupation, pose en trame de lourdes questions sur les mystères de la nature humaine. En âme torturée par ce qu'elle éprouve de flamme et de tourments, Emmanuelle Riva est poignante.

« Léon Morin, prêtre », comédie dramatique française en noir et blanc de Jean-Pierre Melville (1961), avec Jean Paul Belmondo, Emmanuelle Riva, Nicole Mirel, Irène Tunc… 2h5.

Amoureux dans «Un Homme qui me plaît»

Ce n'est pas le film le plus connu de Claude Lelouch, ni le plus ambitieux, mais c'est une pure friandise romantique, dans l'orbite d'« Un Homme et une femme ». Bébel, qui incarne Henri Carlier, compositeur, fait à Los Angeles, sur le tournage du film pour lequel il travaille, la connaissance d'une actrice. Campée par Annie Girardot, nous ne saurons que son prénom, Françoise. Elle lui trotte si bien dans la tête qu'il décroche en pleine nuit son téléphone pour l'appeler. Entre eux, mariés chacun de leur côté, c'est alors la petite musique de l'amour qui grandit comme une symphonie. Mais les symphonies s'accommodent-elles des parenthèses, même sous le plein soleil de L.A. ? Aux côtés de sa rayonnante et si touchante partenaire, Belmondo n'a aucun mal à parfaire ses gammes de charismatique joli cœur sur une partition mise en musique par Francis Lai.

« Un Homme qui me plaît », comédie romantique de Claude Lelouch (1969), avec Annie Girardot, Farrah Fawcett, Marcel Bozzuffi, Maia Pia Conte… 1 h 55.

Escroc dans «Stavisky»

Il y avait bien des propositions pour incarner le financier Serge Alexandre Stavisky, d'origine ukrainienne, mort le 8 janvier 1934 à 47 ans. Il fut à l'origine d'une escroquerie qui a dû plus tard inspirer un Madoff, et jeta le pays dans une crise économique et politique telle qu'elle manqua faire imploser la IIIe République. Mais c'est Jean-Paul Belmondo qu'a choisi Alain Resnais. Bonne pioche et gros succès public – plus d'un million de spectateurs – en dépit d'un accueil critique plus que frileux sur le Croisette.

L'acteur y endossa le costume de l'emploi et cette élégance de dandy n'avait d'égale que le charisme malicieusement insolent qui ont toujours été sa marque de fabrique. Cette flamboyante et suicidaire danse au bord du gouffre, qui n'est pas sans rappeler « le Sucre », de Jacques Rouffio, est soutenue par un formidable casting avec une Anny Duperey impériale. Spéciale dédicace à Michael Lonsdale, récemment disparu.

« Stavisky », drame historique français d'Alain Resnais (1974), avec Anny Duperey, François Périer, Michael Lonsdale, Charles Boyer… 2 heures.

Sauveur dans l'«As des as»

Le film avait été au printemps l'une des stars du programme de rediffusions. Jo Cavalier est un ex-prince de la voltige reconverti en entraîneur de boxe, sa seconde passion. Le film se déroule en 1936 lorsque, alors qu'il accompagne l'équipe de France en route pour Berlin où elle va disputer les Jeux olympiques, Jo fait la connaissance du petit Simon Rosenblum, venu retrouver ses parents libraires. Jo décide d'accompagner l'enfant mais, arrivés sur les lieux, la Gestapo est déjà dans la place. Dès lors, au prix de mille rebondissements assortis de cascades diverses et servis par d'excellents dialogues, Jo s'efforcera de faire passer Simon en Autriche.

On est constamment ici entre l'action et le suspense, avec une bonne dose d'humour en prime. Quant à Simon, il ressemble fort au double de Gérard Oury, que la période de l'Occupation avait douloureusement marqué.

« L'As des as », comédie d'aventure franco-allemande de Gérard Oury (1982), avec Jean-Paul Belmondo, Marie-France Pisier, Rachid Ferrache, Frank Hoffmann… 1h40.

Justicier dans «Cartouche»

Inspirée de la vie de Louis Dominique Bourguignon, alias Cartouche, jeune Robin des Bois du XVIIIe siècle, défenseur façon tête brûlée de la veuve et de l'orphelin et qui mourut écartelé en 1721 place de Grève à Paris, cette œuvre est l'une des plus riches de Philippe de Broca, et pas seulement par la mise en scène et les costumes.

Sans rien économiser des codes du film de cape et d'épée, elle mêle hardiment la comédie — bonheur absolu de retrouver Jean Rochefort dans le rôle de la Taupe — le registre du romantisme que se partagent Claudia Cardinale, une Esmeralda nommée Vénus, et la délicieuse Odile Versois en amoureuse malmenée. Mais il y a dans ce film une autre dimension, plus tragique, destin du héros oblige, qui mélange constamment ombre et lumière. C'est ce que traduit un final d'une grande intensité.

« Cartouche », comédie dramatique historique franco-italienne de Philippe de Broca (1962), avec Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale, Odile Versois, Jean Rochefort… 1h45.

Onze autres films mettant scène Bébel sont disponibles sur Netflix : « le Magnifique », de Philippe de Broca (1973), « l'Héritier », de Philippe Labro (1974), « l'Incorrigible », de Philippe de Broca (1975), « Peur sur la ville », d'Henri Verneuil (1975), « le Corps de mon ennemi », d'Henri Verneuil (1976), « Flic ou voyou », de Georges Lautner (1979), « le Guignolo », de Georges Lautner (1980), « le Professionnel », de Georges Lautner (1981), « le Marginal », de Jacques Deray (1983), « les Morfalous », d'Henri Verneuil -1984), « Hold-up », d'Alexandre Arcady (1985).