Cinéma : oui, il y aura des blockbusters ces prochains mois

Réunis en congrès annuel à Deauville, les exploitants de salles ont été rassurés par un plan de soutien du ministère de la Culture et des bandes-annonces prometteuses des distributeurs de films.

 « Trolls 2 », une production Universal, est annoncé en salle le 14 octobre.
« Trolls 2 », une production Universal, est annoncé en salle le 14 octobre. DR

A l'entrée du Centre international de Deauville (CID), où se déroulait ce jeudi la traditionnelle Journée des éditeurs de films - les distributeurs y présentent leurs bandes-annonces de l'année à venir dans le cadre du Congrès des exploitants -, une affiche géante du prochain James Bond, « Mourir peut attendre », fait beaucoup parler. Un autocollant noir masque ce qui semble être la date de sortie. Des rumeurs récentes font état d'un éventuel nouveau décalage du film, d'abord prévu en avril, puis décalé par Universal au 11 novembre à cause de la pandémie de Covid-19.

Dans un contexte difficile pour les patrons de salle, même si certains imaginent que cette affiche était prévue pour la sortie en avril et que l'autocollant masque la date initiale, quelques-uns s'interrogent, car le 007 de novembre est susceptible de remplir les cinémas. D'autant que la veille, en plein congrès annuel, un autre studio américain, Disney, a annoncé le report à 2021 de plusieurs de ses sorties mondiales prévues dans les mois qui viennent, tels que « Black Widow » (un film Marvel avec Scarlett Johansson) ou le « West Side Story » de Steven Spielberg.

Mais les doutes seront levés par les représentants français de plusieurs distributeurs américains qui ont tenu à faire le déplacement à Deauville avec leurs bandes-annonces. A commencer par Universal, qui assure que le James Bond, si les mesures sanitaires en vigueur dans les salles sont maintenues en l'état, sortira bien le 11 novembre. Le studio est venu présenter d'autres blockbusters à venir : « Trolls 2 », le 14 octobre, « Les Croods 2 », le 2 décembre, « Respect », sur la vie d'Aretha Franklin, en janvier 2021.

Warner a présenté le gros morceau du mois de décembre, « Wonder Woman 1984 » (sortie le 30) ; Paramount, « Sans un bruit 2 » pour le 21 avril et surtout « Maverick », la suite de « Top Gun » avec Tom Cruise, pour le 14 juillet ; Metropolitan Films, « The Good Criminal », avec Liam Neeson, pour le 14 octobre ou « Un homme en colère » avec Jason Statham pour le 20 janvier. De quoi redonner le sourire aux exploitants, qui ont été rassurés, la veille, par les annonces de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, de passage au congrès.

Un plan qui prévoit 34 millions d'euros d'aides directes aux salles et 60 millions alloués au Centre national du cinéma (CNC) pour compenser le manque de recettes durant et après le confinement. « C'est vraiment bien, se réjouit un responsable de cinéma municipal des Hauts-de-Seine. Maintenant, il faut que ça tombe très vite… » Le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), Marc-Olivier Sebbag, est sur la même ligne : « Nous avons eu une vraie sensation de soulagement, tout en étant conscient du réel effort que cela représente pour l'Etat. Le plan annoncé est très fort, il va permettre aux exploitants de tenir sur le long terme. Dans un contexte où l'on enregistre un déficit de recettes de 60 %, il faut que ces aides soient versées très vite, ce à quoi le CNC s'est engagé… »

Dans cette période sanitaire et économique tendue, les patrons de salles de cinéma présents à Deauville, et tous masqués dans le CID, ont pourtant eu d'autres raisons de se réjouir au cours de cette journée. Les distributeurs de films français leur avaient réservé de bonnes nouvelles à travers leurs bandes-annonces, parfois accompagnées de surprises. La plus belle est venue de Studiocanal, seul distributeur à avoir fait cette année le déplacement avec une équipe de film. Celle de « Bac Nord » (sortie le 23 décembre) de Cédric Jimenez, avec Gilles Lellouche, François Civil, Karim Leklou, film coup de poing sur une équipe de la Bac dans les quartiers nord de Marseille. Tous étaient présents sur scène, et Gilles Lellouche a fait un tabac sur le ton de l'humour noir : « On a parlé avec Disney, et après on s'est dit qu'on allait bien sortir en 2020 ! »

« Les Tuche 4 » annoncé pour le 9 décembre

Il n'est pas le seul à avoir nourri la machine à applaudissements. Gaumont a emballé l'assistance avec ses bandes-annonces de « Aline » de Valérie Lemercier, inspiré de la vie de Céline Dion (sortie le 18 novembre), trois teasers hilarants de « OSS 117, alerte en Afrique noire » (3 février) et des images à hurler de rire du « Sens de la famille » avec Franck Dubosc et Alexandra Lamy (20 janvier).

Même succès pour Pathé, venu avec une chanson de Noël - où la bûche est remplacée par des frites - des « Tuche 4 », annoncé pour le 9 décembre, et une bande-annonce très prometteuse de « Eiffel » (17 février), sur la construction de la Tour, avec Romain Duris. UGC n'était pas en reste, avec des images des « Deux Alfred » (13 janvier) de Bruno Podalydès avec son frère Denis, ou du « Médecin imaginaire » (14 avril), comédie qui semble jouer le décalage de façon très drôle.

Au fil de la journée, d'autres BA ont connu un franc succès : les premières images du « Kaamelott » d'Alexandre Astier montrées par SND (25 novembre), « ADN » de Maïwenn (28 octobre) ou « Les Méchants » (10 février) de Mouloud Achour et Dominique Baumard, avec un casting ahurissant, chez Le Pacte, « Un triomphe » (23 décembre) avec Kad Merad chez Memento. Sans oublier « Mon Grand-père et moi » (7 octobre) avec Robert De Niro chez Alba Films, « Des Hommes » (11 novembre) de Lucas Belvaux avec Gérard Depardieu, Catherine Frot et Jean-Pierre Darroussin ou « Eugénie Grandet » de Marc Dugain d'après Balzac (17 mars) chez Ad Vitam… Et bien d'autres encore. Les mauvais mois, sans films ni recettes, du confinement ou de l'été semblaient bien loin en ce jour de riches annonces. Reste à espérer que toutes ces dates de sorties seront maintenues…