«Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary» : un film d’aventures somptueux

Le film d’animation « Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary » conte la jeunesse, au Far West, de la future Calamity Jane. Et c’est somptueux.

 La petite Martha Jane n’est pas une fillette comme les autres : casse-cou et bagarreuse, elle désire s’habiller comme un garçon et monter à cheval.
La petite Martha Jane n’est pas une fillette comme les autres : casse-cou et bagarreuse, elle désire s’habiller comme un garçon et monter à cheval. Prod

Un convoi traverse l'Ouest américain à la fin du XIXe siècle. Les chariots sont conduits par des membres d'une communauté religieuse, qui veulent se rendre dans des territoires moins rudes, moins dangereux, vers une vie meilleure. Seule une carriole appartient à une famille ne faisant pas partie du groupe. A son bord, un père et ses enfants, au sein desquels une gamine, Martha Jane, se démarque. Elle fait preuve de singularités peu communes pour l'époque : casse-cou et bagarreuse, elle désire s'habiller comme un garçon et monter à cheval, ce qui va rapidement lui créer des problèmes avec le reste du clan…

Chassée du convoi, Martha Jane va vivre une période aventureuse et risquée, qui finira par la ramener vers son périple d'origine.

Cette gamine, c'est tout simplement la future Calamity Jane, à laquelle le Français Rémi Chayé consacre ce somptueux film d'animation. Il lui aura fallu cinq ans de travail pour parvenir à cette pépite basée sur de rares témoignages d'époque : l'imagination du cinéaste a fait le reste. Il nous dépeint un Far West très rude, ou le danger rode en permanence, et un univers où les femmes n'ont que peu de possibilités d'agir ou de s'exprimer.

Chevaux au galop et féminisme avant l'heure

Mais la petite Martha Jane ne l'entend pas ainsi : ses spectaculaires prises de position, son goût pour les rencontres, son ardeur, sa volonté de maîtriser les chevaux au galop en font une féministe avant l'heure. On connaît la suite légendaire − jamais évoquée dans le film, qui s'en tient à la prime jeunesse de celle qu'on surnommera plus tard « Calamity »…

Il en résulte un film d'aventures aussi intelligent que passionnant, mené à cent à l'heure, plein de suspense et de rebondissements, qui va tenir en haleine les plus jeunes comme les adultes. D'autant qu'ils vont en prendre plein les yeux. Produit à l'ancienne, en 2D, dans un style très « à plat » et épuré, le film décline un graphisme d'une beauté sidérante, faisant la part belle à ces paysages mythiques de l'Ouest américain. Le jury de l'édition 2020 du Festival du film d'animation d'Annecy lui a décerné le Cristal du long-métrage, la plus haute récompense possible du palmarès.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

« Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary », film d'animation français de Rémi Chayé. 1h22.