«Antigone» : une modernisation très réussie

La réalisatrice canadienne Sophie Deraspe modernise la légende antique, en la transférant dans le Québec d’aujourd’hui.

 En aidant son frère à s’évader de prison, Antigone (Nahéma Ricci), avide de justice, va devenir l’héroïne d’une génération.
En aidant son frère à s’évader de prison, Antigone (Nahéma Ricci), avide de justice, va devenir l’héroïne d’une génération. Prod

Au Québec, Antigone, brillante élève d'origine arabe dont la famille a fui un régime sanglant, voit sa vie basculer quand son frère est impliqué dans un meurtre qui le conduit en prison. La jeune fille ne va pas hésiter à le faire évader et à prendre sa place, ce qui va en faire l'héroïne tragique de toute une génération…

Il y avait Sophocle, puis Jean Anouilh, il faudra désormais ajouter Sophie Deraspe. Cette réalisatrice québécoise modernise de la plus belle manière la pièce d'origine, en y insufflant une solide dose de réalisme social, tout en restant fidèle à son esprit — un plaidoyer contre la tyrannie, une ode à l'idéalisme.

Que de belles idées dans ce film, comme celle de remplacer le chœur par des jeunes représentant les réseaux sociaux, qui scandent leur soutien à leur idole en rappant. Et quel beau personnage que cette Antigone moderne – superbement interprétée par la jeune Nahéma Ricci, avide de justice, rebelle incorruptible, inflexible dans son combat… Un film parfait pour le public adolescent, qui y trouvera matière à réflexion sur la notion de super-héros tout en révisant ses classiques. Une grande réussite.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

« Antigone », drame canadien de Sophie Deraspe, avec Nahéma Ricci, Rachida Oussaada, Nour Belkhima… 1h49.