Chapelles de Notre-Dame de Paris : une restauration sous haute protection

Le temps de la consolidation est passé. L’échafaudage qui menaçait les voûtes de la cathédrale sera bientôt entièrement retiré. Deux premières chapelles commencent à être restaurées. Reportage.

 Marie Parant et sept autres restauratrices redonnent leur plus bel éclat aux peintures endommagées par l’incendie de Notre-Dame de Paris.
Marie Parant et sept autres restauratrices redonnent leur plus bel éclat aux peintures endommagées par l’incendie de Notre-Dame de Paris. LP/Frédéric Dugit

Pas de pause pendant cette saison 2 du confinement. Le chantier de sécurisation et de consolidation de la cathédrale Notre-Dame est toujours en pleine activité durant cette période. Les vestiges de l'incendie, sur les voûtes, ont été entièrement évacués. La dépose de l'échafaudage sinistré devrait s'achever fin novembre. A l'intérieur de la cathédrale, des échafaudages sont montés pour soutenir les voûtes endommagées. Ils serviront ensuite pour les futurs travaux de restauration qui pourraient débuter l'année prochaine après les études de diagnostic. Mais, déjà, deux chapelles sont en cours de restauration. Des travaux tests qui devraient permettre de lancer les chantiers futurs.

Accéder à l'une d'elles, la chapelle Saint-Ferdinand, où travaille Marie Parant, restauratrice des peintures murales de la cathédrale de Notre-Dame, n'est pas une mince affaire. Une heure de formation contre la contamination au plomb. Une étape au vestiaire pour revêtir une combinaison de sécurité avec masque respiratoire bien plus couvrant qu'un simple tissu anti-Covid… La préparation est sérieuse.

Marie Parant et son équipe doivent se protéger très sérieusement pour travailler à Notre-Dame. LP/Frédéric Dugit
Marie Parant et son équipe doivent se protéger très sérieusement pour travailler à Notre-Dame. LP/Frédéric Dugit  

Son lieu de travail est tout aussi impressionnant. La chapelle est totalement placée dans une bulle. C'est donc sous un véritable scaphandre protecteur avec air pulsé, dans un bruit de soufflerie constant, qu'elle s'affaire depuis le mois de septembre et jusqu'à la fin décembre avec sept autres restauratrices.

Six mois avant l'incendie, Marie Parant avait restauré la chapelle Saint-Germain. Le même protocole de travail est donc mis ici en œuvre afin de rédiger un cahier des charges très précis qui sera utilisé pour la remise en état des vingt autres chapelles de la cathédrale, dans les mois à venir.

Une fourmilière en plein sauvetage

Aujourd'hui, le bruit incessant du montage ou du démontage de nouveaux échafaudages de cet immense chantier de sauvetage de la cathédrale de Paris a remplacé les partitions d'orgues qui l'accompagnaient lors du premier acte. La cohabitation est totale avec les compagnons, maçons, couvreurs, dans cette fourmilière en plein sauvetage.

C'est par petites touches de tampon imbibé d'eau que le nettoyage des peintures du XIXe siècle est assuré pour permettre aux pigments de rouge, de bleu et de vert de retrouver leur éclat. « On a l'impression que nous avons ici un petit trésor au milieu d'un vaste chantier de bâtiment », assure-t-elle.