«Ça remet du baume au cœur» : le théâtre Funambule rouvre... virtuellement

Toujours fermée en raison de la crise sanitaire, la salle parisienne tente une programmation en ligne à partir de ce mercredi : deux directs, puis des pièces à l’achat sur la plate-forme OpsisTV.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 «Un cadeau particulier», avec Bénédicte Bailby, Didier Caron et Christophe Corsand, est l’une des deux pièces qui seront disponibles ce mercredi sur la plate-forme OpsisTV.
«Un cadeau particulier», avec Bénédicte Bailby, Didier Caron et Christophe Corsand, est l’une des deux pièces qui seront disponibles ce mercredi sur la plate-forme OpsisTV. Franck Harscouet

Ils ont remis des affiches devant le théâtre, ont repris les répétitions depuis quelques jours et sentent monter cette douce pression… Ce mercredi, le Funambule va connaître deux nouvelles premières. C'est du moins ainsi que les équipes le ressentent alors que la salle du XVIIIe arrondissement de Paris rouvre virtuellement ses portes ce 17 février avec deux spectacles à suivre en direct sur OpsisTv, plate-forme dédiée au spectacle vivant.

A 16 heures, la scène de la petite salle accueillera à nouveau le spectacle jeune public « Charlie Poppins fait son cirque », de Débora Roquebrune, puis à 20 heures « Un cadeau particulier », de Didier Caron. A partir de jeudi, c'est une programmation de cinq pièces — dont deux pour jeune public — qui seront disponibles à la demande pour le prix de 3 euros. C'est la première fois que la plate-forme de streaming s'essaye à l'achat unique.

«C'est une ouverture virtuelle, mais ça nous stimule»

« Nous avons de plus en plus d'intérêt de la part des théâtres qui cherchent à partager leur travail, indique Guillemette Pinon d'OpsisTV qui voit son offre de directs s'étoffer depuis la réouverture avortée de décembre. Quand les acteurs du secteur ont compris que ça ne rouvrirait pas tout de suite, ils se sont pour certains orientés vers les possibilités du numérique ». Après « Voyage au bout de la nuit » vendredi dernier depuis le Lucernaire, OpsisTv proposera ainsi le 25 février, depuis le Théâtre Saint-Bonnet à Bourges (Cher), « la Sonate à Kreutzer », d'après Tolstoï, avec Marie-Christine Barrault.

« On essaye de conjurer le sort avec ce qu'on a, c'est une ouverture virtuelle ou 2.0, mais ça nous stimule, on se revoit, on est dans la salle, on travaille, souffle Julien Héteau, codirecteur du Funambule. Au point où j'en suis, je me dis qu'on ne rouvrira pas avant septembre et j'ai cherché ce qu'on allait faire en attendant pour proposer notre travail. » La diffusion en ligne, donc, une solution qui « répond aussi à la question de ceux qui n'ont pas accès à nos salles, qui en sont loin ou qui ne sont pas en capacité de venir », poursuit-il.

«Ne nous enfermons pas davantage que nous y oblige le Covid»

Avec les aides du CNC à la captation, l'opération est à peu près blanche. Quant aux locations à 3 euros, elles ne rapporteront pas des fortunes au théâtre, mais ce mardi après-midi, il avait déjà vendu 160 places pour ses deux spectacles. Quasiment deux salles pleines sans distanciation sociale. « Ça remet du baume au cœur et de l'optimisme, les gens ont envie de spectacle », sourit Julien Héteau, qui s'est affranchi de ce qu'il nomme une « pudeur artistique ».

« Oui, la scène est mieux que l'écran, mais ça ne nuit pas, au contraire ça peut aider, estime-t-il. Ce qui m'en a convaincu, c'est lorsque ma fille de 5 ans a vu un opéra sur Arte et me demande depuis d'aller à l'opéra. C'est que ça marche… Ne nous enfermons pas davantage que nous y oblige le Covid. On a une fenêtre possible, ouvrons-la ! C'est mieux que de fermer le rideau. » Au Funambule, on envisage désormais un direct par mois.

A suivre sur Opsistv.com. Ce mercredi : « Charlie Poppins fait son cirque », de Débora Roquebrune, à 16 heures, 10 euros (dès 3 ans); « Un cadeau particulier », de Didier Caron, à 20 heures, 10 euros. A partir de jeudi (3 euros pour une location de 48 heures) : les deux premières pièces ainsi que « Main basse sur le magot », d'Arnaud Cassand, « Cabaret Louise », de Régis Vlachos, et « les Trois Cheveux d'or », de Loïc Porteau (dès 6 ans).