Annonces de Macron : des dérogations au couvre-feu pour les spectacles à partir du 15 décembre

A leur réouverture, à partir du 15 décembre, si les conditions sanitaires le permettent, les théâtres et les cinémas pourront proposer des séances plus tardives. Les tickets permettront aux spectateurs de rentrer chez eux après 21 heures.

 Emmanuel Macron a annoncé un « horodatage » pour qu’au cinéma ou au théâtre, des séances et représentations en soirée puissent avoir lieu.
Emmanuel Macron a annoncé un « horodatage » pour qu’au cinéma ou au théâtre, des séances et représentations en soirée puissent avoir lieu. LP/Olivier Lejeune

C'est quoi l'horodatage? Le monde de la culture s'est instantanément posé la question en entendant le président Emmanuel Macron employer ce terme, ce mardi 24 novembre lors de son allocution sur l'allègement du confinement, pour évoquer la réouverture des théâtres, cinémas et musées à partir du 15 décembre si les conditions sanitaires le permettent. Selon nos informations, il s'agira d'une tolérance au-delà de 21 heures, le début du couvre-feu, pour pouvoir rentrer chez soi après le spectacle, le ticket d'entrée faisant foi.

Cet aménagement enchante le monde du cinéma qui pourra désormais organiser des projections autour de 20 heures. Cet « horodatage », avait été réclamé en vain par les exploitants lors du premier couvre-feu, car la séance de 20 heures est cruciale pour les cinémas. Cette fois-ci, il a donc été accepté par le gouvernement. « On a l'impression que le travail qu'on a effectué sur le protocole sanitaire a payé, se réjouit Richard Patry, le président de la Fédération nationale des cinémas français. Et les mots du président de la République sur le caractère essentiel de la culture nous ont touchés. »

« Je suis heureux de voir qu'enfin nous avons là un plan qui paraît construit et qui remet la culture à sa juste place, ajoute Bruno Monnier, PDG de Culturespaces, société gestionnaire notamment de l'Atelier des lumières à Paris et du Musée de l'automobile (Mulhouse) en province qui vont rouvrir.

«Ça motivera les gens à sortir»

Même sentiment du côté du théâtre de l'Européen à Paris spécialisé dans l'humour. « Si les billets deviennent une dérogation, que la compensation économique est maintenue, on peut relancer la dynamique, souligne Sébastien Beslon, directeur de la salle. Dans ces conditions, sans l'impératif d'être rentré chez soi à 21 heures, on évite de mettre la pression sur le public. Ça motivera les gens à sortir. Ils ont besoin de nous. » A la Petite Loge, minuscule café-théâtre de 25 places, on est prêt, mais on s'interroge. « Est-ce que l'on va remplir, notamment le week-end alors que les gens n'ont pas pu s'avancer sur les achats de Noël et risquent de se rattraper à ce moment-là ? », se demande Perrine Blondel, la codirectrice des lieux.

Qu'importe. Les théâtres vont vite se remettre en ordre de marche. « La majorité des lieux reprendront les spectacles interrompus fin octobre, confirme Bertrand Thamin, président du Syndicat national du théâtre privé (SNDTP). Concrètement à partir du 10 décembre, chez nous, nous allons faire des raccords avec les comédiens pour qu'ils se remettent en tête leur texte et leurs déplacements, puis nous reprenons le 15 ».

Reste la question de la jauge de public, soit le nombre maximum de personnes accueillies. Selon nos informations, les salles de spectacle assises pourront ouvrir avec un siège entre les groupes de six personnes maximum venant ensemble. Et cela jusqu'à mille pour les plus grands lieux. Des précisions devraient être apportées d'ici la fin de la semaine.