Accusé d’agressions sexuelles, le parolier Yohann Malory contre-attaque

Auteur pour Louane, Jenifer ou Johnny Hallyday, l’artiste porte plainte pour dénonciation calomnieuse. Il s’explique pour la première fois, en exclusivité pour Le Parisien - Aujourd’hui en France.

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 « Je subis un préjudice immense alors que je suis innocent », estime Yohann Malory, qui fait l’objet d’une enquête préliminaire pour agressions sexuelles après quatre plaintes contre lui.
« Je subis un préjudice immense alors que je suis innocent », estime Yohann Malory, qui fait l’objet d’une enquête préliminaire pour agressions sexuelles après quatre plaintes contre lui. LP/Frédéric Dugit

Il n'avait pas encore parlé. Cette fois, Yohann Malory s'explique et riposte. A 35 ans, celui qui est l'un des paroliers fétiches de la variété française, auteur de chansons pour Louane, Jenifer, M. Pokora ou encore Johnny Hallyday se retrouve dans la tourmente. Comme nous l'avions révélé en novembre dernier, l'artiste fait l'objet d'une enquête préliminaire pour agressions sexuelles après quatre plaintes de jeunes femmes contre lui.

« Au regard des nombreux témoignages concordants sur les agissements du mis en cause, nous attendons que la justice en tire rapidement les conséquences », insistent Yassine Bouzrou et Lydia Djebaili, qui défendent les victimes. De son côté, Yohann Malory, défendu par Antoine Vey, contre-attaque et porte plainte à son tour pour dénonciation calomnieuse. Il n'a pas encore été entendu par la police et s'exprime pour la première fois.

Pourquoi avoir déposé plainte contre X pour dénonciation calomnieuse ?

YOHANN MALORY. Je subis un préjudice immense alors que je suis innocent. Mon nom a été sali. Ces filles se servent du mouvement MusicToo (NDLR : qui recueille les témoignages de femmes harcelées ou agressées sexuellement dans le monde de la musique) pour régler leurs comptes avec moi. Que les choses soient claires : je suis pour la libération de la parole de la femme, j'ai d'ailleurs énormément écrit de chansons pour les femmes. Je respecte ce mouvement mais à condition qu'il ne fasse pas les enquêtes à la place de la police et respecte la présomption d'innocence.

Les accusations sont graves : une jeune femme affirme avoir subi une agression sexuelle après avoir été droguée…

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Ce sont de fausses accusations, des mensonges. Il n'y a jamais eu la moindre agression sexuelle sur cette jeune femme comme sur d'autres. Dans cette affaire ma seule erreur, et je l'assume, c'est d'avoir versé du MDMA (NDLR : l'équivalent de l'ecstasy) dans le verre d'une jeune femme à son insu. C'était le 26 octobre 2019, je fêtais la fin du tournage de mon dernier clip dans une discothèque parisienne, j'avais consommé de la drogue et j'en ai mis dans les verres de plusieurs de mes amis, filles et garçons. Les autres savaient, mais pas elle car elle s'était greffée à la soirée. Dans les heures qui ont suivi, comme elle se sentait mal, je l'ai raccompagnée jusqu'à son domicile en Uber. Je suis resté dans le taxi. A aucun moment, il n'y a eu de paroles et de gestes déplacés ou je n'ai tenté de l'embrasser. J'ai ensuite échangé avec elle dans la nuit des SMS qui montrent qu'elle était bien consciente et qu'il n'y a eu aucun incident. Le lendemain, j'ai pris des nouvelles. Dans les jours qui ont suivi, elle m'a informé qu'elle s'était rendue à l'hôpital pour faire des analyses de sang, que la présence de drogue avait été détectée et qu'elle avait déposé plainte. Mais il n'a jamais été question d'agression sexuelle.

« Je suis victime d’une injustice », assure Yohann Malory./LP/Frédéric Dugit
« Je suis victime d’une injustice », assure Yohann Malory./LP/Frédéric Dugit  

Quand lui avez-vous dit pour la drogue dans le verre ?

Cinq jours après, nous nous sommes vus avec sa sœur. C'est là que je leur ai dit. Mais là encore, personne n'a parlé d'une quelconque agression sexuelle. Fin novembre 2019, j'ai appris qu'il y avait eu une perquisition dans la discothèque et qu'une bande-vidéo avait été saisie. J'ai écrit au procureur de la République de Paris pour reconnaître mon erreur et demandé à être interrogé.

Elle dit que vous lui avez proposé de l'argent pour se taire…

C'est faux. Elle m'a expliqué qu'à cause de la prise de drogue, elle avait perdu une journée de travail. Je lui ai juste proposé de la dédommager pour cette journée perdue.

Et pour les autres victimes présumées, qu'en est-il ?

Je ne sais pas, je ne les ai pas forcément toutes identifiées et je n'ai pas encore été interrogé par la police. Mais j'ai conservé tous les SMS que j'ai échangés avec mes relations amoureuses. Ce que je crois savoir c'est qu'elles sont liées entre elles. La sœur de la première plaignante a adressé un message à l'artiste Lola Le Lann, avec qui j'ai travaillé, l'informant que plusieurs femmes menaient une bataille contre moi. Une semaine plus tard, le 6 octobre, Lola Le Lann annonçait sur Instagram qu'à la suite de la réception d'un message mettant en cause un des auteurs de ses chansons, elle ne sortait pas son album. C'est un artifice. En réalité, les producteurs ne comptaient plus sortir son album physiquement, en CD (NDLR : selon nos informations, la chanteuse avait accepté que son album ne sorte que sur les plates-formes de streaming). Mais la presse a relayé le message de Lola Le Lann précisant qu'un de ses auteurs serait soupçonné d'agressions sexuelles. Puis mon nom est sorti.

Comment vivez-vous cette affaire ?

Très mal car je suis victime d'une injustice. Alors que tout se passait très bien pour moi, j'ai dû suspendre tous mes projets afin de me concentrer sur ma défense. On m'accuse de quatre agressions, même pour mes proches c'est très dur. Tout cela me dépasse complètement. J'ai eu beaucoup de copines, parfois les relations ne se sont pas toujours bien terminées, mais je n'ai jamais agressé aucune fille.

Qu'attendez-vous ?

Que la vérité sorte, que je puisse m'expliquer, que mon nom soit réhabilité.