A Rouen, un loto littéraire pour traverser la crise

Michaël Féron, de la librairie d’occasion Le Rêve de l’escalier à Rouen (Seine-Maritime), imagine des moyens originaux pour continuer son activité. Dernier en date : un loto depuis sa vitrine où il n’y a pas de perdant.

 Michaël Féron, le libraire du Rêve de l’escalier à Rouen, organise chaque samedi un loto littéraire où il n’y a pas de perdant.
Michaël Féron, le libraire du Rêve de l’escalier à Rouen, organise chaque samedi un loto littéraire où il n’y a pas de perdant. LP/Laurent Derouet

Faute de pouvoir vendre des livres, Michaël Féron de la librairie d'occasion Le Rêve de l'escalier à Rouen (Seine-Maritime), serait-il en train de se reconvertir en organisateur de lotos après 23 années de bons et loyaux services au profit de la lecture ? Pas tout à fait…

« J'ai eu l'idée de mettre en place ce loto chaque samedi, de 10 heures à 14 heures, au profit de la boutique, pas seulement pour passer financièrement le cap de la crise sanitaire, mais pour faire ce que j'aime : voir des gens ». Ce qui peut paraître étonnant en plein confinement, non ? « Mes clients, ce sont les habitants du quartier, de Rouen. Beaucoup passent déjà devant chez moi pour faire leurs courses. Ils sont déjà dehors ».

Un commerce mal adapté au click and collect

Le principe ? Un ticket à dix euros, 6 numéros à choisir de l'extérieur sur la vitrine et derrière chaque numéro, un livre de poche à emporter. Pas de perdant et des découvertes assurées. Et ça commence cette semaine. Une manière de continuer à vivre de sa passion autrement car, pour lui, le click and collect n'est pas adapté. « J'ai 50 000 références de livres en tout genre. Je n'ai pas le temps, ni les moyens de tous les référencer. Et puis mes clients ont l'habitude de demander des conseils, de venir pour un titre et de repartir avec un autre… »

Lors du premier confinement, qui lui a semblé moins pénible car « tout le monde était logé à la même enseigne », il avait commencé à vendre des objets liés à sa boutique fréquentée par de nombreux artistes locaux qui lui avait offert des œuvres pour l'occasion. « Pour beaucoup, c'était un geste de soutien, de sympathie envers mon travail ».

Cette fois, c'est plus compliqué et les perspectives d'avenir restent floues, voire inquiétantes. « Si le confinement se poursuit en décembre, un mois où d'ordinaire j'ouvre tous les jours, dimanche inclus, ça va être compliqué. Là, je sais seulement que je peux tenir jusqu'en février ».