A Nantes, la Chine tente de censurer une exposition sur l’empire mongol

Consacré à l’empire mongol et à Gengis Khan, l’événement a été bloqué par une demande de dernière minute de Pékin. Pas annulé pour autant, il est reporté à 2024.

 Nantes (Loire-Atlantique). Le château des Ducs de Bretagne devait recevoir l’exhibition l’an prochain.
Nantes (Loire-Atlantique). Le château des Ducs de Bretagne devait recevoir l’exhibition l’an prochain. Philippe Piron

L'exposition consacrée à Gengis Khan et l'empire mongol n'aura pas lieu l'année prochaine au musée d'histoire de Nantes (Loire-Atlantique). Un contrat, signé avec un musée chinois pour le prêt de pièces a été remis en cause par les autorités chinoises qui voulaient voir disparaître du titre les mots « Gengis Khan », « empire » et « mongol ». « Alors que tout était signé, validé, un nouveau contrat nous a été proposé, raconte Bertrand Guillet, directeur du Château des ducs de Bretagne. Il y était indiqué que l'ensemble des textes de l'exposition et du catalogue ainsi que les éléments de cartographie devaient être envoyés en Chine pour validation ».

L'événement reporté à 2024

Selon le musée, cette décision s'inscrit dans un contexte de « durcissement, cet été, de la position du gouvernement chinois à l'encontre de la minorité mongole ». Un nouveau texte pour l'exposition a même été entièrement rédigé depuis la Chine et envoyé à Nantes. « Le mot Mongol apparaissait en douzième page, Gengis Khan avait totalement disparu et le point de vue était centré sur la dynastie des Han, regrette le directeur du Château des Ducs de Bretagne. C'est un prisme qui correspond au récit national développé en Chine actuellement. Il y a aujourd'hui un contrôle absolu de ce qui sort et de ce qui est dit », estime-t-il.

Au musée de Nantes, premier musée de France à avoir consacré une salle à la traite négrière et ou les prochaines expositions ont pour thème « expression dé-coloniale » et l'histoire de la traite des esclaves à Nantes, cette volonté de réécrire l'histoire ne passe pas. « Vous comprenez qu'ici, il y a des choses avec lesquelles on ne transige pas », souffle Bertrand Guillet. L'exposition n'est donc pas définitivement annulée. Elle est repoussée à 2024. C'est le temps nécessaire pour rassembler d'autres pièces à présenter, dénichée ailleurs qu'en Chine.